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PLÉIADIENS (SHI-EL-HO) – Enrique Castillo Rincón

OVNI - Gran Alborada Humana - Tomo 1 - Enrique Castillo Rincon - ISBN 980-626-383-9
ISBN 980-626-383-9

Vidéos détaillées : Youtube, Odysee (non encore réalisées, liens absents)
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◻️ Planète d’origine des contacts
  ➳ Vénusiens
  ➳ Êtres de la « sixième Dimension »
◻️ Identité du contacté
◻️ Époque et lieu du contact
◻️ Publication de l’histoire
◻️ Comment a eu lieu le contact
  ➳ Des premières observations (1963-1969)
      • Première observation au volcan Irazú en 1963
      • Phénomène étranger quelques mois après l’Irazú en 1963
      • Observations en Colombie en 1964
      • Observations au Brésil en 1968
  ➳ La rencontre d’importance avec Cyril
  ➳ De la formation du groupe aux premières communications pléiadiennes
  ➳ Premier contact psychique avec les Pléiadiens
  ➳ Premier contact physique, avec les Pléiadiens - 3 au 4 novembre 1973
  ➳ Entrée dans le vaisseau Pléiadien
  ➳ Deuxième contact physique, avec les Pléiadiens - 18 au 19 novembre 1973
      • Des êtres de Mercure dans l’équipage
      • Un être d’une lune de Jupiter dans l’équipage
      • Fin du deuxième contact - 19 novembre 1973
  ➳ Des communications intermédiaires au contact vénusien (fin 1973-juillet 1974)
      • Préparation du contact physique avec les Vénusiens - juillet 1974
      • Communication du 18 juillet 1974
  ➳ Troisième contact physique, avec les Vénusiens - juillet 1974
  ➳ Dictée de « La Logique de la Logique » - nuit du 23 au 24 juillet 1974
  ➳ Expériences de 1974 précédant le Vortex des Andes
  ➳ Déplacement au Temple de Lan-Dak
  ➳ Quatrième contact physique, avec les Pléiadiens - 24 au 26 décembre 1974
      • Arrivée au « Vortex des Andes »
      • Réunion des vingt-quatre contactés
  ➳ Cinquième et dernier contact physique avec les Pléiadiens - 29 au 31 janvier 1975
      • 30 janvier - sélection de six contactés
      • Les vaisseaux du Vortex
      • Voyage vers la fosse des Mariannes
      • Entrée dans la base sous-marine
      • Rencontre avec le responsable de la base
      • Visite des installations
      • Des bases appelées à être déplacées
      • Second enseignement et remise de documents
      • Départ de la base sous-marine et fin du contact
  ➳ Fin définitive des communications - 17 février 1976
◻️ Apparence des habitants
  ➳ Vêtements pléiadiens
  ➳ Autres êtres extraterrestres rencontrés
      • Mercuriens
      • Être d’une lune de Jupiter
      • Petit être d’apparence semi-robotique
      • Êtres de la Sixième Dimension
      • Vénusiens
◻️ Description de leur monde et de leur civilisation
  ➳ Description physique de leur monde
  ➳ Niveau de civilisation
  ➳ Alimentation
  ➳ La « manne »
  ➳ Vie cellulaire et vieillissement
  ➳ Santé et connaissance biologique
  ➳ Langue et télépathie
  ➳ Vêtements
  ➳ Organisation des équipages et spécialisation
  ➳ Conception de la connaissance et de l’évolution
  ➳ Spiritualité et conception de Dieu
  ➳ Mort, continuité de la conscience et karma
  ➳ Rapport à la violence et à l’intervention
  ➳ Présence de Pléiadiens sur Terre
  ➳ Bases et installations sur Terre
  ➳ Relations avec d'autres races extraterrestres
  ➳ Une civilisation intégrée à un ensemble cosmique plus vaste

➠ Extrait 1 : vaisseaux spatiaux
  ➳ Les différents modèles de vaisseaux pléiadiens
  ➳ Apparence extérieure des grands vaisseaux discoïdaux
  ➳ Les petites soucoupes ou navettes
  ➳ Structure intérieure des soucoupes
  ➳ Salle de commande et navigation
  ➳ Systèmes d’observation à distance
  ➳ Faisceaux de transport
  ➳ Stérilisation et contrôle biologique
  ➳ Vaisseau-mère ou « Vaisseau amiral principal »
  ➳ Architecture intérieure du vaisseau-mère
  ➳ Hangars et stockage des navettes
  ➳ Espaces de repos et installations de vie
  ➳ Propulsion : cristaux-mémoire et traducteur central
  ➳ Intégration esprit-machine
  ➳ Un vaisseau revêtu de « matière vivante »
  ➳ Production collective de l’énergie mentale
  ➳ Manipulation du temps
  ➳ Voyage interstellaire
  ➳ Absence d'inertie ressentie
  ➳ Champs de protection et interaction avec la matière
  ➳ Camouflage et invisibilité
  ➳ Pilotage automatique et contrôle à distance
➠ Extrait 2 : le pourquoi du contact avec la Terre
  ➳ Une présence ancienne destinée à accompagner l’évolution terrestre
  ➳ Préparer l’humanité plutôt que se substituer à elle
  ➳ Le « Plan A » et l’aide apportée à la Terre
  ➳ Une action opposée à une « autre force »
  ➳ Pourquoi Castillo et quel rôle pour les contactés ?
  ➳ La participation des Vénusiens
➠ Extrait 3 : Technologies, installations et capacités extraterrestres
  ➳ Bases terrestres et infrastructures autonomes
  ➳ Maîtrise de la matière, de la perception et de la matérialisation
  ➳ Médecine, analyse biologique et intervention sur l’organisme
  ➳ Archives et enregistrement technologique de l’histoire
➠ Extrait 4 : Origine, transformation et avenir de l’humanité
  ➳ Une humanité issue d’interventions multiples
  ➳ Mémoire génétique et apparition d’un « Homme Nouveau »
  ➳ Longévité, « Gène Obscur » et avenir biologique
➠ Extrait 5 : Voyages temporels et nature du temps
  ➳ Un temps différent de celui de la Terre
  ➳ Les cristaux et le décalage temporel
  ➳ Retour dans le passé et « Bulle de l’Espace-Temps »
  ➳ Peut-on modifier le passé ?
  ➳ Voyager dans le futur
  ➳ Le futur serait malléable
➠ Extrait 6 : « La Logique de la Logique » et les enseignements du 23 juillet 1974
  ➳ La Logique de la Logique - première partie
      • Connaissance, Vérité et Loi universelle
      • Mort, karma et formation de l’Homme Nouveau
      • Critique des religions, des faux maîtres et de la soumission
  ➳ Prophétie au Pays du Nord du Sud
  ➳ La Logique de la Logique - deuxième partie
➠ Extrait 7 : Les êtres de la Sixième Dimension
  ➳ Un monde parallèle et une tentative de manifestation
  ➳ Refus du groupe, fin des communications et conséquences
➠ Extrait 8 : Enseignements philosophiques et spirituels
  ➳ Loi, Vérité, connaissance et responsabilité
  ➳ Amour, liberté, pardon et service
  ➳ Âme, mort, cause-effet et évolution intérieure
  ➳ Religion, dogmes et critique des faux maîtres
  ➳ Paix, violence et transformation de la société
  ➳ Du message reçu au discernement personnel
➠ Extrait 9 : Nature du phénomène OVNI, forces opposées et contrôle psychique
  ➳ Un phénomène aux origines multiples
  ➳ La « Grande Fraternité » et l’ « Autre Force »
  ➳ Manipulation psychique, faux contacts et extraterrestres négatifs
  ➳ Le phénomène comme facteur d’évolution et de transformation
➠ Extrait 10 : Prophéties, avertissements et visions de l’avenir
  ➳ La prophétie comme avertissement plutôt que comme fatalité
  ➳ La Parabole du Tigre, de l’Aigle et du Condor
  ➳ La « Prophétie au Pays du Nord du Sud »
  ➳ « Les Neuf Temps qui Changeront le Monde »
  ➳ Guerre mondiale, catastrophes et responsabilité humaine
  ➳ L’ « Organisation » et la lecture conspirative des prophéties
  ➳ Les prophéties confrontées aux événements
  ➳ Le recul final de Castillo face au catastrophisme
➠ Extrait 11 : les « déplacements » au Temple de Lan-Dak
  ➳ Une expérience distincte des contacts physiques
  ➳ Vision d’un passé ancien et entrée dans le temple
  ➳ Le « Grand Livre des Temps »
  ➳ Deuxième déplacement et nom de RAM-RI-DAM
➠ Extrait 12 : Groupes de contact, communications et dérives
  ➳ Du premier groupe au « Groupe des Douze »
  ➳ Prescriptions, préparations et épreuves
  ➳ La crise de la Sixième Dimension
  ➳ Tests internes et volonté de contrôle
  ➳ Cassette vénusienne, tensions et disparition
  ➳ Mysticisation, prétendus élus et faux contactés
  ➳ Messages suspects, « partie adverse » et recul critique
  ➳ La liberté de jugement comme critère final
➠ Extrait 13 : Castillo enquêteur OVNI - congrès, chercheurs, controverses et regard critique
  ➳ De contacté à enquêteur
  ➳ I.C.I.F.E., divulgation et activité publique
  ➳ Un réseau ufologique international
  ➳ Acapulco 1977 : confrontation internationale des recherches
  ➳ Guayaquil, les Grottes des Tayos et l’évolution du jugement
  ➳ Enquêtes sur les apparitions religieuses et les phénomènes prétendument miraculeux
  ➳ L’enquête américaine de Washington : polygraphe, hypnose et pentothal
  ➳ Wiesbaden, intimidations alléguées et récupération religieuse
  ➳ Critique des contactés et des pseudo-religions ufologiques
  ➳ L’hypothèse de souvenirs implantés et l’autocritique
➠ Extrait 14 : Enquêtes de Castillo sur d’autres cas OVNI
  ➳ Le « Spécimen de Bogotá » et la recherche d’une preuve matérielle
  ➳ Fragments métalliques récupérés et analyses de laboratoire
  ➳ Fúquene : manifestation collective et test secret
  ➳ Observation collective de l’I.C.I.F.E. du 19 juillet 1976
  ➳ Télévision, panne générale de Bogotá et observations
  ➳ Trois cas présentés au congrès d’Acapulco
  ➳ Autres dossiers et phénomènes examinés

🔗 Liens vers des documents plus complets sur ce contact

Planète d’origine des contacts

Le 14 octobre 1973, lors de réceptions psychiques dans un groupe avec un medium auquel Castillo était intégré, des interlocuteurs se présentèrent explicitement comme des « émissaires des Pléiades », se distinguant ainsi des êtres d’Andromède auxquels avaient été attribuées les communications préparatoires précédentes. Ils affirmèrent également être les mêmes êtres qui, dans le passé, avaient donné des instructions et des connaissances aux Incas et à d’autres peuples. À ce stade du récit, aucune planète précise des Pléiades n’est encore nommée.

Lors de la rencontre physique du 3 novembre 1973, le commandant Krhamier répondit explicitement à Castillo que son groupe venait des Pléiades, qu’il identifia pour lui à l’amas connu sous le nom populaire des « sept petites chèvres ». Dans ces pages, aucune planète précise de cet amas n’est encore désignée.

Interrogé sur la durée de leur voyage, Krhamier donna une réponse fondée sur une conception du temps radicalement différente : pour les Terriens, leur départ remonterait à des millions d’années, à une époque où la Terre n’aurait pas encore réuni les conditions nécessaires à une vie intelligente, tandis que pour eux ils viendraient « juste de partir ». Castillo comprit cette réponse comme l’indication d’un décompte du temps différent du nôtre.

Krhamier situa les Pléiades à plus de 500 années-lumière selon la manière terrestre de compter. Castillo précise qu’il vérifiera plus tard que ses propres livres donnaient des valeurs différentes, environ 410 ou 328 années-lumière ; ces dernières valeurs sont donc ses vérifications documentaires et non des indications données par les extraterrestres.

Le système d’origine décrit par Krhamier est composé de trois étoiles : deux d’entre elles tournent autour d’un Soleil Majeur. Quarante-trois planètes gravitent autour de ces étoiles. Les visiteurs disent provenir des quatrième et cinquième planètes, tandis que toutes les planètes du système ne sont pas habitées et que des colonies sont encore en cours d’établissement. Ils nomment leur Soleil « SHI-EL-HO ». Aucun nom propre des quatrième et cinquième planètes n’est donné.

Constellation des Pléiades, image Pexels. Les sept étoiles les plus visibles depuis la Terre appelées les sept soeurs: Alcyone, Maïa, Électre, Méropé, Taygète, Céléno, Stéropé. Mais l’amas contient plus de 3000 étoiles, bien plus vaste que le peu qui soit visible sur cette photographie.
Constellation des Pléiades, image Pexels. Les sept étoiles les plus visibles depuis la Terre appelées les sept soeurs: Alcyone, Maïa, Électre, Méropé, Taygète, Céléno, Stéropé. Mais l’amas contient plus de 3000 étoiles, bien plus vaste que le peu qui soit visible sur cette photographie.

Le deuxième contact introduit une autre origine extraterrestre : deux membres du petit vaisseau sont présentés explicitement par Ciryl (nom comme infiltré terrien d’un des Pléiadiens) comme des « êtres de Mercure ». Castillo objecte intérieurement que les conditions extrêmes qu’il attribuait alors à la planète rendaient la vie impossible avec notamment ne face toujours cachée du Soleil. Ciryl répond que Castillo serait étonné des civilisations qui y auraient fleuri et affirme que Mercure possède des mouvements de rotation « simples » et tourne également sur son axe. Aucune description plus précise de la civilisation mercurienne ou des conditions physiques permettant cette vie n’est encore fournie dans ce passage.

Le deuxième contact permet à Castillo de voir également un être présenté comme jovien. Il s’agit d’un géant d’au moins trois mètres, mais Ciryl précise que sa race vient plus exactement d’une lune-satellite de Jupiter. Deux satellites de Jupiter seraient habités et les Pléiadiens y posséderaient également des bases. Ciryl affirme en outre que plusieurs races vivent dans le système jovien.

Selon Ciryl, Jupiter comporterait de grands lacs : certains composés d’eau comparable à celle des lacs et mers terrestres, d’autres de méthane liquide. Les habitants vivraient dans des villes rendues très sûres grâce à une technologie avancée. Plusieurs races y cohabiteraient pacifiquement après avoir surmonté d’anciennes frictions.

À partir du 5 décembre 1973, le groupe de Castillo affirme communiquer avec plusieurs êtres se présentant comme originaires de Vénus : Febo, Baros, Rondi, Orhion et Yamaruck. En janvier 1974, ces interlocuteurs disent appartenir à un groupe de scientifiques explorateurs. Castillo souligne lui-même la contradiction entre cette provenance déclarée et les données scientifiques terrestres selon lesquelles Vénus ne pouvait abriter la vie ; il envisage même momentanément l’hypothèse d’une ruse, sans que le passage apporte encore d’explication à cette contradiction.

Les Vénusiens affirment que certaines jungles et montagnes sud-américaines présentent une ressemblance impressionnante avec leur planète natale.

Lors de la rencontre physique de juillet 1974, les Vénusiens déclarèrent appartenir à la même organisation stellaire que les Pléiadiens. Ils précisèrent cependant que ces derniers étaient beaucoup plus avancés dans de nombreux domaines. Des accords d’échange auraient été conclus entre les deux groupes, mais Castillo ne reçut aucune explication sur leur contenu ou leur fonctionnement.

Le 25 novembre 1973, après une première communication anonyme reçue psychiquement deux jours auparavant, trois interlocuteurs s’identifièrent sous les noms AXA, AX et OXO. Ils déclarèrent provenir de la « sixième Dimension », décrite comme un monde parallèle coexistant avec le monde humain. Le texte précise à ce stade qu’ils n’avaient ni forme ni corps ; la suite de leur description et de leurs explications se poursuit dans les pages suivantes.

AXA, OXO et AX décrivent leur monde comme possédant six dimensions et comme intangible pour les humains. Ils n’auraient pas de corps comparable au nôtre et se nourriraient d’énergie pure. Une porte ou barrière dimensionnelle entre leur monde et le monde humain ne s’ouvrirait, selon eux, qu’une fois tous les 600 000 ans terrestres. Le temps y fonctionnerait d’une manière différente de la représentation humaine.

Identité du contacté

Enrique de Jesús Castillo Rincón est né le 24 août 1930 à San José, au Costa Rica, de parents colombiens. Issu de la classe moyenne, il a une enfance heureuse dans un milieu cultivé, profondément marqué par sa mère, écrivaine connue sous le pseudonyme d’» Esmeralda Colombiana » et engagée dans des œuvres sociales. La famille retourna en Colombie en 1944. Jeune homme sportif, Castillo fut notamment capitaine de l’équipe de football River Plate de Cundinamarca. La mort de sa mère, le 21 octobre 1969, constitua pour lui une épreuve majeure.

Photographie d’Enrique Castillo Rincón
Photographie d’Enrique Castillo Rincón

Sa carrière professionnelle fut essentiellement consacrée à l’électronique, aux télécommunications et aux réseaux téléphoniques. Après avoir travaillé comme ingénieur en télécommunication aux Centrales Téléphoniques Publiques de Bogotá de 1948 à 1957, il poursuivit son activité au Costa Rica, où il participa en 1963 aux dispositifs de communication mis en place lors de la visite du président John F. Kennedy et de la réunion des chefs d’État d’Amérique centrale. Il travailla ensuite en Colombie, au Brésil et au Venezuela, notamment pour General Telephone International, puis dirigea à Bogotá INSTELCO Ltda. avant de devenir gérant de Conmutel Ltda. Il possédait ainsi une solide expérience technique lorsque ses expériences ufologiques prirent une place croissante dans sa vie.

La religion occupa également une place importante dans son parcours. Devenu mormon en 1961, il participa activement à l’organisation de communautés locales, avant de rompre avec cette Église au début des années 1970, notamment en raison de son opposition à la discrimination raciale alors pratiquée dans l’accès à la prêtrise. Il conserva un intérêt pour les questions spirituelles, mais devint progressivement critique envers les institutions religieuses, puis envers le mysticisme et les cultes de la personnalité développés dans certains milieux de contactés.

Son intérêt pour les OVNI précéda largement ses contacts revendiqués de 1973 à 1976. Une observation effectuée en 1963 dans la région du volcan Irazú, au Costa Rica, l'amena à étudier sérieusement le phénomène, à réunir de la documentation et à participer à des groupes de recherche. Dès 1965, il donna à Cali une première conférence sur les soucoupes volantes, tout en continuant à exercer principalement son métier dans les télécommunications.

Sa vie familiale fut profondément affectée par son engagement croissant dans l'ufologie. Marié à Beatriz, avec laquelle il eut sept enfants, il s'en sépara définitivement en 1974 après vingt-deux ans de mariage, Castillo reconnaissant que son investissement dans les OVNI contribua essentiellement à cette rupture. Il eut ensuite une relation d'environ cinq ans avec Gloria Inés Ortiz, membre du groupe de contact, avec laquelle il eut trois enfants. Les ouvrages mentionnent également, plus tard, ses épouses Ana puis Gertrudis.

À partir de 1973, les contacts qu'il affirmait vivre bouleversèrent progressivement sa carrière. Le nombre de personnes venant l'interroger augmenta, et le Centre de Recherche sur les Phénomènes Extraterrestres, initialement installé dans ses locaux professionnels, évolua vers l'I.C.I.F.E., Institut Colombien de Recherches sur les Phénomènes Extraterrestres. Castillo abandonna finalement son activité professionnelle pour se consacrer pendant plusieurs années à la recherche et à la divulgation ufologiques, choix présenté comme financièrement défavorable. L'I.C.I.F.E. aurait compté environ un millier d'adhérents en Colombie et des membres dans plusieurs pays voisins. Castillo participa aussi au développement d'organismes apparentés au Venezuela, en Équateur et au Costa Rica et multiplia conférences, émissions, recherches et voyages en Amérique latine puis en Europe.

Avec les années, il adopta toutefois une attitude de plus en plus critique envers sa propre expérience et le milieu contactiste. Il compara son cas à ceux d'autres contactés, aux religions, aux mythologies et aux civilisations anciennes, envisageant même que certains souvenirs de rencontres aient pu être implantés dans son esprit plutôt que correspondre à des expériences physiquement vécues. Il se définissait progressivement comme le chercheur de sa propre expérience et reconnaissait ne pas posséder toutes les réponses.

Enrique Castillo Rincon en exposé
Enrique Castillo Rincon en exposé

La notoriété l'avait un temps entraîné vers certaines croyances qu'il jugea ensuite excessives. Les Pléiadiens et Vénusiens avaient parlé de nombreuses fois à Castillo de la survenue prochaine d’une guerre mondiale mais sans date. Après avoir annoncé à deux reprises, sous l'influence du contacté italien Eugenio Siragusa qui l’y poussa, une date pour une guerre mondiale qui ne se produisit pas, il reconnut publiquement son erreur. Il rejeta également catégoriquement l'affirmation de Siragusa selon laquelle il aurait été la réincarnation de l'apôtre Luc. Castillo dénonça par la suite les groupes dont les dirigeants se proclamaient élus, prophètes ou représentants exclusifs des extraterrestres, ainsi que les manipulations psychologiques, financières, sexuelles ou familiales commises au nom de prétendues instructions extraterrestres. Il refusa lui-même de se présenter comme guérisseur, maître spirituel ou intermédiaire capable de provoquer des contacts à volonté.

Après la fin des communications, qu'il situe au 17 février 1976, Castillo continua pendant plus de vingt ans ses recherches et son activité publique. Il reconnaissait avoir lui-même frôlé le fanatisme et soulignait que la divulgation de son histoire avait été son propre choix, non une mission imposée par les Pléiadiens. Son discours devint progressivement plus critique envers les prophéties, les pseudo-religions ufologiques et l'idée que tous les visiteurs extraterrestres seraient nécessairement bienveillants.

Les témoignages de personnes l'ayant connu le décrivent généralement comme intelligent, cultivé, doté d'une mémoire remarquable, sincère, précis, loyal, humble, équilibré et ouvert à la contradiction, mais parfois naïf dans certaines fréquentations. Plusieurs soulignent qu'il invitait son public à ne pas croire automatiquement son récit, mais à l'étudier. Ces appréciations sur sa sincérité ne constituent toutefois pas une preuve de la réalité physique de ses contacts, distinction que certains témoins et Castillo lui-même reconnaissaient explicitement.

Devenu pendant des décennies chercheur et conférencier consacré au phénomène OVNI, il évolua de l'enthousiasme et de la recherche de reconnaissance des premières années vers une position beaucoup plus critique, refusant fermement de se considérer comme un « élu », un maître spirituel ou le détenteur d'une vérité absolue.

Enrique Castillo décéda le 16 septembre 2013 à l’âge de 83 ans.

Époque et lieu du contact

Les contacts physiques rapportés par Enrique Castillo se déroulent à partir de novembre 1973 et s’inscrivent dans une période de contacts qu’il situe entre 1973 et le 17 février 1976. Ils furent précédés dès juin et juillet 1973 par des communications reçues au sein du groupe, principalement par l’intermédiaire de la médium Graciela Torres, dite « Chela », et présentées comme provenant d’êtres d’Andromède. Ceux-ci annonçaient notamment que trois de leurs vaisseaux survolaient Bogotá et qu’un contact physique devait être établi avec trois membres du groupe préalablement choisis ; Castillo participait alors aux exercices et son nom fut cité dans ces communications.

Cette préparation conduisit à une première tentative collective de rencontre physique, prévue le 11 octobre 1973 à La Calera, au nord de Bogotá, mais finalement annulée sous le nom d’» Opération Andromède ». Le 14 octobre 1973, de nouveaux interlocuteurs se présentèrent cette fois explicitement comme des « émissaires des Pléiades » et annoncèrent ensuite à Castillo le rendez-vous qui devait conduire à son premier contact physique effectif, le 3 novembre 1973.

Situation globale de Bogotá en Colombie, Amérique du Sud. D'après Google Maps ©2026 Google.
Situation globale de Bogotá en Colombie, Amérique du Sud. D'après Google Maps ©2026 Google.

Le premier contact physique effectif eut lieu avec Enrique Castillo seul, dans la nuit du 3 au 4 novembre 1973, près d'une lagune non nommée et d'un bois isolé au nord de Bogotá, en Colombie. Le rendez-vous lui avait été fixé psychiquement à Castillo au préalable pour 20 heures en lui indiquant que c’était pour lui seul. Castillo s'y rendit seul et, vers 20 h 10, vit arriver deux vaisseaux dans la forêt bordant la lagune. Il affirme être ensuite monté à bord, où il reconnut notamment Ciryl, rencontré dès 1969 sur Terre sans connaître alors sa véritable identité (il était infiltré), et fit la connaissance du commandant Krhamier. Il fut ramené au même endroit vers 5 heures du matin le 4 novembre, après avoir passé toute la nuit avec eux.

Zoom sur Bogotá et vue sur les divers lacs au Nord-Est, l’un d’eux doit être celui de la lagune où eut lieu le 1er contact physique, avec les Pléiadiens (certains de ces lacs s’appellent « Laguna de Fuquene » ou « Laguna de Tota », etc), avec des petits collines autour. D'après Google Maps ©2026 Google.
Zoom sur Bogotá et vue sur les divers lacs au Nord-Est, l’un d’eux doit être celui de la lagune où eut lieu le 1er contact physique, avec les Pléiadiens (certains de ces lacs s’appellent « Laguna de Fuquene » ou « Laguna de Tota », etc), avec des petits collines autour. D'après Google Maps ©2026 Google.

Durant cette première rencontre, les visiteurs lui montrèrent depuis le vaisseau l'emplacement du rendez-vous physique suivant, fixé au 18 novembre 1973 à 20 heures dans les Llanos Orientales, au-delà d'Apiay, près de Villavicencio, dans le département du Meta, en Colombie. Castillo rejoignit cette région et se fit conduire jusqu'au site par un guide local avant de rester seul. Le contact ne se produisit finalement que vers 3 heures du matin, dans la nuit du 18 au 19 novembre : après environ sept heures d'attente, il observa treize lumières en formation, dont un appareil se détacha pour venir se poser à une soixantaine de mètres de lui. Il affirme avoir alors été emmené à bord pour une expérience ayant duré environ vingt-six heures.

Localisation d'Apiay, près de Villavicencio dans les Llanos Orientales, au Sud-Est de Bogotá où eut lieu le 2ème contact physique, avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.
Localisation d'Apiay, près de Villavicencio dans les Llanos Orientales, au Sud-Est de Bogotá où eut lieu le 2ème contact physique, avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.

Le troisième contact physique, et le seul attribué aux Vénusiens, eut lieu en juillet 1974, très probablement le 20 juillet mais sans que cette date soit explicitement affirmée par Castillo, vers 5 heures du matin, derrière le mont Monserrate, près de la route périphérique de Bogotá, sur une petite colline d'où il apercevait la montagne de Cruz Verde. Un petit vaisseau y a atterri et Castillo est monté à bord, où il rencontra physiquement Orhion, Yamaruck et plusieurs membres de leur équipage pendant environ quarante minutes.

Localisation de Montserrate, accolé à l’Est de Bogotá où eut lieu le 3ème contact physique, avec les Vénusiens cette fois-ci. D'après Google Maps ©2026 Google.
Localisation de Montserrate, accolé à l’Est de Bogotá où eut lieu le 3ème contact physique, avec les Vénusiens cette fois-ci. D'après Google Maps ©2026 Google.

Le quatrième contact physique, de nouveau avec les Pléiadiens, se déroula du 24 au 26 décembre 1974. Castillo affirme avoir été pris en charge par Ciryl à 4 h 27 près d'El Junquito, sur la route de Carayaca avant la Colonia Tovar, à environ 25 kilomètres de Caracas, au Venezuela, puis transporté en soucoupe jusqu'à une base aménagée à l'intérieur des Andes, dans une région qu'il désigne comme le « Haut-Pérou » ou « Vortex des Andes », qu'il situe plus près de la Bolivie que du Pérou. Il y a séjourné jusqu'au 26 décembre.

Situation globale de Caracas au Venezuela, Amérique du Sud. D'après Google Maps ©2026 Google.
Situation globale de Caracas au Venezuela, Amérique du Sud. D'après Google Maps ©2026 Google.
El Junquito, sur la route de Carayaca avant la Colonia Tovar, près de Caracas, au Venezuela où eut lieu le 4ème contact physique, avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.
El Junquito, sur la route de Carayaca avant la Colonia Tovar, près de Caracas, au Venezuela où eut lieu le 4ème contact physique, avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.
Zone du « Haut-Pérou » que Castillo situe proche de la Bolivie, en altitude, où il sera emmené dans les 4ème et 5ème contacts avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.
Zone du « Haut-Pérou » que Castillo situe proche de la Bolivie, en altitude, où il sera emmené dans les 4ème et 5ème contacts avec les Pléiadiens. D'après Google Maps ©2026 Google.

Enfin, son cinquième et dernier contact physique officiel s’est déroulé du 29 au 31 janvier 1975, de nouveau dans le « Haut-Pérou » ou Vortex des Andes. Durant cette rencontre avec les Pléiadiens, Castillo affirme avoir également été transporté pendant environ deux heures jusqu'à une base sous-marine située dans la fosse des Mariannes, à près de 5 000 mètres de profondeur.

Enrique Castillo rapporte ainsi cinq rencontres physiques officielles avec des êtres de l'espace : quatre avec les Pléiadiens et une avec les Vénusiens, entre le 3 novembre 1973 et le 31 janvier 1975. Les communications avec les Pléiadiens se poursuivirent ensuite sans nouvelle rencontre physique officielle jusqu'au 17 février 1976, date à laquelle un appel téléphonique reçu par Castillo au bureau de l'ICIFE à Bogotá et passé par un des Pléiadiens lui a indiqué mettre définitivement mis fin aux communications.

Castillo évaluera ultérieurement la durée cumulée de ses cinq rencontres physiques à 131 heures et 15 minutes. Il estime par ailleurs qu'environ quatre-vingts communications et messages furent reçus au niveau du groupe de réceptions psychiques auquel il participait, durant l'ensemble de la période de contact.

Publication de l’histoire

Le cas d’Enrique Castillo Rincón fut rendu public très tôt dans la presse colombienne. Quelques jours après la rencontre physique qu’il situe au 3 novembre 1973, le quotidien « El Tiempo » publia, les 9, 10, 11 et 12 novembre, une série de quatre articles intitulée « Fiction ou Réalité ? Un Colombien à bord d’une soucoupe volante », réalisée à partir d’un entretien avec Castillo. Il y relatait des extraits de son contact avec les émissaires des Pléiades. Cette série constitue l’une des premières publications publiques importantes consacrées à son expérience.

Une représentation dessinée de sa première rencontre au nord de Bogotá fut également publiée dans la revue argentine « Cuarta Dimensión » en novembre 1975 et reproduit dans ses livres.

Castillo rédigea ensuite son propre récit sous le titre « OVNI : Grande Aurore Humaine », avec le sous-titre « L’histoire véridique d’un homme-contact ». Il indique avoir achevé le manuscrit du premier tome à Bogotá en septembre 1976, mais celui-ci resta longtemps sans publication commerciale.

La première édition du Tome 1 a lieu seulement 20 ans plus tard, en avril 1995 chez Éditions Norte y Sur C.A., suivie d’une deuxième édition en 2001. Le livre fut imprimé au Venezuela, ISBN 980-626-383-9. Le prologue du Tome 1, rédigé dès 1980 à San Juan de Porto Rico par Salvador Freixedo Tabares, témoigne de l’existence du manuscrit bien avant sa publication. Le volume contient également plusieurs témoignages sur Castillo, dont celui d’Andreas Faber Kaiser rédigé au Costa Rica en 1995.

« OVNI – Gran Alborada Humana – Tomo 1», de Enrique Castillo Rincon, 1995
« OVNI – Gran Alborada Humana – Tomo 1», de Enrique Castillo Rincon, 1995

Une traduction anglaise avec d’autres choix photographiques joints du Tome 1 fut faite en 1997 en anglais sous la titre « UFOs – A great New Dawn for Humanity », ISBN ‎ 978-1577330004

« UFOs – A great New Dawn for Humanity », traduction anglaise de « OVNI – Gran Alborada Humana – Tomo 1», de Enrique Castillo Rincon, paru en 1997
« UFOs – A great New Dawn for Humanity », traduction anglaise de « OVNI – Gran Alborada Humana – Tomo 1», de Enrique Castillo Rincon, paru en 1997

Un second tome de « OVNI : Grande Aurore Humaine » fut publié ultérieurement, ISBN 980-07-6589-1. Son lancement public eut lieu à Caracas en février 2001, cérémonie dont une photographie est reproduite dans le premier tome. Ce second volume complète le récit et les réflexions présentés dans le premier. Notamment on y trouve le contenu du cinquième et dernier contact avec les Pléiadiens, les autres contacts sont présents dans le Tome 1.

« OVNI – Gran Alborada Humana – Tome 2», de Enrique Castillo Rincon, 2001
« OVNI – Gran Alborada Humana – Tome 2», de Enrique Castillo Rincon, 2001

Certains textes attribués par Castillo à ses expériences connurent également une publication indépendante et antérieure à leur intégration dans ses ouvrages. Il indique notamment que la prophétie intitulée « Les Neuf Temps qui Changeront le Monde » fut publiée en Argentine et au Venezuela. En revanche, les copies furent distribuées à titre privé, les textes communiqués seulement aux membres de ses groupes, rien de public à ce sujet, mais entièrement diffusé dans ses livres publics par la suite.

Comment a eu lieu le contact

Un dimanche de 1963, pendant l’éruption de l’Irazú au Costa Rica, Castillo monta jusqu’au cratère avec deux ingénieurs de l’I.C.E. afin d’effectuer les mesures nécessaires à l’installation d’un poste de surveillance dans le cadre de son emploi. Les trois hommes se déplacèrent chacun en jeep et travaillèrent à 3 342 mètres d’altitude, dans un environnement où de la vapeur chaude jaillissait du sol malgré leurs légères combinaisons d’amiante.

Le volcan Irazú au Costa Rica lors de l’éruption de 1963, d’après livres de Castillo
Le volcan Irazú au Costa Rica lors de l’éruption de 1963, d’après livres de Castillo

Après avoir mesuré et photographié le terrain, ils s’apprêtaient à retourner à San José. À 17 h 45, tandis que l’ingénieur en chef se trouvait à une certaine distance, le compagnon resté près de Castillo attira son attention sur ce qu’il prit d’abord pour un « avion orange » à l’horizon.

Deux objets semblables approchèrent silencieusement du volcan. Les témoins pensèrent d’abord à des avions liés à la délégation de John F. Kennedy, mais ne réussirent pas à les identifier et furent surpris de les voir voler au ras des escarpements. À 17 h 47, les objets s’immobilisèrent à environ 300 mètres au-dessus du cratère.

Photo de Castillo montrant l’endroit exact où les vaisseaux leur apparurent.
Photo de Castillo montrant l’endroit exact où les vaisseaux leur apparurent.

L’un passa derrière la colonne de cendres ; l’autre descendit verticalement de quelques mètres, s’arrêta brusquement puis se mit à osciller comme une feuille tombant d’une branche. Le second reproduisit la même manœuvre de l’autre côté du volcan. Selon le récit reconstitué ensuite par les trois hommes, les deux appareils produisirent un mouvement comparable à un tourbillon ou à une hélice tournant rapidement.

Photo des parois de la cheminée centrale du volcan Irazú. Représentation dessinée dessus par Castillo de la position des deux objets observés par le groupe 1963.
Photo des parois de la cheminée centrale du volcan Irazú.
Représentation dessinée dessus par Castillo de la position des deux objets observés par le groupe 1963.

L’objet le plus proche se stabilisa à environ trois mètres du sol et à quelque soixante mètres des témoins. Castillo lui attribue approximativement quarante-cinq mètres de diamètre pour douze mètres de hauteur. Il était lenticulaire, entouré de hublots, avec une coupole verdâtre proportionnée au corps couleur plomb. Sa surface nette ne présentait aucune jointure visible. Les objets avaient semblé orange ou rougeâtres pendant leur approche, mais cette coloration disparut lorsqu’ils s’immobilisèrent.

Dessin par Castillo de l’observation à l’Irazú, en 1963. Position des jeeps et endroit où se trouvaient les trois témoins (à gauche, l’ingénieur en chef ; Enrique Castillo et l’autre ingénieur).
Dessin par Castillo de l’observation à l’Irazú, en 1963. Position des jeeps et endroit où se trouvaient les trois témoins (à gauche, l’ingénieur en chef ; Enrique Castillo et l’autre ingénieur).

Castillo et son compagnon se sentirent alors incapables de bouger, comme cloués au sol, paralysés par une force inconnue, tandis que de fortes démangeaisons ou fourmillements parcouraient leur corps. Quelques secondes plus tard, un sifflement aigu leur provoqua une douleur presque insupportable aux tympans. Une trappe s’ouvrit sur la coupole et un dispositif que Castillo compare à un marteau tournant rapidement apparut, émettant une lumière violette différente de la lumière bleue visible à travers les hublots. Ce « périscope » s’éleva d’environ un mètre et s’arrêta ; les témoins eurent l’impression, sans pouvoir l’affirmer, d’être observés ou photographiés. Malgré le sifflement, ils entendirent aussi une tonalité musicale grave et rythmée.

Un nouveau son désagréable précéda le départ. Le dispositif rentra et la trappe se referma. L’appareil monta instantanément de quelques mètres, comme s’il « tombait vers le haut », s’inclina légèrement puis partit à une vitesse que Castillo qualifie de fantastique. Le second objet le suivit silencieusement. Une traînée multicolore accompagna leur éloignement, passant successivement du blanc à l’orange, au rougeâtre, au bleu intense puis au violet. Sous l’effet de leur vitesse, leur apparence sembla s’allonger jusqu’à évoquer des œufs.

Après leur disparition, un vent inhabituellement violent se leva. Castillo et son compagnon ressentirent une douleur aiguë à l’épaule, tandis que l’ingénieur en chef revint vers eux visiblement bouleversé et en colère. Les hommes comparèrent ensuite leurs observations. Ils rapprochèrent le fourmillement et l’impossibilité de mouvoir bras et jambes d’un puissant champ électrique, phénomène qu’ils connaissaient dans leur travail, mais ne purent identifier les objets à aucun engin humain connu d’eux. Ils calculèrent que l’ensemble de l’observation avait duré environ sept minutes. Cette expérience constitue la première observation d’OVNI de Castillo.

Après l’observation de l’Irazú, les trois témoins décidèrent de ne convaincre personne et de conserver l’incident secret. Peu après leur départ du volcan, ils furent simultanément victimes de vertiges et de nausées. Craignant d’avoir subi une irradiation, ils se rendirent d’abord à Cartago puis à l’Hôpital San Juan de Dios de San José, mais aucun trouble médical ne fut découvert. Castillo raconta ensuite l’observation à son épouse Beatriz, qui ne le crut pas.

Environ deux mois après l’observation de l’Irazú, alors que Castillo dormait chez lui à San Juan de Tibás, un violent son intérieur le réveilla vers une heure du matin. Il le compara à un essaim d’abeilles se débattant à l’intérieur de son cerveau. Se boucher les oreilles ne réduisait pas le phénomène, qui lui rappela le bourdonnement entendu devant les objets de l’Irazú. Son épouse et ses enfants continuaient à dormir et ne semblaient rien percevoir. Castillo parcourut la maison, armé d’un vieux manche à balai par crainte d’un danger, puis le bourdonnement cessa brusquement lorsqu’il tenta d’ouvrir la fenêtre de sa chambre. Il resta couvert de sueur froide et légèrement tremblant. Le lendemain, Beatriz rejeta sa tentative d’aborder l’événement et lui reprocha d’être devenu obsédé par les OVNI. Le récit annonce immédiatement après que d’autres manifestations étranges allaient suivre.

Le lendemain ou dans les premières heures suivant le premier bourdonnement nocturne, un second phénomène beaucoup plus violent réveilla Castillo et son épouse. Toute la maison vibrait ; les vitres tremblaient dans leurs cadres, les murs semblaient eux-mêmes secoués et un son extrêmement aigu leur faisait mal aux oreilles. Beatriz, paniquée, suivait Castillo tandis que celui-ci parcourait la maison avec son vieux balai ; le chat, le poil hérissé, manifestait lui aussi une forte peur. Après une ou deux minutes, Castillo ouvrit la porte et le bruit disparut instantanément. Il sortit observer le ciel étoilé mais n’aperçut rien. Son épouse resta profondément bouleversée et lui avait crié au réveil : « Enrique, ils sont ici ! ». Castillo ne parvint jamais à identifier la cause de ces deux épisodes.

À Cali (ville de la Colombie), probablement en 1964, Castillo observa avec son épouse un phénomène lumineux au cours d’une nuit dégagée. Dans une zone de constructions nouvelles, il remarqua ce qu’il qualifie de météore avançant lentement en traçant un zigzag parfait dans le ciel. Il alerta les ouvriers présents, qui vinrent observer à leur tour. Le phénomène resta visible près de trente secondes avant de disparaître.

Un second incident se produisit à Cali à la fin de 1964. Un des enfants de Castillo lui signala vers le nord un objet orange pris pour un aérolithe. Moins de quatre minutes après sa disparition, une forte explosion retentit dans toute la ville. Le journal télévisé indiqua que l’objet semblait être tombé près de Jamundí en brûlant de la végétation. Castillo releva ensuite dans le journal « El Occidente » des informations contradictoires : un expert de l’Université del Valle confirmait apparemment l’interprétation d’un aérolithe, tandis que des agriculteurs arrivés sur les lieux auraient trouvé de la végétation brûlée mais aucun cratère et auraient vu l’» aérolithe » reprendre son envol. Des rumeurs évoquaient aussi des êtres étranges examinant la zone. Castillo précise explicitement qu’il ne put jamais vérifier ces dernières informations et abandonna l’enquête faute de coopération.

En octobre 1968, vers quatre heures du matin, Castillo revenait en voiture vers Brasília après un week-end lorsqu’un phénomène lumineux apparut sur une route traversant une région de jungle. Alors qu’il roulait à environ cent kilomètres à l’heure par une nuit claire et sans vent, une force inconnue fit soudain vibrer son volant. Il vit alors une boule de feu traverser l’air et se placer au-dessus des arbres. Après s’être arrêté, il observa une sphère lumineuse dont la taille semblait augmenter et diminuer comme si elle respirait, avec des lueurs intermittentes.

Pris de peur, Castillo reprit la route, mais l’objet le suivit pendant de nombreux kilomètres. Il passait alternativement à droite et à gauche, croisait la route et survolait parfois directement la voiture. À chacun de ces passages, le volant vibrait et la radio perdait sa fréquence dans un brouillage incompréhensible. Lorsque Castillo accélérait, l’objet augmentait sa vitesse ; lorsqu’il ralentissait, il faisait de même. Certains passages au-dessus du toit lui semblèrent si proches et rapides qu’il craignit une collision.

L’apparition d’une lumière au loin, qui se révéla être un poste de péage, coïncida avec le départ de la sphère vers la jungle. Castillo s’arrêta au péage, demanda de l’eau à un officier et à un soldat et leur raconta l’événement dans son portugais rudimentaire. L’officier ne parut pas surpris et lui répondit que les apparitions d’» esprits » étaient fréquentes dans cette région ; un automobiliste présent confirma cette appréciation. Encore effrayé, Castillo attendit qu’une autre voiture passe avant de reprendre la route vers Brasília. Le même après-midi, il raconta son observation à des ingénieurs, mais un seul, employé de l’ITT, manifesta un intérêt particulier.

Un dimanche de 1969, alors qu’il attendait devant le cinéma Canaima à Caracas, Castillo remarqua un jeune homme qui l’observait avec curiosité. Celui-ci sourit et s’approcha. Sa silhouette et son maintien rappelèrent à Castillo ceux des missionnaires mormons, si bien qu’il le salua spontanément comme un « elder » (un aîné de la congrégation). L’inconnu corrigea le malentendu avec courtoisie car il n’était pas mormon, puis demanda à Castillo de lui acheter un billet en lui donnant l’argent, parce que Castillo était bien devant lui dans la file, et s’enquit de savoir s’il pouvait l’accompagner pendant la séance.

Le jeune homme se présenta comme Ciryl Weiss, Suisse et représentant commercial d’une maison de produits de toilette masculins souhaitant développer ses ventes en Amérique latine.

Illustration fictive de la rencontre de Enrique Castillo et de Cyril Weiss devant l’entrée du cinéma Canaima (allant voir Barbarella), selon la rencontre du récit de Castillo
Illustration fictive de la rencontre de Enrique Castillo et de Cyril Weiss devant l’entrée du cinéma Canaima (allant voir Barbarella), selon la rencontre du récit de Castillo

À la sortie du cinéma, Castillo l’invita chez lui ; Ciryl déclina mais promit de venir le lendemain. Castillo le conduisit alors dans sa SIMCA 1000 jusqu’à proximité de son hôtel, Ciryl demandant curieusement à être déposé à un coin de rue voisin plutôt que devant l’établissement.

Le lendemain, Ciryl se rendit comme convenu à l’appartement de Castillo. Il s’intéressa immédiatement à sa collection musicale, demanda à écouter le « Quintette de la Truite » et sembla profondément absorbé par la musique. Les deux hommes échangèrent des idées et Castillo lui raconta des éléments de son existence. Ciryl ne manifesta aucune surprise en apprenant les interdictions mormones concernant le café, l’alcool et le tabac. Au moment du repas, il refusa les sandwichs contenant de la viande en expliquant qu’il était végétarien ; Castillo lui révéla alors qu’il suivait lui aussi depuis quelque temps un régime végétarien strict. Cette rencontre inaugure l’épisode que le livre intitule « Un Suisse qui n’était pas Suisse » ; la véritable identité et le rôle de Ciryl seront révélés bien plus tard à Castillo.

Au cours de cette première période d’amitié, Castillo tenta de sonder Ciryl sur les OVNI auxquels il s’intéressait. Ciryl répondit d’abord que les recherches du gouvernement américain avaient démontré leur inexistence, qu’il s’agissait d’un phénomène expliqué et que les témoignages pouvaient relever d’hallucinations ou d’une soupape psychologique liée à la guerre froide. Castillo n’insista pas. Leur relation se poursuivit néanmoins et Ciryl l’accompagna à deux reprises à l’Église mormone, tout en refusant le baptême.

Castillo observa progressivement plusieurs particularités chez son ami. Ciryl était extrêmement calme, réservé, solitaire, peu attiré par les fêtes, les relations sentimentales ou les distractions habituelles. Un épisode où un chien fut mortellement renversé devant un enfant frappa Castillo par l’apparente froideur de Ciryl. Celui-ci lui répondit que le cerveau humain possédait un mécanisme permettant d’accepter les événements bouleversants et affirma qu’une forme de justice existait derrière ce qui venait de se produire. Castillo fut déconcerté par cette absence apparente de compassion, bien qu’il précise n’avoir alors rien observé qu’il considérât réellement anormal chez son compagnon.

Lors d’une sortie à la plage, Ciryl refusa de se baigner, expliquant que l’eau salée, le vent et le soleil affectaient fortement sa peau. Il se mit en revanche à lire un livre consacré aux OVNI et interrogea Castillo sur le « Livre Bleu ». Son discours avait évolué depuis leur première conversation : il admettait désormais qu’une vie intelligente pouvait exister ailleurs dans l’Univers et même avoir atteint un niveau d’évolution supérieur à celui de l’humanité, tout en continuant à nier qu’elle ait déjà atteint la Terre. Castillo lui répondit qu’il croyait au contraire à l’existence de nombreuses civilisations intelligentes et à leur présence sur Terre depuis des temps très reculés.

Lors du match de football opposant le Deportivo Italia à l’Unión Magdalena, une bagarre générale éclata sur le terrain et nécessita l’intervention de la police. Ciryl qui y assistait en compagnie de Castilo, profondément contrarié, quitta immédiatement le stade et expliqua ensuite à Castillo qu’il n’aimait pas la violence. Lorsque Castillo lui proposa ironiquement la boxe puis une corrida, Ciryl développa sa pensée : selon lui, la violence était contagieuse et les spectacles qui l’exaltaient étaient destinés à des personnes « peu évoluées ». Castillo dit n’avoir compris que beaucoup plus tard toute la portée qu’il attribuait à ces paroles.

Castillo remarquait chez Ciryl d’autres particularités. Ciryl lui montrait fréquemment, de façon apparemment accidentelle, ses documents ou le contenu de la mallette sombre qu’il transportait toujours. Son espagnol était excellent, académique et totalement dépourvu d’accent étranger. Peu loquace, il s’exprimait avec précision et profondeur. Il refusait souvent d’aborder certains sujets personnels, ne parla jamais de sa famille et demeurait particulièrement impénétrable lorsqu’on l’interrogeait sur sa vie sentimentale.

Ciryl s’intéressait en revanche beaucoup aux questions religieuses. Il déclara à Castillo ne professer aucune religion et considérer les religions comme le produit d’un besoin transitoire propre aux êtres humains. Il lui recommanda d’étudier d’autres religions afin de parvenir à les respecter pleinement. Leur amitié dura presque quatre mois.

Un après-midi, Ciryl annonça brusquement que sa maison mère le rappelait et qu’il devait partir rapidement, peut-être pour un autre pays du Sud. Les deux hommes se séparèrent avec émotion. Castillo lui donna l’adresse de sa mère en Colombie au cas où son travail l’y conduirait et proposa de l’accompagner à l’aéroport, mais Ciryl refusa en affirmant qu’il retournerait en Suisse avec son chef et qu’il écrirait. Castillo ne reçut jamais aucune lettre et resta sans nouvelles de lui. Le récit annonce cependant qu’il devait le revoir plusieurs années plus tard dans des circonstances très différentes.

Castillo précise enfin qu’il ignorait alors que la mallette remplie de lotions, talcs, déodorants, savons et crèmes à raser que Ciryl présentait comme les produits de la maison suisse qu’il représentait ne provenait, selon la révélation ultérieure du récit, d’aucune entreprise ni d’aucun laboratoire. Cette activité commerciale aurait constitué une couverture lui permettant de séjourner à Caracas. Castillo interprète rétrospectivement sa présence comme liée à un enseignement beaucoup plus vaste destiné à modifier progressivement la conscience et le comportement de l’humanité terrestre.

La mort de la mère de Castillo en 1969 puis sa rupture avec le mormonisme autour de 1971 modifièrent profondément son cadre de pensée. Lorsqu’il abandonna finalement l’Église après avoir demandé en vain des explications à ses dirigeants, Castillo dit avoir compris le sens de la conversation tenue quelques années auparavant avec Ciryl à Caracas, lorsque celui-ci l’avait encouragé à examiner d’autres religions et avait présenté les croyances religieuses comme liées à des besoins transitoires de l’être humain.

Après son retour à une vie professionnelle prospère à Bogotá, le thème des OVNI, qu’il considérait presque épuisé, réapparut progressivement dans son entourage. Avec ses associés et le docteur Alfonso Blanco Rodriguez, les conversations de fin de journée revenaient parfois sur le sujet. Grâce à ses connaissances antérieures et à sa petite bibliothèque spécialisée, son bureau devint peu à peu un point de rencontre pour les personnes attirées par le phénomène.

En 1973, un vendredi après-midi, Castillo reçut dans son bureau de Bogotá l’appel inattendu de Karen, une femme à l’accent étranger marqué qui disait être Mexicaine et arriver de Buenos Aires. Elle affirma que des « maîtres martiens » lui avaient communiqué ses coordonnées et qu’elle devait le préparer à entrer en communication avec eux grâce à des exercices de concentration télépathique. Persuadé qu’il pouvait s’agir d’une plaisanterie, Castillo demanda discrètement à l’un de ses associés d’écouter la conversation depuis un autre téléphone. Après environ dix minutes, il accepta de rencontrer Karen le lendemain au glacier Monte Blanco.

À quatre heures précises, Karen retrouva Castillo et son ami Alfonso Blanco au lieu convenu et les salua avec une familiarité immédiate. Elle expliqua avoir quitté sa carrière de chanteuse d’opéra pour diffuser les enseignements reçus psychiquement de ses « maîtres martiens » et être venue en Colombie dans le but particulier de donner des cours et d’initier Castillo à ces questions. Elle organisa ensuite trois journées de conférences au Collège national Camilo Torres, puis des cours de « Science cosmique » dans une salle mise à disposition par un architecte.

Autour de Karen se constitua progressivement un groupe de personnes intéressées par les communications dites paranormales, mais Castillo n’y participait pas. Graciela Torres qui était médium, surnommée « Chela », fut chargée de conduire les premières concentrations et méditations. Dans l’une de ses communications, des êtres qui se présentent comme des extraterrestres venant d’Andromède ont explicitement cité le nom d’Enrique Castillo comme devant participer à leur groupe. Karen le rechercha aussitôt et insista pour qu’il participe aux réunions. Castillo accepta par curiosité.

Les séances eurent ensuite lieu environ deux fois par semaine, soit chez Richard Deeb, soit chez Chela. Celle-ci se plaçait au centre, Karen d’un côté et Castillo de l’autre. Les lumières principales étaient éteintes et une petite lampe restait allumée ; papier et crayon étaient préparés pour recueillir les messages. Chela les recevait parfois par écrit, parfois oralement, procédé que Castillo interprétait alors comme une possible médiumnité consciente. Karen veillait au respect précis des exercices de relaxation et insistait sur la nécessité d’établir d’abord un contact avec ce qu’elle appelait le « Moi supérieur ». Cette période constitue la préparation immédiate aux événements de contact qui suivront.

Durant les mois de juin et juillet 1973, les communications reçues par Chela affirmèrent que les visiteurs d’Andromède étaient satisfaits de la participation de Castillo aux exercices et que trois vaisseaux survolaient Bogotá en attendant d’établir un contact physique avec trois membres du groupe préalablement choisis, mais personne n’était désignée au préalable. Les messages, généralement de tonalité messianique, insistaient sur l’amélioration des comportements et des attitudes face à la vie. Après plusieurs mois de préparation, la date du premier contact physique fut annoncée : le 11 octobre 1973.

Le soir fixé, seize membres du groupe partirent vers La Calera, au nord de Bogotá, alors que seuls trois d’entre eux étaient initialement censés monter à bord des appareils. Les voitures furent abandonnées au kilomètre 8 et le groupe gagna à pied une petite colline malgré le froid, le vent et la bruine. Quatre inconnus non invités s’étaient joints à eux sur place après des fuites sur leur rendez-vous avec des extraterrestres et il y eut avec eux une dispute. Ils refusaient de repartir parce qu’ils savaient qu’un contact extraterrestre devait avoir lieu. Ne pouvant les empêcher de venir tous furent en haut, dans une atmosphère conflictuelle.

Au sommet, les participants formèrent un cercle en se tenant par la main. Chela devait d’abord établir une communication télépathique, après quoi les êtres d’Andromède devaient donner les noms des personnes autorisées à monter dans la soucoupe. Castillo demeurait sceptique malgré les messages antérieurs où son nom avait été cité. Chela transmit d’abord que les visiteurs étaient déjà présents et que les noms des contactés seraient donnés dix minutes plus tard. Aucun appareil ne devint clairement visible. Vingt minutes après, un nouveau message porta de trois à cinq le nombre des personnes choisies et demanda encore d’attendre.

Les participants observaient des lumières dans les nuages qu’ils finirent par attribuer aux phares d’automobiles. Une nouvelle demi-heure s’écoula sans apparition. Peu avant minuit, Chela annonça brusquement que l’» Opération Andromède » était annulée et que chacun devait rentrer chez lui, les visiteurs devant communiquer individuellement à chacun psychiquement le lendemain à midi exactement. Castillo réagit avec colère, estimant que les prétendus extraterrestres s’étaient moqués d’eux en les faisant attendre inutilement dans le froid et la pluie. Karen et Richard Deeb tentèrent de présenter l’échec comme une épreuve des « Maîtres », explication qui ne le convainquit pas.

Alors que Castillo redescendait avec Alfonso « Poncho » Blanco, toujours furieux, des hommes armés surgirent de l’obscurité : il s’agissait de militaires et de policiers colombiens. Des paysans avaient appelé la Police après avoir observé un étrange « hélicoptère » volant à basse altitude au-dessus des champs, faisant craindre une opération de contrebande. Castillo rapprocha immédiatement ce signalement des lumières observées dans les nuages et jusque-là expliquées par les voitures, mais cette identification resta son interprétation. Richard Deeb expliqua aux autorités que le groupe effectuait des pratiques de méditation et de vie contemplative ; après vérification, les participants furent autorisés à repartir.

Avant de se séparer, les membres du groupe convinrent de respecter les dernières instructions reçues par les êtres via Chela : chacun devait rester chez lui à midi le 12 octobre pour attendre un message, puis tous se réuniraient à 20 heures chez Richard Deeb afin de comparer ce qu’ils auraient reçu. Castillo rentra très tard chez lui sans expliquer à son épouse la véritable raison de son absence. Le lendemain, le 12 octobre 1973, quelques minutes avant midi, il demanda à sa femme et à ses enfants de quitter la maison pendant deux heures afin de pouvoir attendre seul la communication annoncée. Sa femme obtempéra, non sans protester vivement et lui lancer qu’à force de se mêler à ces « Martiens », il finirait par devenir fou.

Castillo resta seul dans sa maison du quartier Santa Isabel, au sud de Bogotá. Il débrancha la sonnette, prépara papier et crayon, retira sa montre et commença ses exercices de relaxation et de concentration quelques minutes avant midi. Comme rien ne se produisait, il pensa ne pas faire partie des personnes choisies et interrompit l’exercice. Alors qu’il regardait par la fenêtre et jugeait absurde l’idée qu’une soucoupe puisse venir jusque chez lui en plein jour, une voix lui ordonna soudain : « Enrique, écris ! ». Il vérifia le salon sans trouver personne, puis l’ordre se répéta.

Des bourdonnements puissants et constants, semblables à un essaim d’abeilles, frappèrent alors ses oreilles. Castillo décrit une sensation de tambour au centre du cerveau, une respiration anormalement accélérée et une panique intense. À 12 h 25, il commença à écrire sous la dictée de la voix et considère cet épisode comme sa première communication avec des êtres extraterrestres. Son corps tremblait fortement, il pleurait involontairement et disait sentir une force étrange s’emparer de sa volonté.

Le message concernait notamment une « troisième guerre mondiale ». Les interlocuteurs annoncèrent qu’il n’y aurait pas de contact cette nuit-là mais que d’autres « frères » du Cosmos se trouvaient déjà sur Terre et communiqueraient avec lui ; ils lui demandèrent de rester dans le groupe. Ils reprochèrent aussi aux participants leur comportement de la nuit précédente, estimant que la violente dispute et le non-respect de règles élémentaires de conduite ne favorisaient pas le groupe.

Après la communication, Castillo constata dans le miroir des yeux injectés de sang, des tremblements des bras et des jambes, des fourmillements dans tout le corps et une ligne violette autour du nez. Les marques violettes disparurent après un temps de repos. Sa famille revint ensuite ; son épouse Beatriz remarqua sa pâleur et critiqua de nouveau son intérêt pour les OVNI. Castillo montra les feuilles à son frère Roberto puis tenta de raconter l’expérience à une amie, qui l’interpréta comme un produit de son esprit ou une forme de spiritisme.

Le lendemain, quatre membres du groupe lui apprirent qu’en son absence ils avaient suivi différents messages leur ordonnant de se rendre successivement à Fontibón, El Rosal, La Calera et Choachí, où ils avaient attendu en vain jusqu’à trois heures du matin. Castillo leur montra le message reçu chez lui, qui avait au contraire annoncé qu’aucun contact n’aurait lieu cette nuit-là. Lors de la réunion suivante, personne ne produisit finalement les messages individuels qu’il était censé avoir reçus, ce qui renforça aux yeux du groupe la singularité de l’expérience de Castillo.

Le samedi 14 octobre 1973, vers 20 h 15, le groupe reprit une séance de relaxation. Après dix à quinze minutes sans communication de Chela, Castillo ressentit de nouveau le bourdonnement et entendit une voix très fine lui ordonner d’écrire. Il pensa d’abord que Karen avait parlé, mais elle lui indiqua que non. La voix se répéta et le message débuta par une présentation explicite : les interlocuteurs se disaient « émissaires des Pléiades » et affirmaient être les mêmes êtres qui avaient donné des instructions et des connaissances aux Incas et à d’autres peuples.

Castillo fut pris d’un malaise intense, arracha sa chemise et lança son écharpe. Il décrit ensuite être tombé dans une sorte d’état médiumnique : sa parole devint difficile, ses compagnons posèrent leurs mains sur sa tête et il perdit toute notion du temps et du lieu. Il ne conserva aucun souvenir de la communication elle-même. Environ une demi-heure plus tard, il rouvrit les yeux tandis que Marjorie et Maria Teresa essuyaient la sueur de son visage et que Karen lui tenait la tête.

Lorsque Castillo reprit conscience après la communication pléiadienne du 14 octobre 1973, Karen lui déclara qu’il avait été « très loin ». Le message annonçait qu’il était la personne choisie en Colombie pour avoir prochainement un contact physique et direct avec les extraterrestres et qu’il serait alors le seul dans le pays à connaître ce type de rencontre. Encore engourdi, Castillo fut examiné par le médecin Rafael Contreras, membre du groupe, qui ne releva qu’un pouls accéléré. Les participants signalèrent qu’au cours de l’état de transe il avait dessiné avec ses mains d’étranges symboles dans l’air.

Les communications suivantes provoquèrent chez Castillo de fortes douleurs à la tête, au point de l’empêcher d’aller travailler pendant deux jours. Il refusa à deux reprises de recevoir un nouveau message. Les interlocuteurs lui annoncèrent que ces douleurs disparaîtraient après deux ou trois communications supplémentaires et affirmèrent procéder à des mesures dans son cerveau, donnant la valeur énigmatique de 829 « valios ». Castillo ignorait s’il s’agissait d’une tension, d’une émission ou d’une fréquence et dit n’avoir jamais obtenu d’explication.

Le groupe initial comptait dix-sept personnes et devait ensuite atteindre vingt-sept membres. Il se réunissait régulièrement les mardis et vendredis à 20 heures. Certains participants quittèrent toutefois les séances, convaincus qu’il s’agissait d’une fraude, de folie ou de spiritisme, ou déçus par l’absence du caractère spectaculaire qu’ils attendaient.

À la fin d’octobre 1973, les émissaires des Pléiades annoncèrent enfin la date du contact physique : le 3 novembre, auprès d’une lagune qu’ils ne nommèrent pas immédiatement. Castillo devait être l’unique personne en Colombie choisie pour ce type de relation. Pendant quatre nuits consécutives, il rêva de visages lui montrant une lagune entourée de forêts et de petites élévations montagneuses. Il garda ces rêves secrets, craignant que ses compagnons les attribuent à l’influence psychologique des événements.

Les communications personnelles s’intensifièrent ensuite et lui fournirent des indications de plus en plus précises pour atteindre le lieu du rendez-vous. Une fois arrivé à la lagune et dans la forêt environnante, Castillo devait suivre les indications reçues en rêve jusqu’à une clairière. Là, il devait repérer un arbre et chercher sous ses racines, derrière une pierre de taille moyenne, une sphère qu’il lui faudrait prendre avant de poursuivre jusqu’au lieu convenu. Son arrivée devait avoir lieu à 20 heures et il lui était interdit d’emporter des objets tranchants ou pointus.

Le samedi 3 novembre 1973, Castillo se leva tôt et avertit son épouse et ses associés de travail qu’une absence de plusieurs jours était possible, sans leur révéler la raison de son déplacement. Après avoir déjeuné normalement, il se rendit vers 13 heures à la gare routière et partit en autobus à 15 h 30. Environ deux heures et demie plus tard, il descendit dans une région rurale puis poursuivit à pied. Pour passer inaperçu, il portait un pantalon de coutil, de grosses chaussures, une ruana et un chapeau prêtés par Richard Deeb, tenue destinée à le faire ressembler à un paysan de la région. Il marcha encore environ deux heures sur un sentier difficile, se souvenant par moments des crises d’asthme de son enfance lorsque l’effort accélérait fortement son pouls.

Enrique Castillo habillé avec une ruana et un chapeau, pris en photo dans une reconstitution de sa sortie de contact.
Enrique Castillo habillé avec une ruana et un chapeau, pris en photo dans une reconstitution de sa sortie de contact.

À la fin de l’après-midi, il atteignit la lagune. Après avoir enfoncé ses pieds dans une zone boueuse cachée par les herbes, il emprunta un chemin muletier et constata que deux forêts étaient séparées par une courbe de la lagune. Il choisit la première forêt, très dense, et y pénétra. Dans une clairière, il reconnut immédiatement l’arbre annoncé dans les instructions reçues auparavant. Sous ses racines se trouvait une pierre de taille moyenne ; après l’avoir déplacée, Castillo découvrit exactement à l’endroit prévu une petite sphère.

La sphère était légère, métallique, d’apparence comparable à de l’acier inoxydable et extrêmement froide. Sa surface comportait plusieurs minuscules orifices semblables à des perforations d’aiguille. Castillo la prit et continua à avancer dans la forêt. Quelques minutes avant 20 heures, l’objet commença à se réchauffer de manière irrégulière, puis de nombreux rayons très fins d’une lumière bleu profond et intense jaillirent de ses orifices. Craignant un instant qu’il ne s’agisse d’une bombe, Castillo l’approcha de son oreille sans entendre aucun bruit. La chaleur augmenta sans devenir brûlante.

À 20 h 10, alors que Castillo tenait toujours la sphère de la taille d’une balle de golf dans sa main gauche et ne voyait encore aucune présence, un bruit sourd retentit soudain et toute la zone s’illumina comme en plein jour. Deux vaisseaux apparurent au-dessus de lui, traversant les arbres à environ 200 mètres d’altitude. Ils étaient inclinés et ruisselaient d’eau. Castillo en déduisit qu’ils l’attendaient au fond de la lagune et que le bruit entendu correspondait à leur sortie de l’eau. Il estime leur diamètre à environ 40 ou 45 mètres, peut-être davantage, pour une hauteur de 12 à 15 mètres.

Après leur passage, l’illumination comparable au jour diminua progressivement et les bruits nocturnes cessèrent. Les appareils s’immobilisèrent à plus de cent mètres de Castillo, l’un se plaçant silencieusement derrière l’autre. Presque toute leur lumière disparut, hormis un faible halo émis par le premier. Celui-ci s’avança lentement avec un léger mouvement de balancement et, à environ soixante mètres, projeta verticalement jusqu’au sol deux faisceaux orange intense.

Illustration fictive inspirée d’un dessin de la revue « Quatrième dimension » en novembre 1975 racontant le récit du contact du 3 novembre 1973, reproduit dans le Tome 1 des livres de Castillo.
Illustration fictive inspirée d’un dessin de la revue « Quatrième dimension » en novembre 1975 racontant le récit du contact du 3 novembre 1973, reproduit dans le Tome 1 des livres de Castillo.

Deux silhouettes descendirent en glissant à l’intérieur de ces faisceaux puis disparurent parmi les arbres. Castillo remarqua que les rayons ne s’éteignirent pas brusquement mais se rétractèrent jusqu’à la base du vaisseau, comme absorbés par celui-ci. Le bruit des branches et des feuilles sèches lui permit ensuite d’entendre les deux êtres approcher.

À une dizaine de mètres, il distingua leur équipement. Les deux portaient des combinaisons identiques gris plomb, non brillantes, des bottes orange ou mandarine et des scaphandres dont la visière permettait de voir leurs yeux. Leur ceinture comportait cinq boutons, trois à droite et deux à gauche, de tailles différentes ; deux étaient éclairés, l’un en vert et l’autre en blanc. Les êtres avançaient séparés d’environ quatre mètres.

Illustration fictive faite inspirée du dessin schématique du magazine Argentin « Quatrième Dimension » mis ici en légende française, montrant les deux vaisseaux  et celui plus avancé avec les faisceaux lumineux qui ont descendu les deux êtres lors de la rencontre du 3 novembre 1973. Dessin d’inspiration inclus dans le Tome 1 des livres de Castillo en légende espagnole.
Illustration fictive faite inspirée du dessin schématique du magazine Argentin « Quatrième Dimension » mis ici en légende française, montrant les deux vaisseaux et celui plus avancé avec les faisceaux lumineux qui ont descendu les deux êtres lors de la rencontre du 3 novembre 1973. Dessin d’inspiration inclus dans le Tome 1 des livres de Castillo en légende espagnole.

Lorsqu’ils arrivèrent devant lui, Castillo entendit directement dans son cerveau une voix lui demandant de ne pas avoir peur et lui assurant qu’ils étaient incapables de lui faire du mal. Effrayé, il recula de trois ou quatre pas jusqu’à heurter un arbre. Une seconde communication lui expliqua qu’ils souhaitaient le faire monter à bord, tout en précisant qu’ils ne le forceraient pas s’il refusait, mais que cette rencontre leur était « vitale ». Castillo accepta d’un signe de tête.

L’être situé à sa droite s’approcha. Castillo vit ses yeux à travers la visière. Des anneaux entouraient le cou à la jonction entre le casque et la combinaison ; au niveau des oreilles sortaient des câbles enroulés rejoignant un sac fixé dans le dos. Une sorte d’» œil électronique » dépassait du sommet du casque. La voix lui ordonna de marcher avec eux. Castillo suivit les deux êtres : l’un marchait devant et l’autre à ses côtés. Il décrit leurs corps comme élancés mais nettement masculins et leur taille comme comprise entre 1,78 et 1,80 mètre. Ils atteignirent une clairière sans arbres ni végétation, où l’être placé en tête lui demanda d’attendre.

Dans la clairière, l’un des deux êtres demanda à Castillo de rester sur place pendant qu’ils allaient le faire monter à bord.

Illustration fictive inspirée d’un dessin mis en légende française, montrant le vaisseau qui a remonté Castillo avec son rayon lumineux lors du contact du 3 novembre 1973. Dessin d’inspiration inclus dans le Tome 1 des livres de Castillo en légende espagnole.
Illustration fictive inspirée d’un dessin mis en légende française, montrant le vaisseau qui a remonté Castillo avec son rayon lumineux lors du contact du 3 novembre 1973. Dessin d’inspiration inclus dans le Tome 1 des livres de Castillo en légende espagnole.

Le vaisseau se rapprocha comme s’il avait reçu un signal. L’être le plus proche toucha doucement Castillo au bras et à l’épaule droite et lui répéta qu’il était son ami et qu’il ne devait pas avoir peur. Castillo dit avoir alors perdu toute crainte et ressenti au contraire une grande paix et un fort sentiment de sécurité.

Un rayon lumineux jaillit du vaisseau et entoura son corps sur environ un mètre de rayon.

Illustration fictive inspirée d’un dessin de la remontée par le rayon lumineux, dessin d’inspiration dans le Tome 1 des livres de Castillo.
Illustration fictive inspirée d’un dessin de la remontée par le rayon lumineux, dessin d’inspiration dans le Tome 1 des livres de Castillo.

Au contact de cette lumière, feuilles, mottes de terre et petites pierres se mirent à bondir. Castillo ressentit dans tout son corps et jusque dans son cerveau des picotements comparables à des épingles, puis ses pieds quittèrent le sol. Il s’éleva lentement jusqu’à dépasser la cime des arbres et distinguer la lagune, montant d’environ cinquante mètres. Il éprouva une forte sensation de vide dans l’estomac et, en bougeant la main droite, eut l’impression que la lumière possédait une consistance solide, comparable à du verre. Il décrit également des flux « électroniques » désagréables traversant son corps.

Une trappe s’ouvrit au-dessus de sa tête et le rayon le fit pénétrer dans l’appareil avant de le déposer doucement sur le sol. Personne ne l’attendait. Il constata qu’il pouvait respirer normalement et jugea l’air très pur. Il se trouvait dans une salle hexagonale vide, fraîche et éclairée par une lumière dont il ne pouvait identifier la source : aucune ampoule ni lampe n’était visible. Cette lumière était agréable aux yeux et ne produisait aucune ombre. Castillo vérifia ce phénomène en agitant sa ruana et son chapeau sans parvenir à faire apparaître la moindre ombre.

Une voix invisible lui ordonna alors de se déshabiller. Méfiant, Castillo retira d’abord sa ruana et son chapeau et plaça la petite sphère métallique dans la poche intérieure de son pantalon. Devant la répétition de l’ordre, il commença à retirer ses vêtements, jusqu’à ce que la voix exige qu’il soit entièrement nu en précisant que cela était nécessaire.

Une fois dévêtu, Castillo vit une fumée sortir de l’angle formé par le sol et les parois. En moins de cinq secondes, elle remplit entièrement la pièce. Malgré sa peur initiale d’un gaz toxique, il continua à respirer normalement. La fumée était bleue et dégageait une odeur qu’il compara au citron vert ou au citron (c’était une fumée servant à un processus de désinfection). Après quelques secondes, elle disparut par le même endroit. Castillo inspecta alors la salle en cherchant une sortie : il ne vit ni porte, ni rivet, ni jointure susceptible de révéler une ouverture. La voix lui ordonna finalement de se rhabiller. La séquence à bord se poursuit dans les pages suivantes.

Après la fumée bleue, Castillo se rhabilla rapidement. Un son doux retentit et une porte jusque-là invisible s’ouvrit. L’un des êtres entra en le saluant comme son ami et lui présenta son compagnon sous le nom de Khrunula. Lorsque Castillo tendit la main à ce dernier, celui-ci se contenta de toucher légèrement sa paume en portant la main à hauteur de poitrine et en inclinant la tête.

Le premier interlocuteur révéla alors son identité : il était Ciryl Weiss, l’homme que Castillo avait connu à Caracas en 1969. Castillo mit quelques instants à comprendre, puis reconnut son ancien ami avec émotion. Ciryl lui déclara qu’il faisait partie de l’équipage du vaisseau et révéla finalement que son véritable nom était Krisnamerck et qu’il était extraterrestre. Les traits de son visage avaient quelque peu changé depuis Caracas.

Après avoir remis aux êtres la petite sphère métallique sur leur demande, Castillo suivit Krisnamerck et Khrunula dans un couloir semi-circulaire jusqu’à une grande salle où quatre autres personnes les attendaient, assises devant une grande table centrale transparente. Deux portaient des combinaisons couleur miel brûlé et deux des combinaisons argentées, différentes des tenues gris plomb utilisées à l’extérieur.

Krisnamerck présenta le commandant du vaisseau et chef de la Mission, Krhamier, puis Krensa, Cramakan et Kruenenyer. Avec Krisnamerck et Khrunula, ils constituaient une partie de l’équipage. Castillo les observa attentivement tandis qu’eux-mêmes semblaient l’examiner avec minutie. Krhamier échangea d’abord avec un compagnon dans une langue faite, aux oreilles de Castillo, de nombreux sons en s et z, puis lui souhaita la bienvenue.

Castillo demanda immédiatement pourquoi il avait été amené là et d’où venaient ses interlocuteurs. Krhamier répondit télépathiquement, sans remuer les lèvres, qu’ils venaient des Pléiades, les « sept petites chèvres ». Quant au choix de Castillo, il lui déclara qu’il connaissait parfaitement la réponse parce qu’ils le suivaient depuis des années. Castillo affirme pourtant que, même au moment d’écrire son livre, il ignorait toujours quelles qualités avaient conduit ces êtres à suivre sa vie et à le choisir.

La conversation se poursuivit de façon improvisée. Castillo avait sur lui un questionnaire préparé par un membre du groupe mais l’oublia complètement. Il eut l’impression que l’objectif immédiat de l’équipage était moins de lui transmettre une masse d’informations que de lui inspirer confiance. Krisnamerck et Khrunula restaient debout, bras croisés, dans une attitude rigide presque militaire.

Castillo se demanda intérieurement s’il existait des femmes à bord ; avant même qu’il formule la question, Krhamier lui répondit qu’il y en avait mais qu’il ne les verrait pas à ce moment-là. Cette lecture apparente de sa pensée le mit mal à l’aise. Il interrogea ensuite le commandant sur la durée du voyage depuis les Pléiades. Krhamier répondit qu’ils venaient juste de partir, tout en précisant que, selon le temps terrestre, leur départ remontait à des millions d’années, lorsque la Terre n’offrait pas encore les conditions nécessaires à une vie intelligente. Castillo en conclut que leur écoulement du temps et le nôtre différaient.

À la question laissée en suspens sur la distance des Pléiades, Krhamier répondit qu’elles se trouvaient à plus de 500 années-lumière selon les mesures terrestres. Castillo l’interrogea ensuite sur la relativité d’Einstein et les champs unifiés. Le commandant répondit que la théorie devrait être modifiée au moins trois fois et affirma que la vitesse de la lumière serait proche de 400 000 kilomètres par seconde plutôt que 300 000, sa valeur observée étant selon lui ralentie par différentes couches atmosphériques, électrostatiques, électriques et d’ionisation, par la ceinture de Van Allen et par une autre ceinture encore inconnue des scientifiques terrestres.

Après l’entretien formel, Krisnamerck proposa à Castillo de visiter plusieurs parties du vaisseau. Ils passèrent d’abord dans une salle de repos circulaire où plusieurs coussins reposaient au sol et dont la paroi diffusait un halo lumineux agréable. Dans une autre salle se trouvaient de grands flacons hermétiquement fermés et légèrement inclinés. L’un contenait un liquide très vert identifié comme un extrait de chlorophylle prélevé sur les meilleurs arbres des bois et forêts et présenté comme fondamental dans leur alimentation.

Par un escalier métallique en colimaçon, Castillo monta à un autre étage. Trois hommes les croisèrent et Krisnamerck précisa que l’équipage comptait douze membres masculins. Ils atteignirent ensuite la salle de commande située au troisième étage. Plusieurs extraterrestres y manipulaient des tableaux de commande sans manifester d’intérêt particulier pour la présence de Castillo.

Dans cette salle étaient déployées des « cartes cosmiques » semblant sortir des parois. Des lumières multicolores y signalaient différentes zones et des lignes représentaient galaxies, nébuleuses, soleils et planètes. Les visiteurs refusèrent d’en donner les noms, expliquant qu’ils les connaissaient sous des appellations différentes des terriens. La Terre fut indiquée par une lumière pulsante sur une représentation de la Voie lactée que Castillo jugea très différente des photographies terrestres.

Krhamier déclara qu’ils n’exploraient pas la Terre puisqu’ils y possédaient une base depuis des milliers d’années, tandis que d’autres civilisations continuaient à l’explorer. Castillo observa aussi plusieurs dispositifs ressemblant à des horloges superposées, munies d’aiguilles et de caractères pour lui illisibles ; certaines comportaient des chiffres semblables aux nôtres. Il eut l’impression qu’elles mesuraient simultanément plusieurs temps les uns par rapport aux autres.

De retour dans la salle circulaire, Castillo remarqua que sa montre était toujours arrêtée à 20 h 25 et estima avoir passé environ une heure et demie dans le vaisseau. Krisnamerck lui expliqua que sa montre ne pouvait fonctionner à l’intérieur. Lorsque Castillo demanda pourquoi ils ne volaient pas quelque part, il apprit avec stupéfaction que le vaisseau voyageait depuis son entrée à bord. Il n’avait ressenti aucun mouvement, aucune accélération et n’avait eu besoin ni de combinaison spéciale, ni de scaphandre, ni de ceinture.

Les êtres le conduisirent alors devant un panneau spécial comportant un viseur qui s’ouvrit à la manière de paupières, selon une forme concave, révélant un écran. Castillo prit place sur un siège fixe devant ce dispositif. Après réglage des commandes par l’un des membres de l’équipage, il regarda à travers et aperçut un grand vide qui lui provoqua une forte sensation de vertige.

Castillo régla les leviers du viseur jusqu’à obtenir une image parfaitement nette. L’appareil lui montra sa propre maison : il vit sa famille endormie et son chien agité près de la fenêtre de sa chambre. En déplaçant involontairement les commandes, il traversa visuellement une maison voisine, ce qui alarma ses accompagnateurs, qui lui demandèrent de limiter l’observation à son domicile. Ils expliquèrent que ce dispositif pouvait traverser les toits, les murs et même certains métaux et qu’ils l’utilisaient pour observer de nombreuses personnes.

Le vaisseau continuait parallèlement à se déplacer à une certaine vitesse. Castillo observa l’avenue 68 de Bogotá, les voitures et les quartiers environnants comme s’il regardait une maquette. Il demanda s’il pouvait raconter ce qu’il voyait et reçut l’autorisation de le faire. Il souligne qu’il ne rencontra généralement ni interdiction ni résistance à ses questions, même s’il eut le sentiment que ses interlocuteurs orientaient ses pensées vers certains sujets.

Comme Castillo avait faim, ils lui donnèrent d’abord une sorte de barre de chocolat enveloppée de plastique, au goût rappelant le sabajón colombien, qui lui procura une chaleur agréable et calma momentanément sa faim. Ils lui offrirent ensuite de petits bourgeons ressemblant à du maïs soufflé, au goût doux. Selon Ciryl, cet aliment était composé de quatre céréales, dont deux existaient sur Terre, et correspondait à la « manne » ayant nourri le peuple juif pendant quarante ans dans le désert. Castillo affirme que cette nourriture supprima sa faim et sa soif pendant vingt-quatre heures et possédait une grande valeur énergétique ; Ciryl précisa qu’ils l’utilisaient pendant leurs voyages.

De retour dans la salle de commande, Castillo constata par le panneau d’observation que le vaisseau avait parcouru une grande quantité de kilomètres en effectuant des déplacements sans direction apparente. Fatigué et somnolent, il accepta de se reposer. Ciryl et Khrunula le conduisirent par un couloir droit d’environ quatre mètres jusqu’à une pièce dont la porte s’ouvrit automatiquement sans commande visible. Quatre lits capitonnés et très souples s’y trouvaient ; celui choisi par Castillo épousa la forme et les positions de son corps.

Castillo s’endormit profondément. Il fut réveillé par ce qu’il décrit comme une forte secousse dans son cerveau. Ciryl et Khrunula lui expliquèrent l’avoir réveillé par un ordre psychique directement appliqué à son cerveau. Bien qu’il eût l’impression d’avoir dormi de nombreuses heures, il se sentait parfaitement reposé.

L’équipage annonça ensuite un court voyage destiné à permettre à Castillo de mémoriser le lieu de sa prochaine rencontre. À travers la grande fenêtre, il vit d’immenses vallées couvertes de végétation puis une plaine identifiée comme les Llanos Orientales. La zone fut éclairée comme en plein jour. On lui montra une route et un chemin, un terrain clôturé de barbelés et une vieille porte de bois ouvrant sur des pâturages. Un nom de lieu lui fut donné. Le rendez-vous fut fixé au 18 novembre à 20 heures.

En quelques minutes, le vaisseau revint des Llanos Orientales jusqu’à la forêt près de la lagune. Castillo fut reconduit dans la salle où il s’était déshabillé au début de l’expérience. Ciryl le serra dans ses bras avant de partir avec Khrunula. Un faisceau lumineux descendit du plafond, enveloppa Castillo puis le fit sortir par la trappe et le déposa doucement au sol. Comme lors de l’embarquement, la lumière se rétracta ensuite vers le vaisseau, qui s’éloigna à grande vitesse.

La montre de Castillo recommença à fonctionner une fois au sol. Il estima qu’il était environ cinq heures du matin. Il s’allongea dans la forêt et dormit en attendant l’aube. À son réveil, il tenta de reconstituer l’heure à partir de sa montre, dont le fonctionnement avait été perturbé pendant le séjour à bord, puis se dirigea vers l’endroit où il pourrait prendre un autobus pour Bogotá. Il considère ainsi achevée sa première rencontre physique, commencée le 3 novembre 1973.

Sur le trajet de retour vers Bogotá, Castillo se sentit envahi par un bonheur qu’il disait incapable de transmettre. Il voulait partager son expérience avec les passagers de l’autobus, principalement des paysans. Il considère cette journée comme le point de départ d’une transformation complète de ses conceptions mentales, philosophiques et religieuses.

Dans les jours suivant son retour, Castillo raconta une première fois l’expérience à Alfonso Blanco, puis aux membres du groupe réunis chez Chela. Un membre affirma avoir suivi mentalement la rencontre à distance, mais la confrontation des deux récits révéla des divergences complètes, jusque dans l’heure du contact. Une nouvelle réunion chez Richard Deeb, réunissant plus de quarante personnes, devint la première conférence publique de Castillo comme contacté.

Les quinze jours séparant la première rencontre du rendez-vous suivant passèrent rapidement. Castillo devait se rendre d’abord à Villavicencio puis retrouver le site précis qui lui avait été montré depuis le vaisseau. Le 18 novembre, il quitta Bogotá très tôt dans un autobus interdépartemental et gagna Villavicencio, dans le département du Meta.

Le lieu se trouvait dans les Llanos Orientales, vaste région de plaines presque vierges où se concentraient de grandes activités agricoles et d’élevage dans d’immenses haciendas. Castillo décrit la chaleur, la poussière, l’étendue des terres et les difficultés du trajet. Comme il ne connaissait pas la région, il devait trouver quelqu’un capable de l’aider à rejoindre le point de rendez-vous avant 20 heures.

À Villavicencio, il prit un autre autobus vers Apiay. Sur recommandation, il engagea comme guide un homme nommé Antonio, connaisseur expérimenté de la plaine. Castillo ne lui révéla pas le véritable motif du voyage : il lui donna seulement le signalement du lieu recherché, qu’Antonio reconnut immédiatement.

Les deux hommes poursuivirent ensuite à cheval sur les longs chemins du Llano. Antonio évoqua les dangers de la région, notamment les animaux sauvages et insectes auxquels pouvait être exposé un voyageur. Castillo, peu habitué à monter à cheval, souffrait du trajet et scrutait constamment le ciel à la recherche d’un signe inhabituel ; son guide finit par l’imiter avec curiosité. Castillo se demandait pourquoi les visiteurs avaient choisi un endroit aussi éloigné de Bogotá alors qu’un lieu plus proche aurait été beaucoup plus accessible.

Castillo et Antonio arrivèrent au lieu indiqué vers 19 h 30. Après avoir payé son guide, Castillo tenta de le congédier, mais Antonio s’inquiéta de le voir rester seul alors que la nuit commençait et l’avertit que de petits félins attaquaient fréquemment le bétail dans les pâturages voisins. Castillo inventa alors l’explication selon laquelle une jeep viendrait le chercher depuis une hacienda. Peu convaincu, Antonio finit par repartir avec les chevaux, se retournant régulièrement jusqu’à disparaître dans la végétation. Castillo se retrouva totalement seul, très loin de toute civilisation.

À l’heure convenue, il éprouva simultanément peur, joie, doute, espoir, paix et remords, allant jusqu’à imaginer un enlèvement spatial après lequel il ne reverrait jamais sa famille. Malgré les communications télépathiques presque quotidiennes qui avaient suivi le premier contact physique, il affirme qu’il n’était toujours pas habitué à la situation.

À partir de 20 heures, il marcha continuellement par séquences d’environ cinquante mètres autour du point de rendez-vous. Il utilisait comme repère un portail de bois à moitié détruit ouvrant sur une hacienda et relié à un réseau de barbelés. À 22 heures, persuadé que les visiteurs ne viendraient plus, il tenta à deux reprises d’établir un contact télépathique en utilisant la technique apprise à Bogotá, mais ne reçut aucune réponse. Il remarqua toutefois qu’aucun moustique ni moucheron ne l’avait piqué depuis son arrivée dans la région.

L’attente se prolongea jusqu’à environ 3 heures du matin. Fatigué, découragé et presque endormi, Castillo commençait à croire qu’il s’était trompé de date, d’heure ou de lieu lorsqu’il aperçut une multitude de lumières grossissant progressivement dans le ciel. Il en compta treize, disposées en une formation parfaite ressemblant à un V inversé. Trois points plus grands ouvraient la formation et dix plus petits suivaient en une rangée ouverte.

Lorsque la formation fut presque à la verticale de Castillo, elle s’immobilisa brièvement. Un des points lumineux arrière se détacha, descendit verticalement et exécuta une manœuvre rapide avant de s’arrêter à une certaine hauteur. Castillo put alors distinguer la forme ovale de l’appareil, qui fut momentanément masquée par une luminosité donnant l’impression d’un nuage graisseux. Les douze autres appareils accélérèrent et disparurent dans une direction qu’il ne put déterminer.

Illustration fictive inspirée d’un dessin de l’attente de nuit de Castillo devant la grande barrière de bois dans les Llanos Orientales, lorsqu’il vit les vaisseaux dans le ciel à 3h du matin. Dessin d’inspiration dans le Tome 1 des livres de castillo.
Illustration fictive inspirée d’un dessin de l’attente de nuit de Castillo devant la grande barrière de bois dans les Llanos Orientales, lorsqu’il vit les vaisseaux dans le ciel à 3h du matin. Dessin d’inspiration dans le Tome 1 des livres de castillo.

Le vaisseau resté sur place descendit en zigzag, puis effectua des manœuvres circulaires et de courts mouvements de va-et-vient. À mesure qu’il approchait, Castillo distingua un petit appareil ayant l’apparence d’un cocon. Il s’arrêta à environ trente mètres au-dessus du sol, sans produire de bruit, puis trois courtes pattes sortirent de sa partie inférieure et lui permirent de se poser. Une échelle se déploya et une porte étroite s’ouvrit. Une silhouette humaine apparut dans la lumière de l’ouverture, à environ soixante mètres de Castillo.

Illustration fictive du modèle approximatif du vaisseau de type « Cocon » à bord duquel eut lieu son deuxième contact avec les Pléiadiens, le 18 novembre 1973, dans les Llanos Orientales de Colombie, inspiré d’un dessin du Tome 1 des livres de Castillo.
Illustration fictive du modèle approximatif du vaisseau de type « Cocon » à bord duquel eut lieu son deuxième contact avec les Pléiadiens, le 18 novembre 1973, dans les Llanos Orientales de Colombie, inspiré d’un dessin du Tome 1 des livres de Castillo.

Castillo estima l’appareil à environ sept mètres de longueur pour trois mètres et demi de hauteur. Pris d’excitation, il se mit à courir vers lui, mais une voix profonde lui ordonna : « Attends ! ». La silhouette lui fit ensuite signe d’avancer. En approchant, Castillo reconnut Krisnamerck. Celui-ci ne portait aucun scaphandre, respirait directement l’atmosphère terrestre et avait le même costume que lors de la rencontre de la lagune quinze jours auparavant.

Illustration fictive de Enrique Castillo qui se dirige vers le petit vaisseau cocon atterri une fois que Krisnamerck (Cyril) soit apparu à la porte ouverte de l’appareil.
Illustration fictive de Enrique Castillo qui se dirige vers le petit vaisseau cocon atterri une fois que Krisnamerck (Cyril) soit apparu à la porte ouverte de l’appareil.

Castillo monta l’escalier mais, au moment de tendre la main à Krisnamerck, celui-ci lui ordonna de s’immobiliser entre la dernière marche et la porte, que Castillo estima large d’environ un mètre et haute d’environ 1,60 m. Une intense lumière bleue ressemblant à un éclair enveloppa alors son corps des pieds à la tête. Pendant quelques secondes, sa peau et ses vêtements brillèrent fortement. Ciryl lui expliqua ensuite que cette opération était nécessaire. Castillo comprit qu’il s’agissait d’un système de nettoyage et de stérilisation utilisant une énergie désinfectante extrêmement rapide, différent du procédé employé lors de son premier embarquement.

À l’intérieur, Ciryl lui indiqua une chaise confortable. Deux hommes jusque-là inconnus sortirent alors d’une porte. Ils étaient petits, souriants et portaient des vêtements d’une seule pièce peu ajustés au corps, très différents de l’uniforme de Krisnamerck. Lorsque Castillo se leva pour les saluer, ils répondirent uniquement par une révérence et ne lui tendirent pas la main. Leur identité et leur origine doivent être poursuivies dans le lot suivant.

Ciryl répondit à la question laissée en suspens en identifiant les deux petits êtres comme des habitants de Mercure. Ils mesuraient environ 1,50 mètre, étaient chauves et avaient une peau brun clair très brillante, que Castillo compara à une peau huilée. Leur tête lui parut avoir une forme rappelant un avocat ; leurs yeux étaient grands mais proportionnés au visage, leurs oreilles normales, leur nez de type grec et leur menton nettement marqué. Malgré leur petite taille, leurs membres étaient harmonieusement proportionnés. Ils portaient une combinaison d’une seule pièce, pourpre ou violette, assez ample, à manches courtes, sans ceinture, ainsi que des chaussures sombres et mates. Ils se montraient souriants et communiquaient d’abord surtout par gestes.

Illustration fictive des êtres de Mercure vus par Castillo à son arrivée dans le petit vaisseau cocon.
Illustration fictive des êtres de Mercure vus par Castillo à son arrivée dans le petit vaisseau cocon.

Castillo fut profondément surpris, car ses connaissances de l’époque lui faisaient considérer cette planète comme impropre à la vie en raison de températures extrêmes et parce qu’il pensait qu’elle présentait toujours la même face au Soleil au cours de son orbite. Ciryl se contenta d’affirmer que Castillo serait étonné des civilisations qui y avaient fleuri, ajoutant que Mercure tournait sur son axe (note : elle ne présentait donc pas toujours la même face au Soleil, contrairement à ce que pensait Castillo, fait aujourd’hui établi par l’astronomie terrestre), puis annonça qu’ils se dirigeaient vers le « Vaisseau-Mère ».

Un des Mercuriens conduisit Castillo au premier étage et ouvrit un vestiaire contenant de nombreux vêtements. Par gestes, il l’invita à choisir une combinaison correspondant à sa taille. Le vêtement choisi paraissait trop petit, mais il s’étendit lorsqu’il l’enfila par-dessus ses habits et s’adapta parfaitement à son corps. Le Mercurien observa avec une grande curiosité Castillo utiliser un peigne dans ses cheveux. Des chaussures lui furent ensuite données ; elles s’élargirent elles aussi pour recevoir ses pieds puis s’ajustèrent sans le serrer.

Illustration fictive de Castillo mené par le mercurien au vestiaire pour enfiler une combinaison par-dessus ses vêtements et passer des chaussures.
Illustration fictive de Castillo mené par le mercurien au vestiaire pour enfiler une combinaison par-dessus ses vêtements et passer des chaussures.

Castillo rejoignit ensuite la salle de navigation du deuxième étage, située sous une coupole transparente qui n’était pas visible comme telle depuis l’extérieur. La pièce était petite et très simple, avec une table de commande semi-ovale, peu d’instruments, quelques boutons, un écran de taille moyenne et deux sièges. À travers la coupole, le ciel étoilé était largement visible. Un élément ressemblant à un énorme diamant à nombreuses arêtes émergeait d’un côté de la table, tandis que de nombreuses aiguilles associées à des caractères inconnus se déplaçaient dans des directions opposées.

Un Mercurien prit les commandes en manipulant quelques boutons situés à droite du tableau de bord. Lors d’une manœuvre, la base du vaisseau tourna tandis que la coupole restait immobile. Castillo ne perdit pas l’équilibre : il sentit parfois ses bottes adhérer au sol et éprouva seulement un léger fluide électrique parcourant son corps.

Illustration fictive de Castillo regardant le mercurien installé au tableau de bord de contrôle du vaisseau.
Illustration fictive de Castillo regardant le mercurien installé au tableau de bord de contrôle du vaisseau.

Le petit appareil s’éleva rapidement. Ciryl montra alors à Castillo le « Vaisseau-Mère », qu’il appelait également « Vaisseau amiral principal ». Castillo le décrit comme la plus grande chose qu’il eût jamais vue et lui attribue une forme générale de baleine. Une écoutille s’ouvrit sous l’immense appareil en diffusant une lumière intense. Sans intervention particulière visible des pilotes, le petit vaisseau donna l’impression d’être aspiré dans une sorte de tunnel, monta sous le vaisseau-mère et s’encastra silencieusement dans le logement de l’écoutille.

La coupole du petit vaisseau s’ouvrit automatiquement et un escalier se déploya. Ciryl et Castillo gagnèrent un couloir ascendant faisant office de rampe. Sur ses côtés se trouvait un rail étroit que Castillo supposa destiné à un petit chariot transportant des objets ou matériaux lourds.

Ils arrivèrent dans une salle entièrement métallique comportant plusieurs saillies formant des passages ou un dessin labyrinthique. Castillo y observa un symbole en relief : un serpent ailé enroulé autour d’un œuf, avec trois langues sortant de sa bouche et neuf grelots à la queue, l’ensemble étant placé à l’intérieur d’une forme de goutte d’eau avec un cristal dans sa partie inférieure. Castillo observa ce symbole à deux reprises le 18 novembre 1973 et qu’il tournait sur lui-même de gauche à droite.

Symbole du serpent ailé enroulé autour d’un œuf observé par Castillo. Dessin du Tome 1 des livres de Castillo. Une version en couleur sert de 1ère de couverture du Tome 2.
Symbole du serpent ailé enroulé autour d’un œuf observé par Castillo. Dessin du Tome 1 des livres de Castillo. Une version en couleur sert de 1ère de couverture du Tome 2.

Au centre de cette salle se trouvait une table métallique contenant de nombreux échantillons séparés en compartiments : roches, terre, sable, graines et fragments de végétation, identifiés par des signes que Castillo ne comprenait pas. Devant elle se trouvait un siège au dossier en forme de presque trois quarts de lune, capable de pivoter latéralement et de coulisser en ligne droite sur un rail.

Ciryl quitta momentanément la salle puis revint accompagné de quatre autres êtres, parmi lesquels Khrunula. Castillo les salua.

Illustration fictive de Castillo dans la salle avec la table métallique contenant les échantillons, le symbole au mur et les cinq Pléiadiens dont le commandant Khrunula en combinaison miel, alors que les autres sont en combinaison gris-plomb.
Illustration fictive de Castillo dans la salle avec la table métallique contenant les échantillons, le symbole au mur et les cinq Pléiadiens dont le commandant Khrunula en combinaison miel, alors que les autres sont en combinaison gris-plomb.

Discrètement Enrique Castillo informe Cyril qu’il a besoin d’uriner. Ciryl conduisit Castillo vers des toilettes intégrées au vaisseau-mère. En actionnant un levier, une tuyauterie évoquant une fleur de lotus sortit du mur et prit la forme d’un entonnoir. Pendant qu’il urinait, Castillo ressentit une aspiration accompagnée d’un liquide ambré ; il supposa que les déchets étaient acheminés ailleurs pour être désintégrés. Après usage, l’appareil diffusa un parfum inconnu donnant une impression de propreté puis se rétracta dans le mur.

De retour dans la salle, Castillo découvrit un nouvel être gigantesque, haut d’au moins trois mètres. Ciryl le présenta comme venant de Jupiter, plus précisément d’une lune-satellite jovienne. Il expliqua que deux satellites de Jupiter étaient habités, que les visiteurs y possédaient également des bases et que plusieurs races cohabitaient dans cette région après avoir surmonté d’anciennes frictions.

Le Jovien est un être gigantesque d’environ trois mètres, à la peau grisâtre, aux mains très velues terminées par de larges doigts en forme de spatule, au visage marqué par une bouche très large donnant l’impression d’un sourire permanent, et vêtu d’une combinaison gris plomb ornée de bandes de type militaire sur un bras.

Illustration fictive de Castillo dans la salle avec les cinq Pléiadiens rejoints par le géant jovien.
Illustration fictive de Castillo dans la salle avec les cinq Pléiadiens rejoints par le géant jovien.

Castillo sortit ensuite un stylo Parker pour prendre des notes, et les extraterrestres l’examinèrent avec curiosité, allant jusqu’à le démonter pièce par pièce. Ciryl lui montra en échange un dispositif d’écriture : un petit tube d’environ 12 à 13 cm de long et approximativement 12 mm de diamètre, relié à un câble mince et souple, utilisé sur une feuille ressemblant à du plastique transparent. Après une légère pression sur la tête du tube, le dispositif vibrait dans la main.

Invité à dessiner, Castillo pensa à un papillon. Il affirme que l’appareil reproduisit exactement son image mentale : un papillon coloré, parfaitement défini et visible en relief tridimensionnel, tandis que sa main se contentait de maintenir le petit tube contre le support. Il interpréta donc l’appareil comme un instrument capable de lire ou d’interpréter la pensée et de la convertir directement en image.

Castillo vit la porte coulissante s’ouvrir après une dizaine de minutes. Un nouvel être extrêmement petit, d’environ soixante centimètres, entra.

Le petit être apparu se déplaçait comme un automate en balançant son corps latéralement. Ses épaules très étroites donnaient à son dos une forme triangulaire se terminant par une taille extrêmement mince. Castillo aperçut sur son dos un symbole étrange. L’être traversa la salle puis disparut par une autre porte sans qu’aucune explication lui soit donnée. Castillo le considéra comme une sorte de robot présentant néanmoins certains caractères humains et eut l’impression qu’on le lui avait montré volontairement.

Illustration fictive du passage du petit être robotique dans la pièce sortant par une porte coulissante.
Illustration fictive du passage du petit être robotique dans la pièce sortant par une porte coulissante.

Les conversations se poursuivirent sans que Castillo soit autorisé à prendre la moindre note : il devait tout mémoriser. Comme il toussait régulièrement pour s’éclaircir la gorge, Ciryl lui demanda s’il avait subi une opération des amygdales. Castillo répondit qu’elles lui avaient été retirées en 1968. Ciryl jugea cette intervention néfaste, affirmant que des amygdales intactes étaient indispensables à la santé humaine.

Deux femmes pléiadiennes entrèrent ensuite dans la salle. Castillo fut fortement impressionné par leur beauté. Elles restèrent seulement deux ou trois minutes. L’une le salua en prononçant difficilement quelques mots dans sa langue, puis toutes deux quittèrent la pièce après une légère révérence.

Illustration fictive inspiré d’un dessin de femme Pléiadienne dans le Tome 1 des livres de Enrique Castillo.
Illustration fictive inspiré d’un dessin de femme Pléiadienne dans le Tome 1 des livres de Enrique Castillo.

Après plusieurs heures sans sommeil, Castillo reçut de la « manne » qui fit disparaître presque immédiatement sa faim et lui procura une agréable sensation de chaleur et de vigueur. Comme il souhaitait se reposer, les visiteurs lui montrèrent une longue salle contenant au moins trente capsules-lits transparentes ou vitreuses, munies de rembourrages confortables. Ciryl lui expliqua leurs commandes : certains boutons permettaient un mouvement de berceau, d’autres réglaient l’obscurité ou la clarté.

Au bout de la salle, Ciryl ouvrit une porte de cristal sombre donnant sur un compartiment individuel. Une capsule-couchette sortit du mur. Castillo remarqua encore l’absence d’angles droits aux jonctions des murs et du plafond, remplacés par des courbes ovales. La pièce était éclairée d’une lumière dorée douce et comportait un tableau représentant une créature verdâtre ailée se terminant en serpent, comparable à un dragon mythologique. Castillo pensait dormir trois heures mais se réveilla neuf heures plus tard.

Après son réveil, il poursuivit ses questions et s’adressa au commandant pléiadien Krhamier. Celui-ci lui demanda de cesser d’appeler les visiteurs « frères » et de les appeler simplement par leur nom. À la question de savoir quand la paix viendrait sur Terre et si les visiteurs pouvaient intervenir, Krhamier répondit que cette paix ne dépendait ni d’eux ni de ceux que les Terriens appelaient leurs avatars, mais de l’usage que l’humanité ferait des connaissances et de la « Loi » déjà transmises.

Krhamier affirma que ces connaissances avaient été données partout sur Terre au cours de l’histoire, par les enseignements conservés dans les livres sacrés, papyrus, traités anciens et traditions orales, ainsi que par différents « messagers » ou grands instructeurs de l’humanité.

Interrogé sur l’idée que l’homme descendrait directement du singe, Krhamier rejeta cette conception et qualifia d’erreur le fait de cataloguer l’homme comme un « animal rationnel ». Selon lui, l’être humain pourrait, par sa conduite, se rabaisser au niveau des bêtes ou, au contraire, s’élever jusqu’au niveau des « dieux ».

Castillo demanda ensuite comment faire reconnaître publiquement que l’humanité n’était pas seule dans l’Univers. Krhamier répondit que les scientifiques et sages terrestres devraient déjà supposer l’existence d’autres intelligences et connaître la valeur de nombreux témoignages d’OVNI, dont les auteurs auraient été ridiculisés, calomniés ou contraints au silence.

Krhamier affirma que certains gouvernements, militaires et scientifiques auraient exploité secrètement des accidents de vaisseaux explorateurs extraterrestres. Des corps sans vie auraient été récupérés et, dans certains cas, des survivants auraient été capturés et durement interrogés afin d’obtenir des connaissances scientifiques et des formules. Ces transferts auraient contribué, selon lui, à des progrès exceptionnellement rapides en électronique, informatique, médecine, génie génétique et dans d’autres domaines.

Il dit que le désir humain de découvrir et de rechercher des réponses est de nature génétique. Selon lui, lorsque l’homme atteindrait la connaissance de la « Loi », il disposerait des valeurs nécessaires pour utiliser correctement les connaissances supérieures, découvrir d’abord sa propre nature puis emprunter le chemin des étoiles.

Enfin, Krhamier contesta l’impossibilité des voyages interstellaires. Il affirma que leurs vaisseaux détectaient et empruntaient des « tunnels interspatiaux » contenant une énergie de « plancton », utilisée comme source d’alimentation pour atteindre des vitesses inconcevables pour les scientifiques terrestres. Il relia ces capacités techniques aux anciennes interprétations de leurs visites comme manifestations de « dieux » et annonça que leur présence sur Terre ne serait officiellement révélée qu’après la fin du siècle.

Lorsque Castillo se prépara à repartir, sa montre avait de nouveau cessé de fonctionner, comme lors de la première rencontre. Les visiteurs lui demandèrent de rendre l’uniforme et les bottes qui lui avaient été prêtés. Ciryl plaisanta en disant qu’ils lui laisseraient peut-être un jour l’un de ces costumes comme souvenir de leurs voyages et lui fit comprendre, selon Castillo, qu’il était alors l’unique visiteur de leurs vaisseaux.

Le vaisseau descendit au nord de Bogotá dans une zone arborée de pins et d’eucalyptus, à environ cinq cents mètres de la route du village de La Caro. Il se posa doucement à l’abri d’un grand groupe d’arbres. Castillo et Ciryl se séparèrent affectueusement ; Ciryl lui demanda de transmettre ses salutations au groupe et lui serra fortement les mains. Castillo demanda où se trouvaient les autres compagnons de Ciryl, qui répondit qu’ils étaient « en haut ».

Après être descendu, Castillo marcha vers la route tout en faisant des signes d’amitié. Les pattes du vaisseau se rétractèrent, l’écoutille se referma et l’appareil partit à grande vitesse, devenant à ses yeux comme une petite perle lumineuse se perdant au loin. Le jour se levait. Castillo manifesta sa joie en bondissant et en poussant un cri de victoire. Il estime avoir passé environ vingt-six heures avec les extraterrestres au cours de cette deuxième rencontre.

Photo prise de Enrique Castillo bondissant de joie suite à une rencontre avec les Pléiadiens, pris en photo de manière organisée pour une reconstitution de la scène.
Photo prise de Enrique Castillo bondissant de joie suite à une rencontre avec les Pléiadiens, pris en photo de manière organisée pour une reconstitution de la scène.

Après le deuxième contact physique, les communications se poursuivirent régulièrement. Elles ne provenaient pas toutes des mêmes interlocuteurs : Castillo et son groupe rapportèrent notamment des échanges avec les Pléiadiens, des Vénusiens, ainsi qu'à AXA, AX et OXO, qui dirent appartenir à une « Sixième Dimension ». Ces épisodes occupent une place importante, mais leurs enseignements détaillés relèvent des extraits thématiques consacrés aux groupes de contact, à la Sixième Dimension, aux prophéties et aux enseignements. Pour la chronologie du contact, leur fonction essentielle est de montrer la continuité des communications entre les rencontres physiques et la préparation progressive d'un rendez-vous avec les Vénusiens.

Dans la nuit du 13 mai 1974, lors d’une réunion chez Richard Deeb à Bogotá, Castillo reçut télépathiquement un message présenté comme provenant d’un vaisseau en mission. Le « Maître Sagesse » intervint d’abord, puis le commandant vénusien Yamaruck. Le Maître développa un enseignement centré sur l’immortalité de l’âme et de l’Esprit, l’inexistence du hasard, la relation universelle entre cause et effet et l’existence d’une Loi immuable. Il se présenta comme ancien non par l’âge mais par la connaissance, associa la grandeur à l’humilité et affirma que sa voix continuerait à se faire entendre face au retour des forces du mal.

Yamaruck intervint immédiatement après. Il avertit les membres du groupe contre le doute, l’opposition intérieure et le rejet des enseignements après les avoir reçus. Il les invita à rechercher ce qui élève l’âme, fortifie l’esprit et structure le mental, affirmant que le doute brise l’esprit et tue le mental. Castillo rapporte qu’après ce type de séance les participants restaient parfois silencieux et recueillis, ou discutaient longuement afin de faire mûrir les messages reçus.

Le 14 mai, un nouveau message du « Maître Connaissance » fut reçu dans le groupe, Castillo précisant qu’il se produisit par l’intermédiaire de Reina Zamudio. Le discours porta sur la Vérité, présentée comme inséparable de la Loi, indépendante des volontés humaines et impossible à emprisonner ou à dissimuler durablement. L’entité se définit successivement comme Loi, Absolu, Équilibre, Harmonie, Bonté, Sagesse et Amour.

Le message prit également une tonalité prophétique : il annonçait une séparation future des hommes, certains étant « pris » et d’autres « laissés », et évoquait un jour de jugement où personne ne pourrait se cacher devant la Vérité. Il affirma enfin que « l’homme fut depuis le commencement ET » et qu’il était, comme tel, soumis à la Loi. Interrogé directement sur son nom, le Maître refusa de donner une identité personnelle et répondit en substance qu’on pouvait l’appeler Sagesse, Amour ou Loi.

Castillo souligne l’effet psychologique considérable de ces communications sur les participants. Ils furent si bouleversés par certains messages qu’ils crurent même, à une occasion, que Jésus pouvait être leur auteur et qu’il cherchait à les fortifier face à de graves événements imminents pour la Terre et l’humanité. Castillo reconnaît qu’ils commencèrent ainsi à se considérer comme des privilégiés.

Après sa séparation avec Beatriz, alors que Castillo vivait déjà avec Gloria, une jeune femme de 25 ans membre de leur groupe de contacts psychiques, dans une petite maison à Bogotá, une communication reçue chez lui lui indiqua le lieu d’un prochain contact physique avec les Vénusiens. Yamaruck, Orhion et d’autres membres de l’équipage devaient être présents. Le rendez-vous fut fixé deux jours plus tard, à 5 heures du matin, en juillet 1974. Il décida cette fois d’emporter un magnétophone sans autorisation.

Le point de rencontre devait se trouver derrière Monserrate, lieu dominant Bogotá et connu pour son église du Señor de Monserrate. Castillo présente cette rencontre à venir comme l’un des moments les plus importants pour le groupe, qui éprouvait une profonde affection envers les interlocuteurs vénusiens.

Dans un message daté du 18 juillet 1974 et intitulé « Symbologie du devenir », Bharos se présenta comme délégué au commandement de l’unique vaisseau demeurant dans la ville pour continuer les communications et la préparation du groupe. Il annonça que le commandant Yamaruck avait quitté la planète, tandis qu’Orhion, Yaracka, Ourino, Ioninka, Rondhy et Bharos resteraient encore le temps nécessaire. Castillo fut convoqué pour une petite réunion à 2 heures du matin.

La parabole du Tigre et de l’Aigle reçue avant le départ fut interprétée par les membres du groupe comme une allusion géopolitique. Le Dr Eberto Cediel proposa d’identifier le Tigre à la Chine et l’Aigle aux États-Unis ; le groupe pensa que le message annonçait une guerre future dans laquelle la Chine attaquerait la Russie par surprise. Le Condor, seul oiseau présenté comme capable de disputer à l’Aigle la suprématie de ses territoires, fut identifié à l’Amérique du Sud. Castillo précise toutefois qu’ils laissèrent l’interprétation complète à de meilleurs connaisseurs.

À 2 heures du matin, Castillo reçut directement dans son cerveau l’indication de l’endroit exact où il devait se rendre. Les autres membres du groupe lui souhaitèrent bonne chance et convinrent de l’attendre à son retour chez Chela. Castillo se leva tôt, se protégea du froid de Bogotá avec une ruana et emporta le magnétophone qu’il avait décidé d’utiliser sans autorisation. Après avoir quitté Gloria à 4 heures, un premier chauffeur de taxi refusa de le conduire à destination ; un second accepta moyennant un supplément et le déposa sur la route périphérique.

Castillo gravit une petite colline d’où il pouvait apercevoir la montagne de Cruz Verde, Monserrate se trouvant derrière lui. Le rendez-vous était fixé à 5 heures. Assis sur un promontoire dans l’attente de l’aube, il entendit bientôt ce qu’il qualifie d’étrange « bruit silencieux » et vit le vaisseau arriver lentement à hauteur de la cime des arbres, sans pouvoir déterminer par où il avait pénétré dans la zone boisée.

Le vaisseau vénusien lui parut nettement plus petit que le vaisseau pléiadien : environ 16 mètres de longueur pour 4 mètres de hauteur, avec en son centre une cabine ou coupole d’aspect cristallin. Dans sa partie inférieure se trouvaient d’étranges anneaux qui s’écartèrent lorsque l’appareil ralentit. Son passage faisait bouger les cimes des arbres. À moins de trente mètres, Castillo mit son magnétophone en marche et entendit un sifflement qu’il compara au vent frappant des câbles électriques.

Le vaisseau descendit dans une clairière déterminée avec précision. Lorsque les anneaux inférieurs s’écartèrent, des pattes d’atterrissage ou de sustentation sortirent du ventre de l’appareil. Le bruit cessa. Une rampe-porte s’ouvrit et Castillo distingua d’abord seulement de petites jambes. Une invitation à s’approcher lui parvint alors directement au cerveau.

Il parcourut rapidement les trente mètres en appelant Yamaruck et Orhion. Plusieurs membres d’équipage l’attendaient à l’intérieur en demi-cercle. Castillo fut immédiatement surpris par leur petite taille : contrairement aux descriptions de Vénusiens de 1,70 à 1,75 m qu’il avait lues chez George Adamski, ceux-ci mesuraient environ 1,50 m tout en paraissant extrêmement humains.

Il monta par une rampe inclinée d’environ quatre mètres, faite d’un métal presque sableux et opaque. Son magnétophone avait cessé de fonctionner. Arrivé au niveau du plancher, il constata que les membres de l’équipage se ressemblaient énormément. Une salutation de bienvenue lui fut adressée dans un espagnol parfait.

Castillo salua successivement Ourino, Yaracka, Fhebo, Bharos et le commandant Yamaruck ; Orhion rejoignit ensuite le groupe. La rencontre avec Orhion fut particulièrement émotionnelle pour Castillo, qui l’étreignit et l’embrassa spontanément sur la joue. Orhion lui rendit ce geste tandis que les autres membres de l’équipage les observaient en silence et en souriant.

Dessin du visage du Vénusien Orhion dans le Tome 1 des livres de Castillo
Dessin du visage du Vénusien Orhion dans le Tome 1 des livres de Castillo

Yamaruck conduisit Castillo depuis l’entrée le long d’un couloir métallique vers une grande porte donnant, selon son orientation, vers le centre du vaisseau. Des fauteuils individuels rembourrés et confortables s’y trouvaient. Six membres d’équipage participèrent à la réunion. Castillo apprit que le vaisseau comptait au total seize membres d’équipage, répartis entre ses deux étages et la coupole et affectés à différentes fonctions. Contrairement à sa visite du vaisseau pléiadien, aucune source d’énergie ne lui fut montrée et il ne subit aucune procédure de « désinfection ».

La conversation se déroula en espagnol ; les Vénusiens affirmèrent pouvoir parler d’autres langues terrestres avec la même facilité. Ils discutèrent du groupe et des résultats des quelque six mois de communications continues commencées en décembre 1973. Ils expliquèrent appartenir à la même organisation stellaire que les Pléiadiens, ces derniers étant cependant beaucoup plus avancés dans de nombreux domaines. Des accords d’échange existeraient entre eux, sans que leur nature soit expliquée à Castillo.

Castillo estime que son contact à bord dura environ quarante minutes entre l’atterrissage et sa sortie. Rétrospectivement, il soupçonne que les Vénusiens soumettaient son groupe à une sorte d’expérience destinée à mesurer les réactions provoquées par des enseignements spirituels, messianiques et d’inspiration chrétienne. Il présente explicitement cette interprétation comme son propre soupçon, et non comme une explication donnée par les visiteurs.

Les Vénusiens l’avertirent qu’un gigantesque vaisseau devait arriver le mois suivant, en août, transportant un personnage très important destiné à rencontrer deux grands hommes terrestres « évolués » quelque part sur la planète. Castillo imagina alors qu’un événement planétaire comparable par sa gravité à la Seconde Guerre mondiale pourrait suivre, mais reconnaît que rien de tel ne se produisit.

Ils lui décrivirent également un panorama difficile pour l’humanité et lui firent comprendre que le temps des communications avec le groupe approchait de sa fin. Avant son départ, ils lui demandèrent de transmettre des salutations particulières au frère Quiroga et à son fils Javier, qui avaient réussi un temps à entrer dans leur « canal » sans parvenir à maintenir la communication.

Les visiteurs évoquèrent aussi l’enfant que Gloria portait. Ils avaient annoncé qu’il serait un garçon et qu’il naîtrait entre le 23 et le 25 décembre 1974. Gloria souhaitait lui donner le nom de Yamaruck et Castillo celui d’Orhion ; les deux Vénusiens autorisèrent l’utilisation de leurs noms et les parents décidèrent finalement de l’appeler Orhion Yamaruck.

Ils avertirent enfin Castillo qu’il devait surveiller davantage l’évolution du groupe parce que « quelque chose » menaçait son existence. Castillo pense rétrospectivement que cette situation conduisit les visiteurs à terminer leur plan plus tôt que prévu. Le vaisseau ne se déplaça jamais pendant les quelque quarante minutes de son séjour à bord.

Les adieux furent chaleureux et familiers. Après s’être suffisamment éloigné du vaisseau, Castillo le vit décoller et éprouva une profonde nostalgie, jusqu’aux larmes. Son magnétophone se remit alors à fonctionner : il enregistra des aboiements de chiens, puis Castillo dicta ses impressions sur la rencontre. Il resta quelque temps assis dans l’herbe pour retrouver son équilibre et sa lucidité.

Après le contact, Castillo téléphona chez Chela. Luís Enrique Cuellar vint le chercher et le conduisit auprès du groupe, où Maria Teresa, Marjorie et Richard notamment le félicitèrent. Il était environ 9 heures. Castillo raconta brièvement la rencontre et ils convinrent de se réunir le soir chez Maria Teresa pour écouter la cassette. De retour chez lui, il la fit d’abord entendre à Gloria : selon son récit, le sifflement et le « bruit silencieux » du vaisseau pendant l’atterrissage, ses pas sur les feuilles sèches et ses commentaires enregistrés après la rencontre étaient clairement audibles.

Vers midi après son retour, Castillo fut pris d’une fièvre qu’il évalue à 40 °C et ne put se rendre à la réunion du groupe. Un membre vint lui demander d’effacer de l’enregistrement le passage dans lequel il évoquait l’avertissement des Vénusiens concernant une situation interne au groupe. Castillo accepta, à condition que la situation ne se reproduise pas. Le soir, la cassette fut écoutée par le groupe puis disparut. Castillo affirme avoir appris plus tard qu’un individu avait tenté de la vendre à une revue pour 20 000 pesos.

Le 23 juillet 1974 vers 23 heures, alors que Gloria et Ana Maria dormaient sans rien percevoir, Castillo fut réveillé par une communication. L’entité ne s’identifia ni comme extraterrestre, ni comme maître, ni comme esprit élevé. Castillo la désigne simplement comme « la Voix ».

La Voix lui ordonna d’abord mentalement de quitter rapidement son lit, de gagner le petit salon et de prendre de quoi écrire. Une fois installé, faute de chaise et de table, Castillo s’assit par terre et posa ses feuilles sur le pouf de cuir. Il affirme alors que la communication changea de nature : la Voix n’était plus entendue dans son cerveau, mais comme une voix propre venant d’en haut, extrêmement forte à ses oreilles, sans pourtant réveiller Gloria ni Ana Maria.

La dictée dura approximativement de 23 heures à 3 heures du matin. La Voix ralentissait ou s’interrompait lorsque la main de Castillo devenait douloureuse. Il dut successivement chercher davantage de papier puis changer de stylo. Il affirme n’avoir jamais eu besoin de demander la répétition d’un passage. Certaines feuilles n’ayant pas été numérotées, il dut ensuite les remettre en ordre de mémoire.

L’ensemble représentait 39 pages manuscrites réparties en trois parties : « La Logique de la Logique », « Prophétie au pays du Nord du Sud » et « Les Fondements pour l’évolution humaine terrestre ». La première partie est présentée comme une synthèse de sagesse et de connaissances adaptée à la logique humaine pour favoriser son développement intellectuel et spirituel. Ces documents sont disponibles dans l’Extrait 6 plus bas dans l’article.

Treize jours avant la dictée de « La Logique de la Logique », Castillo vécut une expérience que les Frères Aînés appelèrent un « déplacement ». Le 11 juillet 1974 à 20 h 14, alors que neuf membres du groupe étaient présents, il reçut l’ordre de décrire en détail tout ce qu’il verrait et entendrait. Selon l’explication donnée, son esprit devait sortir de son corps par une « connexion » tout en restant pleinement conscient.

La vision le conduisit d’abord dans un passé extrêmement ancien où il observa des êtres presque humains lutter contre des créatures gigantesques, des catastrophes et les forces naturelles, puis développer progressivement l’union et l’intelligence nécessaires à leur survie. Il vit ensuite l’homme entrer dans une époque de temples, de symboles, d’hiéroglyphes et de transmission organisée du savoir.

Castillo se retrouva dans ce qui est appelé le Temple de Lan-Dak, vaste édifice comprenant notamment une nef orientale aux vitraux multicolores et une salle réservée aux initiés étudiant livres et parchemins. Un guide au crâne rasé, vêtu de rouge et portant un grand pectoral métallique, l’entraîna sous un mausolée de granit, au-delà d’un grand œil multicolore incrusté dans le sol et d’un couloir blanc fortement éclairé.

Au terme du parcours, il découvrit un autel sans image avec un disque doré suspendu, puis une pièce où un jeune homme vêtu de blanc, aux cheveux longs et barbu, était assis devant une table couverte de livres et de papiers. Son guide le désigna comme le « Désigné des siècles », le « Grand Œil », le « Juge » et « l’Étonnement des Temps ». Castillo ne fut pas autorisé à s’approcher davantage.

Avant son retour, Castillo est autorisé à consulter visuellement le « Grand Livre des Temps », grand volume blanc et doré couvert de symboles, dont une voix affirme qu’il contient l’histoire de l’homme et de la planète, les réincarnations et les mystères de la création. Sur le chemin de la sortie, il traverse encore plusieurs chambres secrètes où des initiés se prépareraient continuellement. La transmission s’achève lorsqu’il est ramené à sa place.

Castillo rapporte qu’au cours du déplacement sa respiration était devenue très lente et que, selon Vladimir, ses pulsations cardiaques s’étaient momentanément arrêtées. Le brusque allumage des lumières au terme de l’expérience lui causa un violent éblouissement ; une amie de Maria Teresa fit éteindre les lampes et l’aida à reprendre progressivement ses esprits.

Une nouvelle expérience commence à 20 heures par une concentration collective sur un point lumineux mental. Castillo retrouve le temple et parvient cette fois à lire son nom, « Lan-Dak », sur une pierre symbolique près d’une petite fontaine. À l’intérieur, une voix lui demande de retenir le nom « RAM-RI-DAM », présenté comme celui du Grand Maître lié à l’origine du temple, et lui ordonne d’effectuer des recherches sur sa vie et ses actes. La suite du deuxième déplacement se poursuit dans les pages suivantes.

La dernière partie de l’expérience donne la parole au personnage spirituel rencontré dans le temple. Celui-ci se présente par les notions de Vie, Amour, Savoir, Vérité et Pouvoir, parle de Vie Éternelle, du « bon berger » et de la transformation en « Homme nouveau », puis demande à Castillo de transmettre sa bénédiction au groupe. L’expérience s’achève sur une triple parole de paix.

Castillo refuse rétrospectivement de définir précisément ce phénomène. Il exclut pour sa part le voyage astral et le dédoublement, qu’il affirme connaître par d’autres expériences, et dit seulement que ce « déplacement » fut entièrement dirigé par les extraterrestres. Il rapporte avoir ressenti le froid, le vent, la chaleur du temple, l’encens, le contact des murs et les voix, sans pouvoir déterminer s’il avait réellement voyagé dans le temps vers le passé.

Le 26 août 1974, Castillo reçut un message attribué à Saamat Kamutt, un être extraterrestre se présentant comme venu sur Terre dans le cadre d’une mission particulière. Il affirma être venu spécialement pour s’entretenir avec deux hommes terrestres chargés de préparer le monde et d’établir les bases d’une future période de paix et de connaissance, rencontres qu’il situa les 20 et 23 août 1974. Saamat Kamutt inscrivait son intervention dans un plan beaucoup plus vaste auquel participaient sa planète, sa race et de nombreux êtres de l’Univers. Cette communication marque la poursuite des expériences de Castillo après celle de Lan-Dak et avant les nouveaux contacts physiques de la fin de l’année.

Alors qu’il séjourne à l’Hôtel Lincoln de Caracas pour donner des cours, Castillo reçoit à 23 heures, dans la nuit du 23 décembre, une nouvelle communication extraterrestre. Ses interlocuteurs lui ordonnent de se rendre à l’aube dans un lieu précis. Il dispose alors de très peu de temps pour organiser son déplacement. Le récit de ce contact se poursuit dans les pages suivantes.

À la suite de la communication reçue à 23 heures, Castillo avertit la réception de son hôtel qu’il devait partir à 3 heures du matin. Les extraterrestres lui avaient demandé de ne prendre ni appareil photographique ni magnétophone et l’avaient prévenu qu’il pourrait rester absent jusqu’à cinq jours. Peu avant 3 heures, il prit un taxi en direction d’El Junquito, lieu touristique situé avant la Colonia Tovar, à environ 25 kilomètres de Caracas. Après avoir quitté le taxi à 4 h 11, il marcha encore environ un demi-kilomètre dans le froid jusqu’au lieu indiqué.

À l’heure convenue, un vaisseau apparut à quelques mètres du sol. Castillo le décrit comme une soucoupe volante typique de six à sept mètres de longueur pour environ trois mètres de hauteur, coupole comprise, parfaitement symétrique, silencieuse et animée d’un léger balancement. L’engin s’immobilisa à une quarantaine de mètres ; un trépied descendit, puis une petite échelle apparut. Ciryl descendit et lui fit signe d’approcher. Castillo consulta sa montre : il était 4 h 27 le 24 décembre 1974.

À bord se trouvaient Ciryl, Khrunula et un troisième navigateur dont Castillo ne parvient pas à se rappeler le nom. Ciryl lui annonça qu’ils se rendaient dans une base des Andes où lui serait communiquée une information promise plusieurs mois auparavant. Le vol n’aurait duré qu’environ vingt minutes pour parcourir, selon Castillo, des milliers de kilomètres. Il dit n’avoir ressenti aucun mouvement ni malaise et remarque qu’il ne fut pas « atomisé » comme lors de ses deux voyages précédents.

Au même moment à Bogotá naissait son premier enfant avec Gloria. Castillo ne l’apprit que plus tard : Orhion Yamaruch naquit à 4 h 33 le 24 décembre 1974. Il se rappela pour cette naissance d’une annonce antérieure d’Orhion selon laquelle l’enfant naîtrait entre le 23 et le 25 décembre.

À travers l’écran du vaisseau, Castillo aperçut les Andes puis des constructions sur le sommet d’une montagne. Ciryl lui indiqua que les habitants appelaient ce lieu le « Vortex des Andes ». Selon lui, exactement 318 personnes y vivaient alors : individus et familles entières contactés au cours des années et amenés volontairement pour y vivre, travailler, étudier et recevoir des enseignements. Ils seraient préparés à aider l’humanité lorsque certains grands événements surviendraient.

Le site était présenté comme situé à environ 3 200 mètres d’altitude entre deux grandes montagnes qui le protégeaient naturellement des bourrasques et des gelées, et également appelé « Haut-Pérou ». Castillo estima plus tard, à partir de renseignements recueillis, qu’il devait se trouver plus près du territoire bolivien que du Pérou. Avant le lever du jour, le vaisseau se posa sur une plateforme qui glissa à l’intérieur de la montagne et pénétra dans un tunnel horizontal.

Après l’atterrissage, des humains ordinaires procédèrent à un examen médical sommaire de Castillo : cœur, pouls, poumons, réflexes, vue et ouïe. Un bracelet jaune fut d’abord placé à son poignet gauche, puis remplacé par un bracelet vert après qu’une erreur eut été constatée. Il apprit que cette couleur déterminait le type d’alimentation qui lui serait réservé. Il fut ensuite conduit à un dortoir installé dans une grande construction de bois ressemblant à une cabane canadienne.

Au petit déjeuner, vers 6 h 45, Castillo découvrit qu’il n’était pas seul. D’autres personnes arrivèrent progressivement : 24 contactés provenant de dix-neuf pays furent finalement réunis, dont onze Latins, et une seule femme sur les 24. Pour des raisons de discrétion, ils se présentèrent uniquement par leur pays d’origine, sans donner leurs noms.

Les bracelets de couleur servaient à attribuer à chacun des aliments préparés en fonction de sa zone géographique et de son adaptation à l’ionisation et à l’altitude. Certains participants reçurent de l’oxygène à leur arrivée. Castillo ressentit légèrement le « soroche » (note : mal des montagnes provoqué par l’altitude et le manque d’oxygène). Le petit déjeuner comprenait notamment du lait tiède qu’il crut être du lait de chèvre, du pain au miel et aux raisins secs ainsi que des petits pains frais.

Quatre instructeurs encadraient le groupe. Le premier expliqua que chaque participant recevrait des informations réservées, à transmettre avec prudence. Des événements graves de plusieurs ordres devaient selon eux affecter progressivement la planète et ses habitants. Castillo précise volontairement ne pas énumérer toutes les calamités annoncées. Certaines informations furent retenues et ne devaient être communiquées personnellement qu’en cas d’urgence, la décision finale appartenant apparemment aux Pléiadiens. L’instructeur communiquait avec eux par une technique appelée « induction télépathique », acquise après de longues années d’apprentissage.

Le lendemain de la dictée du « Plan A » (à voir dans l’Extrait 2 plus bas dans l’article), les vingt-quatre contactés sont conduits par un passage souterrain vers une vallée du Vortex. Ciryl, Khrunula et deux autres extraterrestres les accompagnent. À la sortie se trouvent quatre petits vaisseaux polis suspendus à huit ou dix mètres du sol. Toute la population de la communauté se rassemble ensuite devant une entrée creusée dans la roche.

Un homme en sort après un signal de l’instructeur. Son apparence rappelle immédiatement à Castillo et à ses compagnons les représentations de Jésus, mais il déclare ne pas être celui qu’ils imaginent. Castillo le décrit âgé d’environ trente-sept ans, barbu, vêtu d’une tunique brun clair et de sandales.

Le personnage se présente comme porteur de « mille noms », « Ancien » par la connaissance et « Sagesse », affirmant manier trente-cinq pour cent de la sagesse universelle. Son discours se construit autour de la connaissance, de la conscience, de la Loi, de la vie, de la paix et de l’amour. Castillo précise que sa restitution n’en respecte pas nécessairement l’ordre original.

Castillo reste profondément marqué par l’homme, qu’il nomme ensuite « Maître Sagesse », mais souligne que de nombreuses questions demeurent sans réponse, notamment son identité réelle, son rapport avec les extraterrestres et le rôle précis des vingt-quatre contactés.

Du 29 au 31 janvier 1975, Enrique Castillo affirme retourner pour la seconde fois au « Haut-Pérou » ou « Vortex des Andes », moins de cinq semaines après son précédent séjour du 24 au 26 décembre 1974. Il ne sait pas encore qu'il s'agit de son cinquième et dernier contact physique avec les Pléiadiens.

Castillo situe le point de départ de ce nouveau voyage sur le territoire vénézuélien, entre El Junquito et le village de Carayaca. Il ne donne pas le récit détaillé de sa prise en charge le 29 janvier : contrairement au contact du 24 décembre, il ne donne ni heure précise de rendez-vous, ni description de l'arrivée du vaisseau, ni durée du trajet jusqu'aux Andes. Castillo explique ce qui se passe quand il se trouve déjà installé dans une chambre du Vortex. Il précise néanmoins explicitement qu'il y effectue alors sa seconde visite et que le séjour s'étend du 29 au 31 janvier.

Le 30 janvier, à 6 heures du matin, Castillo est réveillé par un léger coup frappé à la porte de sa chambre. L'« Instructeur Quatre » lui souhaite le bonjour et lui demande de le suivre jusqu'à un petit salon. Plusieurs autres contactés y sont réunis ; deux autres arrivent ensuite, portant leur nombre à six. Parmi eux se trouve Eallyne, l'unique femme du groupe. Castillo remarque qu'il est le plus âgé des six et que ses compagnons paraissent mieux maîtriser leur nervosité que lui.

L'instructeur leur annonce alors qu'ils ont été sélectionnés pour être conduits dans une base extraterrestre située au fond de la mer. Il leur explique que cette visite répond à une affaire jugée particulièrement importante et que la base aurait été construite par les Pléiadiens avec une autre « Race » de très nombreuses années auparavant (il n’est pas précisé quelle autre race). Un petit déjeuner leur est servi, composé de thé de fleurs chaud, de pain fraîchement cuit et d'un fruit tropical.

Les six visiteurs empruntent ensuite un couloir souterrain éclairé par une lumière intégrée sous des dalles transparentes, donnant à Castillo l'impression de marcher en plein soleil. Après environ cent mètres, ils débouchent dans un cratère artificiel d'environ deux cents mètres de circonférence, aménagé dans la montagne. Castillo précise qu'il s'agit d'un autre tunnel que celui emprunté lors de son séjour de décembre.

À proximité de la sortie du tunnel, Castillo observe six petits vaisseaux circulaires, identiques, d'environ sept ou huit mètres de longueur pour trois mètres et demi de hauteur, suspendus silencieusement à quelque six mètres au-dessus du sol. Leur surface métallique est parfaitement lisse, sans rivets ni raccords visibles, avec une petite coupole. Avec l'autorisation de Ciryl, appelé Krhisnamerck de son vrai nom, les visiteurs passent leurs mains sous les appareils pour tenter de comprendre ce qui les maintient en suspension. Ils ne trouvent rien et n'entendent aucun bruit ; Castillo ne ressent qu'une légère sensation électrique dans les poils de ses bras.

Un autre vaisseau approche alors avec une légère oscillation et se pose à une vingtaine de mètres, sur un trépied sorti de sa partie inférieure. Une petite échelle apparaît et un membre d'équipage en descend pour les accueillir. Les extraterrestres portent des combinaisons couleur moutarde, légères et ajustées au corps. Eallyne monte la première, puis les cinq hommes la suivent.

À l'intérieur, ils prennent place sur des sièges disposés en demi-cercle devant une grande surface panoramique. Avec Ciryl et le pilote, ils sont huit à bord. Castillo estime cette fois l'appareil à environ seize mètres de longueur et six mètres de hauteur. Sa coque lui paraît constituée d'un alliage métallique extrêmement lisse, différent de celui du grand vaisseau qu'il avait touché lors de sa première rencontre du 3 novembre 1973.

Ciryl salue Castillo d'une petite tape amicale dans le dos et lui demande des nouvelles du groupe de Bogotá. Les visiteurs reçoivent pour seule consigne de pouvoir parler librement de ce qu'ils voient, mais de ne pas quitter leur siège sans autorisation. Le vaisseau s'élève presque verticalement, silencieusement et sans que ses occupants ressentent de mouvement. La coupole révèle alors une vaste fenêtre panoramique et les Andes s'éloignent rapidement sous leurs yeux.

Environ dix minutes après le départ, Ciryl annonce qu'ils se trouvent au-dessus de l'océan Pacifique et qu'ils approchent de la fosse des Mariannes. Castillo remarque devant lui un écran couvert de symboles et d'une écriture qu'il compare à des runes anciennes, ainsi qu'un tableau de bord comportant de nombreux boutons et voyants.

Illustration fictive inspirée d’un dessin du vaisseau dans lequel Castillo voyage avec ses compagnons et les Pléiadiens, survolant la mer pour aller vers la base de la fosse des Marianes. Dessin d’inspiration provenant du Tome 1 des livres de Castillo.
Illustration fictive inspirée d’un dessin du vaisseau dans lequel Castillo voyage avec ses compagnons et les Pléiadiens, survolant la mer pour aller vers la base de la fosse des Marianes. Dessin d’inspiration provenant du Tome 1 des livres de Castillo.

Le vaisseau entame brusquement une descente vertigineuse vers l'océan. L'appareil s'incline et paraît foncer directement sur la surface. Castillo et ses compagnons pensent qu'ils vont s'écraser, mais au dernier moment l'eau semble s'écarter devant le vaisseau, qui pénètre dans le Pacifique sans choc perceptible. Malgré l'inclinaison extérieure de l'appareil, ses occupants ne ressentent aucun basculement.

Durant la descente, Castillo affirme constater que l'eau elle-même ne touche pas la coque. Ciryl lui explique qu'un champ d'énergie repousse le milieu liquide, supprimant le frottement et empêchant la pression des grandes profondeurs d'écraser l'appareil. L'obscurité des profondeurs laisse bientôt place à une zone fortement éclairée au fond de la mer.

Ciryl affirme alors qu'ils pénètrent dans l'un des endroits les plus profonds de la Terre et dit à ses passagers qu'aucun Terrien n'aurait jamais atteint cette profondeur. Castillo ajoute toutefois lui-même, dans une note rédigée ultérieurement, que le chercheur Timothy Good lui fit remarquer l'erreur de cette affirmation : Jacques Piccard et Don Walsh avaient déjà atteint environ 10 917 mètres dans la fosse des Mariannes en 1960. Castillo avait estimé la profondeur de la base à environ 5 000 mètres.

Au fond apparaît une immense coupole éclairée, dont Castillo dit ne pouvoir apprécier les dimensions. Autour du vaisseau, il aperçoit des poissons inconnus, de la végétation marine et de petits arbustes. L'appareil contourne une partie de la structure puis se dirige vers une grande ouverture en forme d'« œil ». Celle-ci s'ouvre pour le laisser pénétrer.

Le vaisseau se pose sur une sorte de rail d'aspect hydraulique. L'eau ayant pénétré dans le sas est rapidement évacuée, puis l'appareil et ses occupants subissent momentanément une étrange sensation de vide, dont Ciryl les avait prévenus. La porte s'ouvre enfin et les six contactés descendent l'un après l'autre.

Illustration fictive inspirée d’un dessin d’artiste de l’entrée du vaisseau dans la base de la fosse des Marianes. Dessin inspirée d’après Tome 1 des livres de Castillo.
Illustration fictive inspirée d’un dessin d’artiste de l’entrée du vaisseau dans la base de la fosse des Marianes. Dessin inspirée d’après Tome 1 des livres de Castillo.

Le paysage intérieur surprend Castillo : arbres, plantes, grandes fougères, chemins, murs translucides semblables à du cristal, constructions associant ce qui lui paraît être du granit et du métal, lumières douces et espaces très ouverts. Certaines plantes, leur explique-t-on, produisent de grandes quantités d'oxygène pur. Le sol est parsemé de particules métalliques brillantes provenant de métaux trouvés dans les fonds marins et broyés afin de solidifier le terrain.

Les visiteurs sont conduits dans un bâtiment du complexe et attendent dans une salle confortable. Une ouverture apparaît bientôt dans un mur transparent et un jeune homme entre. Castillo le décrit avec une abondante chevelure presque jaune tombant jusqu'aux épaules, un visage exprimant à la fois intelligence et sérénité et une combinaison bleu clair portant, à hauteur du cœur, des signes dont il ignore la signification. La manière respectueuse dont Ciryl et son compagnon le saluent lui fait comprendre qu'il possède un rang élevé : on leur précise qu'il est le responsable de la base.

Celui-ci explique aux six visiteurs qu'ils ont été amenés là parce que la Terre serait menacée à la fois par de puissantes « forces obscures » et par la possibilité de grands bouleversements naturels. Leur présence aurait également une autre signification, qu'ils ne doivent pas encore connaître.

Son exposé porte longuement sur l'état de la planète : diminution de la couche d'ozone, pollution de l'eau, déforestation, disparition d'espèces, maladies et virus liés aux déséquilibres écologiques, manipulations génétiques, guerres, armes de destruction massive, essais nucléaires, pollution atmosphérique et dérèglements climatiques. Il évoque comme conséquences possibles des séismes, mouvements géologiques, raz-de-marée, ouragans, inondations, pluies incontrôlables, sécheresses, froids et chaleurs extrêmes, auxquels pourraient s'ajouter des perturbations de l'activité solaire.

Il leur demande néanmoins de ne pas jouer les prophètes ou les « sauveurs » en annonçant publiquement ces catastrophes. Ils doivent faire preuve de prudence et, s'ils choisissent d'utiliser l'information reçue, tenter d'abord de la transmettre à leurs gouvernements. Selon lui, les extraterrestres pourraient résoudre certaines de ces difficultés, mais les changements fondamentaux doivent venir de l'humanité elle-même.

Avant de prendre congé, il déclare que l'esprit humain possède un « héritage stellaire », affirme que les visiteurs extraterrestres devront un jour se montrer ouvertement à l'ensemble de la planète, et rappelle que ce sont les hommes eux-mêmes qui doivent réaliser leur transformation. Il salue chacun des six visiteurs en lui touchant fraternellement l'épaule.

Ciryl leur annonce ensuite qu'ils sont autorisés à découvrir certaines activités de la base. Castillo remarque de grands conduits reliés à de jeunes volcans sous-marins. Selon Ciryl, ils permettent de récupérer leur chaleur et d'utiliser cette énergie dans les bâtiments du complexe.

Ils pénètrent ensuite dans un vaste bâtiment consacré à la nourriture des équipages et des travailleurs. Castillo y voit des humains travaillant aux côtés de robots. D'immenses huîtres et palourdes sont traitées : seule leur chair est retirée, tandis que la partie vivante permettant leur reproduction est replacée dans de vastes zones aquatiques afin qu'elles se développent de nouveau. Castillo reconnaît certains robots comme semblables à celui qu'il avait observé lors de son contact du 19 novembre 1973.

Les spécialistes de l'alimentation sont des sortes de diététiciens spatiaux. Ils mélangent des aliments naturels avec de la chlorophylle, des vitamines, des minéraux et d'autres nutriments sous forme de capsules, tout en consommant également des aliments propres à leurs planètes d'origine. Les extraterrestres cultivent par ailleurs sur Terre les fruits et légumes nécessaires à leur alimentation. Les travailleurs humanoïdes de cette base sont remplacés tous les trois mois, afin d'éviter d'éventuelles perturbations physiologiques provoquées par un séjour trop prolongé dans cet environnement.

Ciryl révèle ensuite que certaines de leurs bases terrestres doivent être prochainement évacuées et reconstruites dans des lieux plus sûrs, car les progrès de l'exploration scientifique humaine augmentent le risque de découverte accidentelle.

Si une puissance terrestre découvrait et attaquait l'une de ces installations, les extraterrestres pourraient déclencher une sorte de « rideau d'invisibilité » électromagnétique neutralisant les armes adverses. Ciryl reconnaît que les effets pourraient être mortels pour les attaquants mais assure qu'ils ne chercheraient pas à engager le combat ; cette mesure servirait uniquement à protéger les occupants, les installations et surtout des instruments dont une manipulation humaine imprudente pourrait entraîner de graves conséquences.

La visite se poursuit à travers un environnement comprenant des fougères, des plantes aux feuilles géométriques, des arbres et même des oiseaux au plumage exotique. Ciryl explique que ces végétaux contribuent notamment à produire de l'oxygène et à maintenir l'équilibre artificiel de la base.

Un autre extraterrestre vient alors rencontrer le groupe. Il se distingue des précédents par ses cheveux foncés et s'adresse aux visiteurs par télépathie. Selon lui, les études effectuées depuis de très nombreuses années sur la structure de la Terre indiquent que les mouvements telluriques profonds devraient devenir plus fréquents et peut-être plus intenses, pouvant réactiver certains volcans et provoquer des catastrophes dans diverses régions. Il précise toutefois qu'il ne s'agit pas d'une prédiction dont la date ou l'ampleur pourraient être établies avec exactitude.

Castillo remarque à proximité plusieurs chemises de documents, identifiables par des rubans de couleur et portant des signes ou symboles. Un autre personnage entre ensuite et remet à leur interlocuteur des documents faits d'un matériau que Castillo compare à du plastique. Cette scène complète ce qu'il avait déjà indiqué durant le séjour du 29 au 31 janvier, des rapports, messages et documents leur furent effectivement remis au Haut-Pérou.

Le nouvel interlocuteur insiste sur la difficulté de transmettre ces informations. Les six contactés pourraient tenter de prévenir leurs gouvernements, mais il reconnaît que ceux-ci risquent de ne pas les croire et leur laisse explicitement la possibilité de refuser cette démarche. Il affirme également qu'un temps viendra où les extraterrestres devront se montrer ouvertement, et que les religions finiront progressivement par accepter leur présence et leur intervention passée dans l'histoire humaine.

Il leur parle enfin d'une « autre force » extraterrestre, opposée aux Frères Aînés, qui chercherait à influencer et manipuler certains secteurs de la société terrestre au moyen du pouvoir, de l'argent et d'informations trompeuses. Il rapproche cette situation du destin d'anciennes civilisations qui auraient reçu une connaissance supérieure mais auraient finalement succombé au désordre et à la recherche du pouvoir.

Après leur avoir demandé de rester forts face aux difficultés à venir, l'extraterrestre prend congé. Ciryl reçoit alors l'ordre de ramener les visiteurs. Ceux-ci rejoignent leur vaisseau, déjà préparé pour le départ. Le sas se remplit de nouveau et l'appareil se libère du système qui le maintenait dans la base avant de repartir sous l'eau.

Avant de remonter, Ciryl leur fait effectuer un tour autour du complexe. Castillo observe une dernière fois la construction éclairée dans les profondeurs, puis la voit progressivement disparaître derrière eux. L'eau continue selon lui de s'écarter autour du vaisseau. L'appareil remonte finalement à la surface sous un soleil éclatant.

Castillo précise que la visite de la base sous-marine elle-même dura environ deux heures. Le séjour complet au Vortex, lui, s'étendit du 29 au 31 janvier 1975.

Il n’y a pas de précision concernant les dernières heures du 30 janvier, la journée du 31 ni le trajet exact qui ramène Castillo du Vortex au Venezuela. Il indique seulement que le contact s'achève le 31 janvier 1975.

Castillo situe la fin de l’ensemble de ses communications et rencontres au 17 février 1976, après environ deux ans et demi de contacts. Ce jour-là, vers 17 heures, il se trouvait dans son bureau de l’I.C.I.F.E. et se préparait à donner une conférence publique. Sa secrétaire, Colombia de Mondragón, venait de quitter momentanément les locaux pour aller chercher du café lorsqu’un appel téléphonique arriva.

Une voix lui demanda d’écouter attentivement. Castillo crut d’abord à une plaisanterie de son ancien associé Isidro Contreras, qui avait l’habitude de l’appeler en imitant un « Martien ». Il répondit grossièrement et raccrocha. Le téléphone sonna cependant immédiatement, avec une rapidité qui lui parut incompatible avec la recomposition normale du numéro et avec une sonnerie qu’il trouva différente.

La voix lui demanda cette fois de ne pas raccrocher et lui annonça que les communications prenaient fin. Son interlocuteur lui dit qu’ils sauraient où le trouver s’ils avaient de nouveau besoin de lui, qu’ils connaissaient ce qu’il avait entrepris et lui souhaitaient du succès. Ils lui recommandèrent d’utiliser avec prudence ce qu’il avait vu et appris et affirmèrent avoir confiance en lui avant de prendre congé.

Castillo resta incapable de répondre et raccrocha profondément bouleversé. Sa secrétaire revint presque immédiatement et, voyant son visage pâle et défait, lui apporta de l’eau. Castillo présente cet appel comme la rupture nette mettant fin aux communications et rencontres menées avec lui et le groupe par les extraterrestres des Pléiades.

Il estime rétrospectivement que les cinq rencontres physiques totalisèrent environ 112 heures, auxquelles s’ajoutèrent près de cent messages et environ 240 heures de contacts télépathiques. Cette fin brutale lui donna pendant un temps le sentiment d’avoir été abandonné ou d’avoir commis une faute. Il se rappela ensuite que les visiteurs l’avaient auparavant averti de cette cessation.

Apparence des habitants

Les Pléiadiens rencontrés physiquement par Enrique Castillo sont décrits comme des êtres d’apparence entièrement humaine et de type nordique, au point que certains peuvent vivre parmi les Terriens sans attirer l’attention. Les hommes observés par Castillo mesurent généralement environ 1,75 à 1,80 mètre. Leur silhouette est élancée et harmonieusement proportionnée, sans musculature particulièrement développée.

Leur peau est très blanche, extrêmement lisse, fine et délicate, comparable par Castillo à celle d’un enfant. Il ne remarque ni rides, ni taches ni grains de beauté. Cette peau paraît également particulièrement sensible au soleil : lorsqu’il vivait sous l’identité de Ciryl Weiss à Caracas, Krisnamerck expliqua à Castillo que le soleil, le vent et l’eau salée pouvaient l’endommager.

Les hommes ont généralement les cheveux blond doré ou jaune très clair, assez longs et pouvant descendre jusqu’aux épaules. Le front est large, les pommettes peuvent être légèrement saillantes et le bas du visage se termine par un menton droit. Les oreilles sont de forme humaine et bien proportionnées. Castillo insiste à plusieurs reprises sur la beauté et la régularité de leurs traits.

Krisnamerck, que Castillo avait connu auparavant sur Terre sous le nom de Ciryl Weiss, constitue la description individuelle la plus précise. Il mesure environ 1,78 à 1,80 mètre. Ses cheveux sont jaunes et descendent jusqu’aux épaules ; ses yeux sont d’un bleu profond, légèrement étirés dans une forme que Castillo qualifie d’un peu asiatique. Il possède des pommettes saillantes, un nez très droit, une bouche fine presque dépourvue de lèvres et une dentition parfaitement régulière. Castillo remarque qu’au moment de la révélation de son identité extraterrestre, ses traits lui paraissent légèrement différents de ceux qu’il lui connaissait lorsqu’il vivait à Caracas.

Illustration fictive de Cyril Weiss, en fait le Pléiadien Krisnamerck selon la description de Castillo
Illustration fictive de Cyril Weiss, en fait le Pléiadien Krisnamerck selon la description de Castillo

Leurs mains sont également d’apparence humaine. Castillo les décrit comme blanches, douces et soyeuses, avec des doigts légèrement plus longs que ceux des Terriens. Ils ne portent généralement pas de gants lorsqu’ils se trouvent à bord.

Les femmes pléiadiennes possèdent la même grande taille que les hommes, Castillo estimant celle des deux femmes qu’il observa à environ 1,75 mètre. Il les décrit comme extrêmement belles, avec une silhouette très féminine et harmonieuse et de longs cheveux dorés. L’une d’elles avait les cheveux parfaitement lisses, passant par une sorte de boucle placée sur chacune des épaules avant de retomber presque jusqu’à la taille. Leurs visages lui parurent entièrement humains.

Illustration fictive d’une Pléiadienne comme vue à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.
Illustration fictive d’une Pléiadienne comme vue à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.

Les tenues varient selon les situations et probablement selon les fonctions des membres d’équipage. Lors du premier contact physique, certains Pléiadiens portent une combinaison gris plomb mate, sans éclat, associée à des bottes orange ou couleur mandarine. Lorsqu’ils interviennent à l’extérieur du vaisseau, cette combinaison est complétée par un casque à visière transparente relié à un dispositif dorsal.

À bord, Castillo observe également des combinaisons argentées et d’autres de couleur « miel brûlé ». Lors d’une démonstration réunissant douze membres d’équipage, huit portent du gris plomb et quatre, dont le commandant Krhamier, la couleur miel brûlé. Le texte montre donc clairement plusieurs couleurs d’uniformes, mais n’explique pas suffisamment leur signification pour conclure avec certitude à un système hiérarchique.

Les femmes portent elles aussi des vêtements ajustés épousant la silhouette. Castillo ne fournit cependant pas assez d’éléments pour établir si leur tenue est identique à celle des hommes ou propre aux femmes.

Le récit de Castillo ne se limite pas aux Pléiadiens. À bord du vaisseau-mère et durant ses autres rencontres, il affirme avoir observé plusieurs autres types d’êtres dont l’apparence diffère fortement.

Deux êtres lui sont présentés comme originaires de Mercure. Ils mesurent environ 1,50 mètre et sont beaucoup plus petits que les Pléiadiens. Ils sont entièrement chauves et possèdent une peau brun clair, très brillante, qui donne à Castillo l’impression d’avoir été enduite d’huile.

Leur tête présente une forme inhabituelle que Castillo rapproche plus loin de celle d’un avocat. Leurs yeux sont grands mais restent proportionnés au visage. Le nez est droit, de type « grec », les oreilles sont semblables aux oreilles humaines et le menton est fortement marqué. Malgré leur petite taille, leurs membres et leur corps sont harmonieusement proportionnés.

Ils portent une combinaison pourpre ou violet vif, d’une seule pièce et relativement ample, avec des manches courtes laissant voir leurs bras brillants. La tenue ne comporte pas de ceinture. Ils portent des chaussures sombres et mates et n’ont pas de gants.

Illustration fictive d’un Mercurien comme vu à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.
Illustration fictive d’un Mercurien comme vu à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.

Castillo rencontre également un être gigantesque présenté comme appartenant à une race vivant sur une lune de Jupiter. Il estime sa taille à au moins trois mètres. Malgré cette stature exceptionnelle, le corps est humainement proportionné.

Sa peau est grisâtre. Ses mains sont très velues et ses doigts, normalement constitués à leur base, s’épaississent vers leur extrémité jusqu’à prendre une forme que Castillo compare à une spatule. Sa bouche est très large et donne au visage une expression ressemblant presque continuellement à un sourire. Castillo remarque également une odeur particulière émanant de lui.

Il porte une combinaison gris plomb ainsi que des bandes de type militaire sur l’un de ses bras.

Illustration fictive d’un Jovien comme vu à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.
Illustration fictive d’un Jovien comme vu à bord par Castillo, d’après un dessin du Tome 1.

À bord du vaisseau-mère, Castillo aperçoit brièvement un autre personnage particulièrement étrange, dont l’origine n’est pas expliquée. Il mesure seulement environ 60 centimètres.

Sa tête est très grosse par rapport au corps et laisse apparaître d’impressionnantes circonvolutions cérébrales, certaines zones du crâne paraissant constituées d’un matériau transparent semblable à du cristal. Ses yeux sont saillants. Les épaules sont extrêmement étroites et le dos forme une sorte de triangle se rétrécissant jusqu’à une taille très fine.

Il se déplace comme un automate en balançant son corps d’un côté à l’autre. Castillo le qualifie finalement de « sorte de robot » possédant certaines caractéristiques humaines, sans que les Pléiadiens lui fournissent davantage d’explications.

AXA, OXO et AX constituent un cas totalement différent : ils déclarent ne pas posséder de corps physique. AXA demande à Castillo d’imaginer leur apparence comme un très bel œil bleu clair, transparent, sans cils, flottant dans les airs.

Au cours d’une expérience dans l’obscurité, les membres du groupe disent apercevoir fugitivement une forme semblable à un œil transparent flottant dans la pièce. Cette apparence ne doit donc pas être comprise comme celle d’une espèce humanoïde physique comparable aux Pléiadiens, Mercuriens ou Vénusiens, mais comme la manifestation visuelle décrite par des êtres affirmant appartenir à une « Sixième Dimension ».

Les Vénusiens rencontrés physiquement par Castillo en juillet 1974 sont eux aussi entièrement humanoïdes, mais beaucoup plus petits que les Pléiadiens. Ils mesurent environ 1,50 mètre, Castillo précisant qu’ils lui arrivent approximativement à hauteur du nez.

Leur peau est fine, douce et délicate, totalement comparable à une peau humaine. Castillo affirme avoir pu directement en constater la texture lorsqu’il leur serra la main et lorsque la joue d’Orhion toucha la sienne.

Les membres d’équipage se ressemblent fortement entre eux. Aucun caractère anatomique véritablement non humain n’est décrit : visages, mains et proportions corporelles sont ceux de petits humains.

Le commandant Yamaruck porte une élégante combinaison monobloc argentée, tandis que plusieurs autres membres de l’équipage sont vêtus de combinaisons semblables mais vert clair, comportant quelques ouvertures ou poches horizontales sur les côtés. Tous portent des bottes argentées mates. Castillo remarque qu’une faible lumière semble provenir de la semelle de ces bottes et éclairer immédiatement le sol sous leurs pieds.

Orhion porte autour du cou un collier ajusté sur lequel figurent des signes ou caractères que Castillo compare à des runes. Les autres membres de l’équipage ne présentent apparemment aucun insigne ou galon permettant de distinguer leur rang.

Illustration fictive de la rencontre entre Enrique Castillo et les vénusiens tels que décrits dans le livre
Illustration fictive de la rencontre entre Enrique Castillo et les vénusiens tels que décrits dans le livre

Description de leur monde et de leur civilisation

Enrique Castillo ne visite jamais physiquement la planète d’origine des Pléiadiens et ses deux livres n’en donnent pas de description géographique détaillée, les Pléiadiens ne lui ont pas parlé de l’apparence de leur monde. Il n’indique donc ni aspect du ciel, ni continents, ni océans, ni villes de leur monde d’origine.

Ses interlocuteurs se présentent comme provenant des Pléiades et indiquent à Castillo que leurs mondes sont les 4ème et 5ème planètes en orbite de l’étoile située dans les Pléiades qu’ils appellent dans leur langue SHI-EL-HO (mais on ne sait pas à quelle étoile du catalogue humain cela correspond), et située selon les mesures terrestres et selon eux, à plus de 500 années-lumière. Castillo vérifie ensuite dans ses propres ouvrages astronomiques que les estimations disponibles à son époque donnent des distances différentes pour les Pléiades, notamment environ 410 ou 328 années-lumière.

Commentaire personnel :

Les mesures les plus précises depuis 2004 par le satellite Hubble donnaient une distance de l’amas des Pléiades à 486 années lumière, contredisant l’estimation précédente à 430 années-lumière faite en 1999 par le satellite Hipparcos. L’amas contient plus de 3000 étoiles et a une extension allant jusqu’à 86 années-lumière de diamètre depuis son centre (même si l’essentiel des étoiles s’étend sur 16 années-lumière). Donc il est certain qu’il existe des étoiles de l’amas situées à 500 années-lumière de la Terre.

Les informations disponibles concernent donc beaucoup plus leur civilisation, leur biologie et leur manière de vivre que l’environnement physique précis de leur planète.

Les Pléiadiens sont présentés comme appartenant à une civilisation technologiquement et scientifiquement très avancée, capable de voyages interstellaires, de manipulation du temps, de contrôle gravitationnel et électromagnétique, de télépathie, d’action sur la matière et de techniques biologiques très supérieures à celles de la Terre.

Castillo remarque cependant que cette avance technique est constamment associée, dans leurs discours, à une exigence de développement moral et spirituel. Krhamier lui explique notamment qu’une civilisation peut acquérir de grandes connaissances scientifiques sans être prête à les utiliser correctement si elle n’a pas développé parallèlement les « véritables valeurs de l’esprit ».

Les Pléiadiens disent manger d’une manière globalement comparable aux humains mais accorder une grande importance aux aliments végétaux et à la chlorophylle.

À bord, Castillo voit de grands récipients contenant notamment un extrait vert de chlorophylle. Ses interlocuteurs lui expliquent qu’ils l’extraient des meilleurs arbres et qu’elle constitue un élément fondamental de leur alimentation. Ils apprécient également certains fruits terrestres, notamment les pêches, les brugnons et les raisins cultivés dans le sud de l’Amérique.

Lorsqu’ils prélèvent des fruits dans les cultures terrestres, ils affirment utiliser ensuite des rayons produisant une forte concentration d’ions afin d’accélérer la croissance et la maturation des végétaux et de remplacer en quelques heures ce qu’ils ont pris. Ils décrivent cette opération comme une modification dirigée du métabolisme végétal.

Castillo indique également qu’ils ne consommeraient pas de viande mais mangeraient certaines espèces de fruits de mer. Dans la base sous-marine de la fosse des Mariannes, il observe ainsi une installation où d’énormes huîtres et palourdes sont exploitées sans détruire leur capacité à se reproduire : la chair comestible est prélevée et le reste est replacé dans des zones aquatiques d’élevage.

Les préparateurs d’aliments sont présentés comme des sortes de diététiciens spécialisés. Ils combinent des produits naturels avec de la chlorophylle, des vitamines, des minéraux et d’autres nutriments. Les Pléiadiens apportent aussi certains aliments provenant de leurs propres planètes lorsqu’ils viennent sur Terre et entretiennent ici différentes cultures destinées à approvisionner leurs bases et leurs équipages.

Pour les voyages, ils disposent également d’un aliment très concentré que Ciryl appelle « manne » (car il dira que c’est la fameuse manne qui fut donnée à manger aux hébreux dans la Bible). Il ressemble à de petits grains de maïs soufflé et serait composé de quatre céréales, dont deux seulement existeraient sur Terre.

Après en avoir consommé, Castillo affirme avoir vu disparaître sa faim et sa soif pendant environ vingt-quatre heures tout en ressentant un regain d’énergie. Ciryl lui explique que cet aliment est utilisé pendant leurs voyages spatiaux pour sa haute capacité à nourrir.

Les Pléiadiens affirment avoir acquis une maîtrise biologique permettant d’empêcher le vieillissement cellulaire.

Ils expliquent à Castillo avoir « arrêté le processus de caryocinèse » (la division cellulaire) et maintenir leurs cellules dans un état permettant de prolonger leur fonctionnement sans vieillissement. Castillo en déduit personnellement qu’ils pourraient considérer la vieillesse comme une maladie et rapproche cette idée de l’immortalité, mais il précise que cette dernière interprétation est la sienne et non une affirmation explicite de ses interlocuteurs.

Le récit ne fournit en revanche aucun âge moyen ou durée de vie chiffrée pour les Pléiadiens.

Leur civilisation est présentée comme possédant une compréhension très avancée de la génétique et du fonctionnement du corps vivant. Krhamier parle à Castillo de plusieurs « codes génétiques » intervenant ensemble dans la formation de la vie et affirme que la découverte progressive de ces mécanismes modifiera profondément la compréhension humaine de ses propres origines.

Ils utilisent également des dispositifs permettant d’examiner rapidement l’état physiologique d’un individu avant certaines expériences. Castillo affirme avoir lui-même été soumis à de tels examens, dont la finalité déclarée était de vérifier son aptitude physique.

Les Pléiadiens possèdent une langue propre que Castillo entend à plusieurs reprises. Il la décrit notamment comme comportant de nombreux sons ressemblant à des « s » et des « z ». Les documents et instruments qu’il observe portent également des signes inconnus, parfois comparés à des caractères japonais ou à des runes.

La communication télépathique joue toutefois un rôle beaucoup plus important. Les Pléiadiens sont capables de transmettre directement une pensée dans la langue comprise par le destinataire. Lors de la visite de la base sous-marine, une même communication est ainsi perçue en espagnol par cinq participants et en anglais par Eallyne. Ciryl présente ce procédé comme de la « télépathie pure » et comme une forme de langage universel.

Les Pléiadiens portent principalement des combinaisons monobloc adaptées à leurs différentes fonctions. Castillo observe des tenues gris plomb, argentées, couleur miel brûlé et, dans certaines circonstances, couleur moutarde.

Les vêtements sont généralement très ajustés, sobres et fonctionnels. Les différences de couleur pourraient correspondre à des fonctions différentes au sein des équipages, mais Castillo ne reçoit pas d’explication suffisamment précise pour établir un véritable code hiérarchique.

La civilisation pléiadienne apparaît fortement spécialisée. À bord des vaisseaux, Castillo rencontre des commandants, navigateurs et membres d’équipage remplissant des fonctions distinctes. Dans leurs bases, il voit également des instructeurs, des responsables, des techniciens, des préparateurs d’aliments et des personnes chargées de différentes activités scientifiques ou logistiques.

Cette spécialisation ne semble toutefois pas empêcher une forte intégration collective. Certaines opérations nécessitent la participation mentale simultanée de plusieurs membres d’équipage, comme la production collective d’énergie mentale autour du « traducteur » du vaisseau.

Les deux tomes ne donnent cependant pas de description suffisante de leur gouvernement sur leur planète d’origine pour déterminer s’ils disposent d’un conseil, d’une administration ou d’une structure politique comparable aux institutions terrestres.

Leur civilisation repose sur l’idée que le progrès technologique ne constitue qu’une partie de l’évolution. Les connaissances scientifiques doivent être accompagnées d’un développement de la conscience, du jugement et de la responsabilité.

Les Pléiadiens insistent à plusieurs reprises auprès de Castillo sur la nécessité pour une civilisation de ne pas acquérir une puissance qu’elle n’est pas moralement capable de maîtriser. Cette idée sert notamment de fondement à leur refus déclaré de transmettre certaines technologies ou certaines informations à l’humanité.

Ciryl affirme ne professer aucune religion au sens terrestre. Lorsqu’il vivait à Caracas, il expliquait déjà à Castillo considérer les religions comme des constructions transitoires correspondant à un besoin humain et lui conseillait de les étudier toutes afin de mieux les comprendre et les respecter.

Krhamier développe ensuite une conception dans laquelle Dieu n’a aucune forme représentable. Les Pléiadiens ne lui attribuent pas de nom propre et parlent de « l’Innommé ». Leur approche est présentée non comme une croyance dogmatique mais comme une connaissance intégrée à leur compréhension de l’Univers.

Leur enseignement insiste sur l’existence de Lois universelles, sur la responsabilité individuelle, sur le développement de la conscience et sur une continuité de l’existence au-delà de la mort.

Dans les enseignements transmis au groupe de Castillo, la mort n’est pas présentée comme une disparition définitive mais comme un changement d’état. L’être conserverait une essence ou conscience qui poursuit son évolution.

Le karma est décrit comme une loi d’équilibre : les actes d’un individu produiraient des conséquences qu’il devra finalement expérimenter lui-même. L’évolution spirituelle est ainsi conçue comme un long processus d’apprentissage et de transformation de la conscience.

Ces enseignements occupent une place importante dans les communications, mais ils décrivent surtout la philosophie des interlocuteurs de Castillo ; ils ne fournissent que peu d’informations concrètes sur l'organisation quotidienne de leur monde.

Les Pléiadiens se présentent comme très opposés à la violence et affirment chercher à intervenir le moins directement possible dans l’évolution d’une autre civilisation.

Krhamier explique à Castillo que la paix terrestre ne peut pas être apportée de l’extérieur et dépend de la manière dont les humains utilisent leurs connaissances et les lois morales qu’ils connaissent déjà. Leur rôle consisterait principalement à avertir, informer ou inspirer certains individus plutôt qu’à gouverner ou transformer directement la société terrestre.

Les Pléiadiens affirment disposer d’émissaires capables de vivre directement parmi les populations humaines. Krisnamerck présente sa propre présence sous l’identité de Ciryl Weiss à Caracas comme un exemple de cette méthode et affirme que de nombreux autres émissaires circulent parmi les habitants des villes terrestres.

Cette activité leur permettrait d’étudier directement les sociétés humaines sans se révéler publiquement.

Le récit montre que leur civilisation ne fonctionnerait pas uniquement à partir de vaisseaux. Les Pléiadiens disposent également de bases permanentes ou semi-permanentes sur Terre.

Castillo visite ainsi le « Vortex des Andes », appelé aussi « Haut-Pérou », où vivent des humains en contact avec eux, ainsi qu'une vaste base sous-marine située, selon son récit, dans la fosse des Mariannes.

Ces installations possèdent des zones d'habitation, de recherche, de préparation des aliments, de stockage, d'énergie et de réception des vaisseaux. Dans la base sous-marine, la chaleur de jeunes volcans sous-marins est récupérée par de grands conduits et utilisée dans le complexe.

Les Pléiadiens apparaissent comme appartenant à un réseau beaucoup plus vaste de civilisations.

Castillo rencontre dans leur environnement des êtres présentés comme originaires de Mercure, d'une lune de Jupiter et d'autres provenances. Le vaisseau-mère accueille donc manifestement plusieurs races différentes et certaines opérations semblent menées conjointement.

Ciryl affirme notamment que deux satellites de Jupiter sont habités et que les Pléiadiens y possèdent eux-mêmes des bases. Il présente le géant rencontré par Castillo comme provenant précisément de l'une de ces lunes.

Les Pléiadiens reconnaissent également l'existence de civilisations appartenant à d'autres dimensions et disent pouvoir eux-mêmes pénétrer dans certaines de ces dimensions grâce à leur technologie.

L'image générale donnée par les deux ouvrages est donc moins celle d'un peuple isolé vivant sur une unique planète que celle d'une civilisation disposant de vaisseaux, de bases réparties dans différents systèmes et de relations avec plusieurs autres races.

Castillo ne fournit malheureusement presque aucune donnée sur les villes, les habitations, l'économie, la famille, l'éducation des enfants ou l'organisation politique de leur planète d'origine. Ces rubriques, présentes dans tes autres articles lorsqu'elles sont documentées, ne doivent donc pas être artificiellement remplies ici.

En revanche, les deux tomes permettent de caractériser assez nettement leur civilisation par sa maîtrise technologique, sa recherche de longévité, son alimentation majoritairement végétale, l'usage de la télépathie, la spécialisation de ses membres, son idéologie de développement spirituel parallèle au progrès scientifique et son insertion dans un réseau de civilisations extraterrestres.

La différence avec tes articles modèles est donc importante : dans NEP-4, par exemple, le livre donne réellement montagnes, lacs, océans, forêts, ciel, climat, communautés et habitations, ce qui permet une vraie « description physique de leur monde ». Pour Castillo, les deux tomes ne donnent pas ce matériau. Il vaut mieux que la première sous-section dise clairement cette absence plutôt que de fabriquer une planète pléiadienne générique à partir d'autres contactés.

Les appareils observés ou visités par Enrique Castillo ne constituent pas un modèle unique. Il décrit d’une part de grands vaisseaux discoïdaux d’environ 40 à 50 mètres de diamètre, employés lors de son premier contact physique du 3 novembre 1973 ; d’autre part de petites soucoupes ou navettes d’environ 7 mètres de diamètre pour 3 à 3,5 mètres de hauteur, utilisées pour les déplacements à courte distance, l’exploration et les liaisons avec un gigantesque vaisseau-mère ; enfin un autre modèle intermédiaire d’environ 16 mètres de longueur pour 6 mètres de hauteur, observé notamment lors de son déplacement vers la base sous-marine de la fosse des Mariannes. Les appareils les plus petits peuvent être transportés à l’intérieur du vaisseau-mère.

Les deux grands appareils du premier contact sont estimés par Castillo à environ 40 à 45 mètres de diamètre, peut-être davantage, pour 12 à 15 mètres de hauteur. Ils possèdent une importante coupole supérieure et une coque d’apparence métallique. Les dessins ultérieurs reproduits dans son livre donnent une couleur générale plomb foncé ou opaque à la coque et représentent le dôme en vert sombre. Des ouvertures circulaires de type œil-de-bœuf apparaissent dans la coupole, tandis que d’autres ouvertures rectangulaires sont réparties autour du corps principal.

Castillo insiste sur l’absence apparente de rivets, raccords ou assemblages conventionnels. Cette caractéristique se retrouve sur les petits modèles : les surfaces métalliques sont décrites comme extrêmement lisses et donnent l’impression d’avoir été fabriquées d’une seule pièce.

Lors de leur apparition du 3 novembre 1973, les deux grands appareils sont fortement lumineux. Castillo les voit inclinés et ruisselants d’eau, ce qui lui fait penser qu’ils viennent de sortir de la lagune. Leur passage au-dessus de lui éclaire momentanément toute la zone comme en plein jour et s’accompagne d’une sensation de chaleur. Une fois immobilisés, leur luminosité diminue presque totalement, à l’exception d’un petit halo.

Le diagramme publié dans l’ouvrage attribue au modèle principal une organisation intérieure sur plusieurs niveaux. Une représentation parle de trois étages, tandis qu’une autre suggère jusqu’à cinq niveaux. Castillo ne visite cependant directement qu’une partie de la structure et ses estimations ne permettent donc pas d’établir avec certitude le nombre total de ponts.

Les petits appareils présentent généralement une forme circulaire ou ovoïde, avec une coupole supérieure. Les modèles décrits lors des contacts de novembre 1973 mesurent environ 7 mètres de diamètre pour 3 à 3,5 mètres de hauteur. Lors du séjour de janvier 1975 dans le Vortex des Andes, Castillo voit six appareils comparables suspendus à environ six mètres au-dessus du sol : ils sont circulaires, polis, métalliques, sans rivets ni raccords visibles et munis d’une petite coupole destinée à l’observation. Aucun dispositif matériel de sustentation n’est perceptible. En passant ses mains sous eux, Castillo ne ressent qu’un faible effet électrique sur les poils de ses bras.

Pour l’atterrissage, un trépied peut sortir de la partie inférieure. Une petite échelle apparaît ensuite sur le côté de l’appareil pour permettre l’embarquement. Sur d’autres modèles décrits en novembre 1973, trois petites pattes de support sortent sous la coque.

Une caractéristique particulière est la possibilité de faire tourner la partie inférieure de certains petits appareils indépendamment de la coupole : Castillo observe la base tourner tandis que la section supérieure reste immobile. Il ne ressent pourtant aucune perte d’équilibre et remarque seulement que les bottes qui lui avaient été fournies adhèrent par moments au plancher.

L’intérieur est décrit comme beaucoup plus dépouillé que celui d’un avion terrestre. Les surfaces sont lisses, avec peu de mécanismes apparents et pratiquement aucun assemblage visible. Les portes peuvent être totalement indiscernables lorsqu’elles sont fermées et apparaître soudainement dans une paroi au moment de leur ouverture.

Dans le grand vaisseau du 3 novembre, Castillo est d’abord déposé dans une salle hexagonale entièrement vide. L’air y est respirable et frais. L’éclairage est diffus mais aucune lampe, ampoule ou source lumineuse identifiable n’est visible. Castillo remarque surtout qu’aucun objet, pas même son propre corps, ne projette d’ombre.

Un couloir semi-circulaire mène ensuite à une salle principale circulaire d’environ six mètres de diamètre. Elle comporte plusieurs séparations translucides de formes géométriques, des éléments semblables à des poutres descendant du plafond et deux colonnes d’apparence plastique.

Au centre se trouve une grande table transparente, dont la matière rappelle à Castillo du blanc d’œuf solidifié. Les sièges sont particulièrement souples et adaptatifs : ils s’enfoncent lorsque l’on s’assoit puis épousent automatiquement la forme et la position du corps.

La salle de commande se trouve sous une coupole et peut être atteinte par un escalier métallique en colimaçon. Les instruments ne ressemblent pas aux panneaux extrêmement chargés des avions terrestres.

Castillo décrit des cartes cosmiques apparaissant ou sortant des parois. Elles représentent des étoiles, planètes, galaxies et nébuleuses reliées par différentes lignes et trajectoires, certaines droites, d’autres spiralées ou ressemblant à des entonnoirs. La Terre est identifiée par une lumière pulsante.

Des instruments ressemblant à plusieurs horloges superposées comportent des aiguilles et des caractères inconnus. Castillo suppose qu’ils mesurent plusieurs références temporelles différentes simultanément.

Des dossiers contenant des feuilles extrêmement fines, semblables à du plastique transparent ou à du verre, portent également des symboles. Castillo se demande s’il s’agit de cartes de navigation.

Un des dispositifs les plus remarquables est constitué d’un viseur concave intégré à un panneau. Son ouverture fonctionne comme les paupières d’un œil et dévoile un écran réglable à l’aide de commandes.

Le système peut montrer avec une grande précision des lieux situés à distance. Castillo affirme notamment avoir observé depuis le vaisseau l’intérieur de sa propre maison de Bogotá, malgré les murs et le toit, puis accidentellement une habitation voisine. Les occupants lui expliquent que le rayon utilisé traverse non seulement les matériaux de construction, mais également certains métaux.

Le même type de système permet d’observer le terrain situé sous les appareils pendant le vol. Dans une navette utilisée depuis le Vortex des Andes, plusieurs « yeux mobiles » transmettent à un écran concave une image de la zone survolée.

Les Pléiadiens utilisent également des faisceaux lumineux pour transférer une personne entre le sol et le vaisseau.

Lors du premier contact, deux faisceaux orange sont projetés verticalement jusqu’au sol et permettent aux occupants de descendre. Ils ne s’éteignent pas brutalement mais se rétractent progressivement vers l’appareil, comme s’ils étaient absorbés.

Le faisceau utilisé pour faire monter Castillo possède selon lui une propriété très inhabituelle : il lui donne une impression de matière solide. En y déplaçant la main pendant son ascension, il compare la sensation à celle du verre. Le faisceau exerce aussi une action physique sur l’environnement : feuilles, poussière, terre et petites pierres bondissent lorsqu’il atteint le sol.

Castillo décrit simultanément des fourmillements et une sensation de courant électrique dans son corps. Le dispositif le soulève directement jusqu’à une ouverture sous le vaisseau et le dépose à l’intérieur.

Tous les embarquements ne suivent pas la même procédure. Lors de son deuxième grand contact physique, Castillo est exposé immédiatement après son entrée à une très forte lueur bleue, comparable à un éclair, qui enveloppe son corps et ses vêtements pendant quelques secondes.

Ciryl lui explique qu’il s’agit d’une procédure de nettoyage ou de stérilisation utilisant une forme d’énergie. Aucun dispositif mécanique visible n’est nécessaire.

Le plus grand appareil observé par Castillo est désigné par Ciryl comme le « Vaisseau-Mère » ou « Vaisseau amiral principal ». Castillo ne donne aucune dimension précise, mais affirme qu’il s’agit de la plus grande structure volante qu’il ait jamais vue et compare son profil à celui d’une baleine gigantesque.

Le vaisseau-mère reste immobile dans l’espace tandis que les petites navettes viennent s’y accoupler. Une immense écoutille s’ouvre dans sa partie inférieure. À l’approche, la navette n’est plus nécessairement pilotée par son propre équipage : un puissant phénomène d’aspiration ou de guidage extérieur prend automatiquement le contrôle de sa direction et de sa vitesse et l’amène exactement jusqu’à son logement.

Lors d’un second accouplement de vaisseau, Castillo remarque même que toutes les commandes de la navette s’éteignent. L’appareil est alors entièrement dirigé par cette force extérieure. Il ressent seulement un léger balancement et un effet électrique sur son corps. Il aperçoit également, à l’arrière du vaisseau-mère, de gigantesques tubes rectilignes, mais leur fonction ne lui est jamais expliquée.

Après l’accouplement, la coupole de la petite navette s’ouvre automatiquement et un escalier permet de rejoindre l’intérieur du vaisseau-mère.

Un couloir ascendant sert de rampe. Deux rails étroits courent sur ses côtés ; Castillo suppose qu’ils servent au déplacement de petits chariots de transport.

Les salles sont principalement métalliques et reliées par un réseau de couloirs. Une zone comporte des éléments formant des passages presque labyrinthiques. Castillo y voit un symbole pléiadien représentant un serpent ailé enroulé autour d’un œuf, doté de trois langues et de neuf grelots, contenu dans une forme de goutte d’eau. Le symbole lui-même tourne sur son axe.

Une grande table métallique contient des échantillons de roches, terre, sable, graines et fragments végétaux, chacun séparé et marqué par des signes inconnus.

Le vaisseau-mère possède de vastes zones d’amarrage capables de recevoir plusieurs petites soucoupes. Les appareils entrent par des ouvertures aménagées dans sa partie inférieure puis sont automatiquement amenés jusqu’à leur emplacement.

Lors d’un retour, Castillo voit plusieurs autres vaisseaux déjà stationnés dans un très grand hangar. Le petit appareil qu’il occupe y est guidé sans intervention directe de son équipage.

Les petites soucoupes peuvent ainsi être considérées comme des appareils explorateurs ou navettes parasites du vaisseau principal, utilisés pour descendre dans les atmosphères, observer le sol et transporter les occupants.

Le vaisseau comporte plusieurs types de salles de repos.

Dans le grand appareil pléiadien, Castillo visite une pièce circulaire comportant des coussins posés au sol et une paroi diffusant un halo lumineux doux. D’autres pièces renferment des produits alimentaires, notamment de grands flacons contenant des liquides verts, bruns ou transparents. Les visiteurs disposent également à bord d’un laboratoire de transformation des aliments.

Dans le vaisseau-mère, Castillo découvre des capsules de repos individuelles. Certaines zones en comportent une trentaine. Ces couchettes ont une apparence vitreuse, mesurent approximativement 1,20 mètre de largeur pour deux mètres de longueur et possèdent un rembourrage intérieur. Leur occupant peut régler le bercement et le niveau de lumière. Dans certaines cabines, le lit entier sort directement de la paroi. Les raccordements entre les murs et le plafond sont arrondis, sans angles francs.

Les installations sanitaires sont elles aussi entièrement intégrées aux parois. Castillo voit plusieurs cabines espacées le long d’un couloir, fermées par des portes coulissantes s’ouvrant automatiquement. À l’intérieur, le passage de la main devant une lumière verdâtre fait sortir du mur un dispositif ressemblant à un entonnoir, qui se met légèrement en mouvement afin de recevoir les déchets. Un système d’aspiration les évacue avec une grande efficacité. Après utilisation, il suffit de placer la main devant une seconde lumière, jaunâtre, pour que le dispositif se rétracte et disparaisse de nouveau dans la paroi. Castillo remarque également l’absence d’odeurs désagréables dans cette zone.

La description la plus développée de la propulsion pléiadienne concerne une installation observée à travers un viseur puis directement par Castillo.

Le système est organisé autour d’un tube vertical central, allant du plancher au plafond et tournant sur lui-même. Autour de lui se déplacent trois grands cristaux, d'environ 70 centimètres ou moins, qui tournent à la fois sur eux-mêmes et autour du tube central, dans un mouvement que Castillo compare à la rotation et à la révolution d’une planète.

Le tube tourne en sens opposé et produit continuellement des couleurs et des effets lumineux donnant au dispositif l’apparence d’un kaléidoscope.

Krhamier désigne les trois éléments comme des « cristaux-mémoire » ou « cristaux vivants ». Ils seraient naturels, provenant d’un monde où de tels cristaux croissent et se reproduisent, puis seraient programmés pour les besoins du vaisseau.

Le tube central est appelé le « traducteur principal ». Il transmet aux cristaux les informations et l’énergie nécessaires au fonctionnement du vaisseau.

La propulsion est étroitement liée à l’activité mentale de l’équipage. Selon Krhamier, le commandement du vaisseau fonctionne par intégration entre l’esprit et la machine.

Une impulsion mentale est envoyée au traducteur principal, qui la transforme en information utilisable par les cristaux et les systèmes de propulsion. Le commandant peut ainsi diriger mentalement l’appareil ; deux autres membres disposent également de cette autorité.

Ce système n’est donc pas décrit comme une simple télécommande par la pensée : l’énergie mentale elle-même serait utilisée comme une composante de l’énergie nécessaire au déplacement.

Castillo découvre une autre caractéristique beaucoup plus inhabituelle lorsqu’il observe les cristaux et le traducteur. Cherchant un point d’appui, il pose ses mains contre une paroi et ressent au toucher une chaleur douce ou une énergie tiède qui lui donne immédiatement l’impression d’avoir posé la main sur une peau humaine. Lorsqu’il saisit ensuite le viseur pour le rapprocher de ses yeux, il éprouve de nouveau la sensation troublante d’avoir touché quelque chose de vivant.

Il comprend alors les explications reçues sur la conception de l’appareil comme l’association d’une technologie extrêmement avancée et d’une forme d’ingénierie biologique. Les Pléiadiens auraient réussi à construire des vaisseaux dont certaines structures intérieures sont revêtues ou constituées d’une « matière vivante ». Castillo compare explicitement leur texture à une sorte de peau humaine.

Cette particularité est directement associée à l’intégration esprit-machine : les occupants peuvent communiquer mentalement avec le vaisseau et celui-ci répond aux demandes de ses navigateurs. L’appareil n’est donc pas présenté seulement comme une machine métallique commandée par un équipage, mais comme une structure technologique possédant certains caractères d’un organisme vivant et capable d’interagir avec les pensées de ses utilisateurs.

Castillo assiste à une démonstration spécifique de ce procédé. Douze sièges surgissent du plancher en cercle autour du traducteur et douze casques descendent du plafond. Douze membres d’équipage s’installent, mettent les casques puis se donnent la main de manière à fermer le cercle.

L'opération ne dure qu'environ une minute. Les casques remontent, les sièges disparaissent et l'équipage reprend ses activités.

Krhamier et Ciryl expliquent à Castillo que les douze occupants viennent de produire collectivement leur énergie mentale, captée par le traducteur et convertie en énergie de vol.

Le mouvement des cristaux serait également lié au rapport du vaisseau avec le temps.

Krhamier affirme qu'une accélération particulière de leur rotation pendant seulement quelques minutes pourrait provoquer un décalage temporel gigantesque par rapport à la Terre. Castillo donne l'exemple transmis selon lequel environ deux minutes de fonctionnement légèrement accéléré des cristaux du vaisseau pourraient correspondre à près de deux cents années terrestres qui se seraient écoulées pour quiconque sortirait ensuite du vaisseau.

Cette technologie de manipulation temporelle expliquerait pourquoi les Pléiadiens parlent de leur départ de leur monde en disant que pour eux il venait juste de se produire, alors que des millions d’années se sont écoulées dans le référentiel terrestre depuis leur départ : ils ont pu arriver des millions d’années après leur départ grâce à leurs cristaux à manipulation temporelle.

Extrait du livre à ce sujet :

- « Et depuis combien de temps êtes-vous partis ? »

- « Nous venons juste de partir ! »

- « Je ne comprends pas. »

- « Pour vous, il y a des millions d’années, lorsque votre planète ne possédait pas les conditions nécessaires à une vie intelligente. Pour nous, nous venons juste de partir. »

Les visiteurs disent à Castillo qu'ils voyagent « à la vitesse de la pensée ». Cette expression n'est pas présentée comme une simple comparaison de rapidité mais comme directement liée au fonctionnement mental de la propulsion.

Krhamier conteste par ailleurs devant Castillo plusieurs éléments de la physique terrestre, notamment les conceptions alors admises sur la relativité et la vitesse de la lumière.

Une autre explication ultérieure mentionne l'existence de « tunnels interspatiaux » contenant une énergie que les visiteurs appellent « plancton ». Leurs vaisseaux seraient capables de détecter ces passages puis d'utiliser cette énergie pour parcourir les distances interstellaires. Plusieurs systèmes de propulsion distincts existeraient selon le type de vaisseau.

L'une des caractéristiques les plus constantes dans toutes les descriptions de Castillo est l'absence presque totale de sensations liées au mouvement.

Les appareils peuvent accélérer brutalement, tourner, s'incliner ou parcourir de très grandes distances sans que les occupants soient projetés contre les parois ni même ne ressentent le moindre mouvement. Castillo découvre parfois qu'un vaisseau est déjà en déplacement alors qu'il se croyait encore immobile.

Lors du vol sous-marin vers la fosse des Mariannes, le même phénomène se reproduit : l'appareil plonge fortement vers l'océan mais les passagers ne ressentent pas physiquement son inclinaison. Les visiteurs attribuent ces effets à leurs champs énergétiques.

Les vaisseaux semblent être entourés de champs capables d'agir directement sur leur environnement.

Lors de la descente dans la fosse des Mariannes, Ciryl explique qu'un champ d'énergie repousse l'eau avant qu'elle ne touche la coque, éliminant le frottement et protégeant également l'appareil contre la pression.

Les visiteurs affirment aussi que le champ gravitationnel entourant leurs appareils peut perturber les moteurs et instruments d'un avion terrestre qui s'en approche trop près.

Certains effets électriques sont perçus directement par Castillo : poils des bras se dressant sous les vaisseaux en sustentation, fourmillements pendant les transports par faisceau, adhérence de ses bottes au plancher et sensations électriques pendant certaines manœuvres.

Ciryl affirme que les appareils peuvent être rendus pratiquement invisibles grâce à un champ d'« énergie vibratoire ».

Ce procédé permettrait de stationner au-dessus de zones habitées sans être observé et de perturber ou tromper certains systèmes radar.

Lors d'une autre expérience, une petite soucoupe effectue des observations au-dessus de zones terrestres tout en étant dissimulée dans ou par un nuage, procédé présenté comme une forme de camouflage.

Les petites navettes ne sont pas nécessairement autonomes lors de toutes leurs manœuvres. À proximité du vaisseau-mère, leur propulsion peut être neutralisée et remplacée par le système de guidage du bâtiment principal.

Castillo observe ainsi un petit appareil dont tous les instruments s'éteignent avant l'accouplement. Une force provenant du vaisseau-mère contrôle alors entièrement sa vitesse et sa trajectoire jusqu'à son entrée dans le hangar.

La technologie pléiadienne combine donc, dans le récit de Castillo, pilotage mental, automatisation, contrôle externe et navigation énergétique, plutôt qu'un système de commandes mécaniques analogue à celui des appareils terrestres.

Selon les Pléiadiens rencontrés par Enrique Castillo, leur présence auprès de la Terre ne constituerait pas une exploration récente. Ils affirment connaître l’humanité depuis l’Antiquité, avoir disposé de bases terrestres pendant des milliers d’années et être intervenus auprès de différentes cultures. Ils se présentent notamment comme les êtres ayant transmis autrefois certaines connaissances aux Incas et à d’autres peuples, ainsi qu’à différents « maîtres » ou instructeurs dont les enseignements auraient marqué l’histoire humaine.

Cette intervention aurait concerné aussi bien les connaissances spirituelles que scientifiques et culturelles. Ils affirment que des informations importantes sur l’histoire réelle de l’humanité subsisteraient dans des temples, pyramides, ruines et villes anciennes d’Amérique du Sud et d’Amérique centrale. Leur réunion conduirait selon eux à remettre en cause une partie des conceptions terrestres sur le passé de l’homme. Ils annoncent également détenir des informations concernant la « Création de l’Homme » dont la divulgation future affecterait profondément les religions.

Les Pléiadiens présentent leur action comme faisant partie d’une entreprise beaucoup plus vaste menée par plusieurs civilisations avancées. Ils se disent eux-mêmes liés à d’autres peuples dont ils recevraient certaines directives concernant la Terre et mentionnent leur appartenance à une « Grande Fraternité Cosmique Solaire », ensemble auquel l’humanité serait appelée, à terme, à se joindre. Leur activité ne se limite d’ailleurs pas à notre planète : ils disent avoir participé au développement scientifique, culturel et spirituel d’autres mondes.

Leur présence terrestre est volontairement discrète. Leurs vaisseaux peuvent être camouflés ou rendus invisibles, tandis que certains de leurs émissaires vivent directement parmi les populations sous une identité humaine ordinaire. Krisnamerck présente son séjour à Caracas sous le nom de Ciryl Weiss comme un exemple de cette méthode et affirme que de nombreux autres représentants sont également présents sur Terre.

La raison essentielle de leur action contemporaine serait l’état critique de la civilisation terrestre. Les visiteurs décrivent une humanité technologiquement dangereuse, marquée par les guerres, la violence, la faim, les inégalités et l’incapacité à employer ses connaissances de manière responsable. Ils avertissent particulièrement Castillo d’une guerre mondiale et de catastrophes qu’ils considèrent comme possibles ou inévitables si les comportements humains ne changent pas.

Ils affirment cependant ne pas pouvoir résoudre directement ces problèmes. Une intervention imposée violerait selon eux le libre arbitre de l’humanité. La paix et l’évolution de la Terre doivent donc être produites par les humains eux-mêmes. Leur rôle consiste essentiellement à avertir, transmettre des connaissances, susciter une réflexion et favoriser une transformation de la conscience.

Ciryl compare cette méthode au fait de prévenir quelqu’un qu’un danger l’attend : connaître le risque lui permet de modifier son comportement, mais personne ne peut agir à sa place. Les visiteurs refusent ainsi l’idée d’une protection extraterrestre particulière accordée aux contactés. Castillo lui-même ne bénéficierait d’aucune immunité en cas de problème et reste responsable de ses décisions.

Leur intervention est surtout indirecte. Ils affirment pouvoir inspirer certaines personnes ou favoriser l’apparition d’idées chez des individus susceptibles d’agir utilement dans la société. Des responsables capables de gagner la confiance des populations pourraient ainsi émerger lorsque les circonstances l’exigeraient. Les visiteurs disent toutefois se méfier des structures politiques et religieuses terrestres et refusent de considérer le simple pouvoir institutionnel comme une raison suffisante pour établir un contact.

Castillo demanda précisément pourquoi ils ne se manifestaient pas directement devant tous les habitants de la Terre. Ciryl lui fit alors assister à deux expériences : l’approche d’un vaisseau provoqua d’abord la panique de paysans, puis celle d’hommes urbains circulant en automobile. Pour Castillo, la démonstration signifiait que l’instruction ou la position sociale ne suffisaient pas à supprimer la peur face à une apparition extraterrestre soudaine. Une révélation générale devrait donc être précédée d’une préparation psychologique progressive.

Cette préparation expliquerait également la multiplication annoncée des observations. Les Pléiadiens déclarent que leurs appareils apparaîtront progressivement dans le ciel de nombreux pays afin d’habituer les populations à leur existence. L’objectif n’est pas présenté comme une invasion, mais comme une acclimatation graduelle à l’idée que l’humanité n’est pas seule.

Cette politique est explicitée dans le « Plan A » transmis au Vortex des Andes le 24 décembre 1974. Les Pléiadiens y déclarent avoir observé la Terre pendant très longtemps et avoir porté un jugement particulièrement sévère sur son comportement : guerres, tortures, destructions, famine, recherche de richesse et de pouvoir leur font considérer l’humanité comme extrêmement violente et difficile à corriger.

Ils affirment néanmoins avoir décidé de poursuivre leur aide, notamment parce que certains humains démontrent une volonté sincère d’améliorer la situation. L’objectif est de permettre à la Terre de progresser dans ce qu’ils appellent l’ « Échelle Évolutive Cosmique » et de soutenir les forces humaines orientées vers la paix, la connaissance et une transformation de la conscience.

Une première préoccupation concerne le risque nucléaire. Les visiteurs redoutent qu’un de leurs appareils qui serait détecté par les systèmes militaires terrestres ne soit interprété comme un engin ennemi et provoque, par erreur, une réaction susceptible de déclencher une guerre. Ils expliquent pour cette raison prendre différentes précautions lors de leurs déplacements et affirment que certains gouvernements connaissent déjà suffisamment le phénomène pour effectuer leurs propres recherches.

Le « Plan A » rejette explicitement toute intention de conquête ou de colonisation. Selon le raisonnement attribué aux Pléiadiens, s’ils avaient voulu dominer la Terre, ils auraient pu le faire plusieurs siècles auparavant, lorsque l’humanité ne possédait aucun moyen technologique capable de leur opposer une résistance.

Une autre partie du plan concerne la préparation d’individus capables d’aider ultérieurement les populations. Certains humains reçoivent des enseignements télépathiques ou personnels et, dans certains cas, peuvent être temporairement conduits dans des lieux particuliers afin d’y recevoir une formation. Ils retournent ensuite dans la société terrestre avec une compréhension différente et peuvent contribuer à orienter d’autres personnes. Les vingt-quatre contactés réunis au Vortex des Andes sont présentés dans ce contexte général de préparation.

Le message demande également aux contactés de faire connaître progressivement certaines informations par la presse, la radio, la télévision, des conférences, des réunions, des brochures et des conversations individuelles. Cette demande ne signifie toutefois pas, selon la position ultérieure de Castillo, qu’il aurait reçu personnellement une mission d’apostolat permanente : il affirme que sa décision de raconter publiquement toute son expérience lui appartint finalement.

Les visiteurs évoquent par ailleurs certaines interventions exceptionnelles. Ciryl affirme par exemple qu’une quarantaine d’années auparavant des membres âgés et abandonnés d’une communauté esquimaude, menacés de mourir sans ressources, auraient été évacués de la Terre. Castillo remarque lui-même que ce récit paraît difficile à concilier avec le principe général de non-intervention. Il illustre néanmoins une distinction faite par ses interlocuteurs entre intervention systématique dans l’histoire terrestre et secours exceptionnel face à une situation jugée extrême.

La mission pléiadienne serait compliquée par l’existence d’une autre organisation extraterrestre, présentée comme opposée à leurs objectifs. Ciryl affirme que les Pléiadiens l’ont déjà affrontée dans le passé et connaissent ses méthodes. Cette « autre force » aurait elle-même soumis plusieurs sociétés ou planètes avant d’étendre son influence à la Terre.

Son intervention terrestre serait beaucoup plus clandestine et orientée vers la domination. Elle agirait par l’intermédiaire du pouvoir, de la corruption, de la manipulation psychique et de l’infiltration de certaines structures humaines. Les Pléiadiens avertissent Castillo qu’elle pourrait également produire de fausses communications ou exploiter le mysticisme et le désir de contact afin de semer la confusion.

Cette opposition expliquerait certaines précautions imposées aux groupes de contact, notamment l’emploi de signes ou de clés destinés à authentifier les communications. Les Pléiadiens présentent leur propre action comme cherchant au contraire à préserver le libre choix humain, à transmettre des avertissements et à empêcher que certaines connaissances ne soient utilisées pour accroître la domination et la violence.

Castillo en vint ainsi à envisager l’existence simultanée sur Terre de deux influences extraterrestres contraires : l’une cherchant à manipuler et contrôler, l’autre tentant d’aider sans prendre directement en charge le destin de l’humanité. Il présente toutefois une partie de cette interprétation comme sa propre conclusion à partir des informations reçues, et non comme une description complète que les Pléiadiens lui auraient explicitement fournie.

Sur un point essentiel, Castillo affirme être resté sans réponse : il ne sait pas pourquoi lui, personnellement, fut choisi. Krhamier lui dit que les visiteurs le suivaient depuis plusieurs années et qu’il existait une raison à sa présence dans leur vaisseau, mais Castillo précise à plusieurs reprises qu’on ne lui expliqua jamais clairement les qualités ou critères ayant motivé ce choix.

Il rejette donc l’idée qu’un contacté serait nécessairement un « élu » choisi pour sa supériorité spirituelle. Avec le recul, il affirme même que son propre cas contredit cette conception. Il ne se présente ni comme un prophète ni comme le représentant exclusif des Pléiadiens.

Luis Enrique Cuéllar proposa ultérieurement une explication personnelle : choisir des individus ordinaires et socialement représentatifs aurait pu permettre aux visiteurs d’observer les réactions psychologiques d’un échantillon humain face au contact extraterrestre. Le groupe réuni autour de Castillo aurait offert un éventail de personnalités permettant d’étudier maîtrise de soi, discernement, croyances, fanatisme, naïveté et transformations émotionnelles. Cuéllar souligne cependant lui-même qu’il ne s’agit que d’une hypothèse.

Castillo envisagea une possibilité comparable après ses expériences : son groupe aurait peut-être servi à observer les effets psychologiques produits par des enseignements susceptibles de remettre en cause des convictions religieuses profondément enracinées. Là encore, il précise qu’il s’agit de son interprétation et non d’une explication reçue des visiteurs.

Le rôle clairement attribué aux contactés apparaît donc plus simple : recevoir certaines informations, les examiner et, lorsqu’ils le jugent approprié, contribuer à les transmettre afin de préparer progressivement la société à une réalité extraterrestre plus vaste. Castillo insiste néanmoins sur leur autonomie : la divulgation, l’interprétation et l’usage des informations restent sous leur responsabilité.

Les Vénusiens rencontrés par Castillo présentent leur présence sur Terre comme complémentaire de celle des Pléiadiens. Ils disent avoir profité du contact déjà établi entre le groupe colombien et les Pléiadiens, avec l’accord de ces derniers, afin d’apporter à leur tour des informations et des connaissances.

Leur activité comprend notamment l’étude de certaines régions terrestres. Deux de leurs appareils exploreraient les jungles et montagnes colombiennes tandis qu’un vaisseau-mère stationnerait dans la région du pôle Sud. Ils étudient particulièrement des zones qu’ils appellent des « vestiges », considérées comme susceptibles d’accueillir des populations survivantes après une guerre nucléaire.

Ces régions seraient sélectionnées selon des critères concrets : abondance d’eau potable, végétation et bois, terres cultivables, faible exposition aux inondations et climat permettant l’installation d’importantes communautés. Les Vénusiens du contact Castillo communiquent au groupe les coordonnées de dix de ces douze régions envisagées et indiquent que certaines correspondent à d’anciennes implantations incas.

Leur démarche rejoint ainsi l'objectif général attribué aux Pléiadiens : non pas gouverner la Terre ou empêcher à la place des humains les conséquences de leurs choix, mais observer, avertir, préserver certaines connaissances, identifier des possibilités de survie et préparer progressivement l'humanité aux transformations qu'ils estiment prochaines.

Les récits d’Enrique Castillo attribuent aux Pléiadiens des installations permanentes ou semi-permanentes sur Terre, distinctes de leurs vaisseaux et conçues pour fonctionner de manière largement autonome. Les deux bases les plus développées dans son témoignage sont le « Vortex des Andes » ou « Haut-Pérou », aménagé dans une région montagneuse, et une base sous-marine qu’il situe dans la fosse des Mariannes. Le Vortex comprend des zones d’habitation, des salles d’enseignement, des espaces médicaux, des tunnels et des plateformes permettant l’entrée des appareils à l’intérieur de la montagne. La base sous-marine est décrite comme une vaste construction sous coupole, accessible par un sas dans lequel les vaisseaux pénètrent après avoir traversé l’océan.

La base des Mariannes est présentée comme un complexe durable et non comme une simple escale. Castillo y décrit des bâtiments, des chemins, une végétation abondante, des arbres et de grandes fougères participant à la production d’oxygène, ainsi que des parois transparentes ou cristallines. Le sol lui paraît consolidé par de minuscules fragments métalliques provenant de matériaux trouvés dans les fonds marins. Une partie de l’énergie utilisée par la base est fournie par la chaleur de jeunes volcans sous-marins, récupérée au moyen de grands conduits. L’ensemble forme ainsi un environnement artificiel habitable à grande profondeur.

La nourriture y est préparée par des humains et des robots. Castillo décrit notamment l’exploitation d’énormes huîtres et palourdes dont seule la partie comestible est prélevée avant remise en élevage, ainsi que des préparations associant aliments naturels, chlorophylle, vitamines et minéraux. Des humains travaillent temporairement dans la base puis sont remplacés périodiquement afin d’éviter, selon les explications reçues, des effets physiologiques liés à un séjour prolongé dans cet environnement.

Les Pléiadiens affirment également disposer de moyens de protection destinés à empêcher la découverte ou l’attaque de leurs installations. Certaines bases doivent être déplacées lorsque l’exploration scientifique humaine se rapproche trop de leur emplacement. En cas d’agression, ils évoquent un « rideau d’invisibilité » ou un dispositif électromagnétique capable de neutraliser les armes adverses. Castillo rapporte toutefois que ses interlocuteurs présentent ce système comme défensif et affirment chercher à éviter toute confrontation directe.

Parmi les technologies les plus inhabituelles décrites par Castillo figure la « Salle de la Réalité qui n’existe pas », que ses interlocuteurs lui présentent comme une « Salle Matrix ». Il l’avait initialement prise pour une salle de loisirs, notamment en raison d’objets ressemblant à des livres aux pages transparentes, avant d’apprendre qu’elle servirait à produire différents phénomènes électroniques et énergétiques.

Cette installation est décrite comme capable de produire des représentations d’une fidélité telle qu’un observateur pourrait les confondre avec la réalité ordinaire. Il ne s’agirait pas seulement d’images plates, mais d’holographies de troisième, quatrième et cinquième dimensions, de scènes et d’environnements donnant l’impression d’être réellement plongé dans ce qui est montré. Castillo relie cette capacité à une maîtrise beaucoup plus générale de la matière, de l’énergie et de la perception.

Les possibilités attribuées à la « Salle Matrix » comprennent la téléportation, la matérialisation et la dématérialisation, les apparitions, les lévitations, les rêves ou visions induits, l’injection de voix et certaines guérisons par action énergétique. Castillo mentionne également des transformations ou manifestations d’archétypes humains, humanoïdes, animaux ou insectoïdes. Dans cette conception, des phénomènes qui pourraient paraître miraculeux à un observateur terrestre résulteraient de procédés techniques reposant sur des lois encore inconnues ou mal comprises par la science humaine.

Commentaire personnel :

Cette salle est l’équivalent dans les séries de SF de Ster Trek de « l’holodeck », mais en largement plus puissant encore en terme de manifestations car manifestant de la matière psychique en plus de la matière physique.

L’invisibilité des appareils et de leurs occupants est obtenue par manipulation de champs électromagnétiques, permettant de déplacer leur manifestation vers les domaines infrarouge ou ultraviolet. Les visiteurs associent également ces connaissances à l’emploi de micro-ondes et à une action sur certains phénomènes de l’environnement : pluies, tonnerre, éclairs, mouvements du sol ou croissance accélérée de végétaux au moyen de décharges ioniques. Castillo rapporte ces possibilités comme des informations reçues et ne dispose pas lui-même d’un moyen d’en vérifier le mécanisme.

Il rapproche de ces capacités l’annonce d’une opération destinée à réduire le smog de Bogotá, au cours de laquelle trois vaisseaux ont utilisé des « canaux d’énergie » comparés à de gigantesques aspirateurs afin de capter une partie de la pollution. Ce type d’intervention illustrerait, selon son interprétation, une connaissance permettant d’agir localement sur la matière, l’atmosphère et certains équilibres environnementaux.

Castillo développe enfin une interprétation historique de cette technologie : des civilisations très avancées auraient pu adapter leurs manifestations au niveau culturel et psychologique des populations rencontrées. Des apparitions, prodiges ou phénomènes spectaculaires auraient ainsi laissé une empreinte durable dans les traditions, les récits religieux et les représentations collectives. Il s’agit toutefois ici de l’interprétation que Castillo tire des explications reçues, et non d’une démonstration historique.

Les technologies médicales utilisées par les Pléiadiens sont présentées comme rapides, largement automatisées et généralement non invasives. Au Vortex des Andes, Castillo subit ainsi un contrôle relativement classique de son état physique : cœur, pouls, poumons, réflexes, vue et ouïe sont examinés avant qu’il ne soit autorisé à participer aux activités prévues. D’autres procédés observés à bord sont beaucoup plus inhabituels et reposent sur des moyens dont il ne comprend pas le fonctionnement.

L’une des expériences les plus détaillées se produit alors qu’il se trouve depuis plusieurs heures à bord du grand vaisseau pléiadien. Après avoir observé les cristaux et le « traducteur » constituant une partie essentielle du système énergétique de l’appareil, Castillo est conduit dans ce qu’il pense être une zone de laboratoire. Il y découvre un cylindre vertical enchâssé dans le sol et relié au plafond.

Le cylindre s’ouvre par deux battants coulissant en sens opposé, laissant un passage suffisant pour une personne. Castillo pénètre à l’intérieur sur instruction des occupants et saisit deux poignées placées de part et d’autre de son corps. Il lui est demandé de les tenir fermement et il est averti que l’opération ne durera que peu de temps.

Le cylindre commence par tourner lentement. De nombreuses lumières colorées apparaissent autour de Castillo, suffisamment intenses pour qu’il ne puisse les regarder directement. Conformément aux recommandations reçues, il ferme les yeux, mais continue à percevoir à travers ses paupières des couleurs très marquées ressemblant à celles de l’arc-en-ciel. Il ressent également une légère chaleur dans son corps.

Illustration fictive de l’épreuve dans le cylindre vécue par Enrique Castillo.
Illustration fictive de l’épreuve dans le cylindre vécue par Enrique Castillo.

La rotation paraît ensuite s’accélérer. Des décharges électriques lui sont transmises par les poignées auxquelles il se tient, celles ressenties dans la main gauche étant plus fortes que dans la droite. Après quelques instants, le mouvement ralentit progressivement puis s’arrête. Les deux battants se rouvrent et Castillo sort du cylindre en se sentant, selon ses propres termes, étrangement réconforté. L’ensemble de l’expérience n’aurait duré qu’environ quatre minutes.

Il avait demandé auparavant quel était le but de cette procédure. Les Pléiadiens lui expliquèrent qu’elle servait uniquement à recueillir des informations médicales et permettait, en une seule opération, de déterminer s’il était physiquement apte aux expériences qui devaient suivre. Castillo ne ressentit après l’examen aucune sensation anormale ou désagréable.

Avec les années, il conserva toutefois un doute sur la fonction réelle de ce dispositif. Deux chercheurs de ses amis lui proposèrent ultérieurement une autre interprétation de ce qui avait pu lui être fait dans le cylindre. Castillo ne précise pas ici exactement quelle hypothèse ils avancèrent, mais leur avis le troubla suffisamment pour qu’il envisage la possibilité que l’opération ait eu un autre objectif que le simple contrôle médical annoncé.

Il refusa cependant d’accepter cette interprétation comme certaine. Si les Pléiadiens avaient effectué sur lui une intervention différente tout en lui présentant la procédure comme un examen médical, il considérait qu’ils auraient alors violé son intégrité et son libre arbitre. Il jugeait cette possibilité difficilement compatible avec leur comportement habituel et estimait qu’avec leurs moyens techniques ils auraient pu agir sur lui sans qu’il s’en aperçoive, notamment par hypnose ou par modification de son état mental. La véritable fonction du cylindre demeure donc pour lui une question non résolue.

Les visiteurs utilisent également des procédés de nettoyage et de stérilisation extrêmement rapides avant certains embarquements. Lors du premier contact, Castillo est soumis nu à une fumée bleutée qui remplit puis quitte rapidement une salle hermétique. Lors d’un embarquement ultérieur, le dispositif est différent : une intense lumière bleue ressemblant à un éclair enveloppe brièvement son corps et ses vêtements. Ciryl lui explique qu’il s’agit d’un procédé énergétique de désinfection.

Ces différentes procédures montrent que le contrôle de l’organisme ne repose pas uniquement sur des appareils médicaux comparables à ceux de la Terre. Analyse physiologique globale, effets lumineux, champs énergétiques et procédés de stérilisation sont intégrés à une même maîtrise de la biologie et de l’énergie. Castillo ne reçoit toutefois pas les principes scientifiques permettant d’expliquer précisément leur fonctionnement.

Castillo décrit enfin des archives extraterrestres consacrées à l’histoire humaine, qui ne se limiteraient pas à des livres ou à des documents comparables à ceux des bibliothèques terrestres. Les Pléiadiens conserveraient des informations accumulées au cours de très longues périodes d’observation de la Terre, concernant notamment les peuples, les religions, les guerres, les gouvernements, les dirigeants, les systèmes politiques, les maladies, la médecine, la génétique, la psychologie collective, les états de conscience, l’écologie, l’environnement et les transformations sociales et biologiques des civilisations.

Selon Krhamier, ces archives ne seraient pas uniquement constituées de rapports d’observation. Les Pléiadiens seraient capables d’effectuer des voyages vers certaines périodes du passé afin d’enregistrer les événements dans leur déroulement et leur « ordre réel », sans intervenir sur eux. Leur technologie électromagnétique leur permettrait ensuite de « pénétrer » dans ces événements enregistrés et de les restituer tels qu’ils se sont effectivement produits. Castillo compare ce procédé à une sorte de « Registre Akashique », dont le contenu serait accessible non par clairvoyance, mais par des moyens technologiques.

Ces archives auraient ainsi une double fonction : constituer une mémoire directe de l’histoire terrestre et permettre de confronter les récits transmis par l’humanité aux événements que les visiteurs affirment avoir enregistrés. Elles offriraient la possibilité de replacer les faits historiques dans leur contexte réel, indépendamment des versions fragmentaires ou déformées conservées par les hommes, tout en étudiant sur de longues durées l’évolution politique, biologique, religieuse, psychologique et environnementale de l’humanité.

Cette faculté d'observer et d'enregistrer le passé constituerait également l'une des applications de leur technologie temporelle. La question du voyage dans le temps proprement dit, de ses limites et de ses conséquences est développée séparément dans l'extrait 5 consacré aux voyages dans le temps et aux prophéties, plus bas dans l'article.

Dans les informations reçues ou interprétées par Enrique Castillo, l’humanité terrestre n’est pas présentée comme le produit d’une évolution totalement isolée. Plusieurs passages évoquent des interventions de civilisations extérieures sur des populations terrestres ou préhumaines, des croisements, des modifications biologiques et des expériences conduites sur de très longues périodes. Certaines étapes sont placées à des époques remontant à des millions d’années, ce qui donne de l’histoire humaine l’image d’un processus complexe et discontinu.

Castillo distingue toutefois ce qui lui aurait été réellement communiqué de ses propres hypothèses. À partir des insinuations reçues, il envisage trois mécanismes possibles : l’hybridation entre populations terrestres et êtres venus d’ailleurs ; l’implantation sur Terre de groupes humains déjà développés sur d’autres mondes ; ou la création et la modification d’êtres terrestres par des scientifiques extraterrestres. Il ne prétend pas avoir obtenu une explication précise permettant de choisir entre ces possibilités.

Cette conception rejoint les affirmations attribuées aux Pléiadiens concernant leur présence ancienne sur Terre et le rôle joué par différentes civilisations extérieures dans l’histoire humaine. Certains messages vont jusqu’à présenter l’homme comme un être d’origine cosmique, appartenant dès l’origine à un ensemble de mondes habités beaucoup plus vaste. Dans cette perspective, l’humanité terrestre serait une branche encore jeune d’une famille cosmique dont elle aurait progressivement perdu la conscience.

Castillo rapproche également cette idée de traditions anciennes, de récits religieux et de vestiges archéologiques qu’il estime susceptibles de conserver la mémoire déformée d’interventions extérieures. Il reste néanmoins prudent lorsqu’il passe de ce que les visiteurs auraient affirmé à ses propres rapprochements historiques.

L’évolution future de l’humanité est décrite à la fois comme biologique, mentale et morale. Castillo développe l’idée d’une « Mémoire Génétique » dans laquelle seraient enregistrés des acquis, des expériences et certaines erreurs accumulées au fil des générations. Les nouvelles générations pourraient ainsi assimiler plus rapidement ce qui a été vécu auparavant et se détacher de structures mentales devenues inadaptées.

Dans ses textes ultérieurs, il envisage l’apparition d’êtres humains possédant des capacités intellectuelles, psychiques ou intuitives nouvelles. Il parle d’une génération de « Mutants de l’Esprit et de l’Intellect », qu’il croit reconnaître particulièrement parmi des enfants nés à la fin des années 1980 et dans les années 1990. Il les décrit comme moins attirés par l’autoritarisme, les religions de peur et le nationalisme agressif, davantage sensibles à la nature, aux animaux, à la liberté et au service des autres.

Cette évolution ne doit cependant pas être comprise uniquement comme l’apparition de facultés extraordinaires. Pour Castillo, la transformation véritable se mesure surtout à la capacité d’abandonner les comportements de domination, de développer le raisonnement, la solidarité et le respect de la vie. Le « Nouvel Homme » serait donc autant un changement de conscience qu’une éventuelle transformation biologique.

Dans son exposé de 1985, Castillo pousse cette idée plus loin et suppose qu’une composante du phénomène OVNI pourrait participer depuis très longtemps à un processus de transformation de l’humanité. Il envisage l’apparition future de facultés telles que télépathie, précognition, psychokinèse, clairvoyance, guérison par les mains, lévitation ou autres capacités dites paranormales. Il présente cette interprétation comme une hypothèse personnelle sur le rôle psychique et génétique du phénomène, non comme une démonstration scientifique.

Dans « L’Utopie d’un monde nouveau », Castillo annonce par le biais de ses contacts par voie psychique, la découverte future de ce qu’il appelle un « Gène Obscur ». Son isolement permettrait selon lui de ralentir fortement le vieillissement et d’allonger la durée de la vie. Il imagine une première étape où des humains pourraient atteindre environ 150 ans tout en conservant une apparence physique correspondant à une trentaine d’années.

Il envisage que de telles avancées nécessiteraient un contrôle collectif afin d’éviter des déséquilibres démographiques ou sociaux. Il évoque ainsi la création d’un comité médico-scientifique mondial chargé de réglementer l’accès aux techniques de longévité. À plus long terme, les progrès de la génétique et de la connaissance de l’ADN pourraient conduire, dans sa vision, à une forme d’immortalité biologique.

Ces perspectives rejoignent les déclarations attribuées aux Pléiadiens sur leur propre maîtrise du vieillissement cellulaire. Ils affirment avoir modifié le fonctionnement de certains processus de division cellulaire et maintenir leurs cellules dans un état évitant le vieillissement tel qu’il est connu sur Terre. Castillo en déduit qu’une civilisation très avancée pourrait finir par considérer la vieillesse comme une affection maîtrisable, mais il précise que l’idée d’une immortalité absolue est son interprétation.

L’avenir de l’homme est donc présenté comme un processus double : amélioration biologique et maturation de la conscience. Castillo insiste sur le fait qu’une espèce vivant plus longtemps ou disposant de pouvoirs supérieurs ne deviendrait pas automatiquement une civilisation plus élevée. Sans évolution éthique et intellectuelle, la puissance scientifique ne ferait qu’amplifier les mêmes tendances destructrices.

Dès son premier contact physique, Castillo est confronté à une conception du temps radicalement différente de la sienne. Lorsqu’il demande depuis combien de temps les Pléiadiens ont quitté leur monde pour venir jusqu’à la Terre, ses interlocuteurs répondent qu’ils viennent « juste de partir ». Devant son incompréhension, ils précisent que, selon le temps terrestre, leur départ remonterait pourtant à des millions d’années, à une époque où la Terre n’aurait pas encore réuni les conditions nécessaires à l’apparition d’une vie intelligente. Pour eux, cependant, ce voyage resterait pratiquement contemporain de leur départ.

Cette différence serait directement liée à leur technologie de déplacement. Krhamier explique plus tard à Castillo que le temps ne constitue pas pour eux un obstacle comparable à celui qu’il représente pour les Terriens : ils vivraient dans un « présent » susceptible de modifier le futur. Cette conception est étroitement associée au fonctionnement des cristaux utilisés dans leurs vaisseaux.

Dans la zone de propulsion du vaisseau, Castillo observe trois grands « cristaux-mémoire » tournant sur eux-mêmes tout en circulant autour d’un tube central appelé le « traducteur principal ». Le tube tourne dans le sens opposé. Lorsque Castillo demande si leur rotation pourrait être accélérée pour accentuer les effets lumineux qu’il observe, Krhamier lui répond que cela serait impossible tant qu’un Terrien se trouve à bord.

Selon l’explication qui lui est donnée, une accélération du système pendant seulement deux minutes aurait pour conséquence que, lorsque Castillo quitterait le vaisseau, près de deux cents années se seraient écoulées sur Terre. Castillo comprend immédiatement qu’il pourrait retrouver sa planète deux siècles plus tard alors que presque aucun temps n’aurait passé pour lui. Krhamier le rassure en précisant que le fonctionnement du système est contrôlé mentalement par le commandant et que seuls deux autres membres d’équipage disposent de l’autorité nécessaire pour intervenir sur le programme « traducteur-cristaux ».

Le récit ne donne cependant aucune formulation physique permettant de déterminer exactement si ce procédé doit être compris comme dilatation temporelle, déplacement hors du temps ordinaire ou véritable voyage dans le futur. Castillo lui-même rapproche spontanément cette explication de la relativité d’Einstein, mais cette comparaison lui appartient.

Commentaire personnel :

Cela permet selon moi de déduire que les cristaux rotatifs permettent de réguler la « vitesse » d’écoulement du temps, ce qu’on peut appeler de manière plus physique la « densité du temps ». Si ils accélèrent le « rythme » (ou densité) du temps pendant que Castillo est à bord, le temps extérieur se sera écoulé beaucoup plus vite (par exemple 200 ans comme lui indique le commandant).

Les Pléiadiens affirment qu’en inversant la vitesse et le sens de rotation des cristaux, ils pourraient modifier l’état de la matière de manière à transporter le vaisseau et ses occupants dans le passé sans qu’ils subissent eux-mêmes d’altération. Le même principe serait également utilisable pour l’invisibilité et pour pénétrer dans d’autres dimensions.

Ces voyages de retour dans le passé se dérouleraient dans ce qu’ils appellent la « Bulle de l’Espace-Temps ». Castillo ne fournit pas de description géométrique ou physique précise de cette « bulle » ; elle désigne essentiellement le procédé ou l’environnement dans lequel le déplacement temporel serait effectué.

Les Pléiadiens déclarent employer depuis longtemps cette faculté pour étudier l’histoire terrestre. Krhamier affirme qu’ils voyagent dans le passé afin d’enregistrer les événements dans leur « ordre réel », puis utilisent une technologie électromagnétique permettant de « pénétrer » dans ces événements et de les observer tels qu’ils se sont effectivement déroulés. Ces enregistrements formeraient une sorte d’archive historique directe que Castillo compare à un « Registre Akashique » technologique.

Le déplacement temporel ne serait donc pas présenté seulement comme un mode de voyage spectaculaire, mais comme un instrument scientifique permettant aux Pléiadiens d’étudier les civilisations et de constituer leurs archives sur l’humanité.

La possibilité de revenir dans le passé ne donnerait pas, selon Khrunula, le droit de le transformer.

Dans un dialogue lié au deuxième contact physique du 18 novembre 1973, il explique que les faits passés appartiennent déjà à l’histoire et que, conformément à une « Loi », ils ne doivent pas être modifiés. Une modification resterait techniquement possible, mais elle perturberait ce qui a déjà existé.

Khrunula affirme qu’une intervention sur un événement passé produirait une concentration d’énergies qui se répercuterait sur le présent. La gravité de la catastrophe provoquée dépendrait de l’importance de l’événement que l’on aurait tenté de modifier. Le récit distingue ainsi très nettement deux opérations : observer et enregistrer le passé serait possible et pratiqué ; le transformer serait techniquement envisageable mais interdit en raison des conséquences qu’il entraînerait.

Cette explication nuance d’ailleurs une déclaration antérieure de Krhamier selon laquelle le passé « ne peut être modifié » : le dialogue ultérieur précise plutôt qu’il ne doit pas l’être, bien qu’une violation de cette règle soit techniquement possible.

Les Pléiadiens affirment pouvoir également atteindre le futur, mais considèrent cette opération comme plus dangereuse que le retour dans le passé.

Castillo décrit deux appareils utilisés ensemble : le premier ressemble à une capsule et le second à un fauteuil de dentiste. Des nodules sont placés sur différentes parties du corps de la personne soumise à l’expérience. Leur fonction serait de protéger le « voyageur vers le futur » des dangers liés au déplacement (voir Tome 2, chapitre 7 sur « la réalité qui n’existe pas »).

Cette technique permettrait d’obtenir des informations sur la manière dont le futur se dessine à partir des décisions, comportements et événements du présent. Une autre méthode consisterait à « infiltrer » directement un navigateur dans une époque future afin qu’il recueille des informations sans être détecté ni identifié par ceux qui y vivent. Castillo ne précise cependant ni la durée de ces voyages, ni leur portée chronologique maximale, ni les conditions dans lesquelles l’observateur pourrait interagir avec cet environnement.

Le futur possède, dans ces explications, une propriété fondamentalement différente du passé : il n’existerait pas comme une séquence définitivement fixée.

Khrunula affirme qu’on peut partir d’un « maintenant » qui n’est pas nécessairement le présent et que le futur demeure modifiable par les actions humaines mais également par la pensée. Une prophétie ne peut donc jamais représenter une connaissance absolument certaine de ce qui arrivera.

L’étude du passé permettrait seulement d’établir une succession logique d’événements et d’en extrapoler le développement probable. Khrunula estime la fiabilité maximale d’une telle prévision à environ 80 ou 90 %. Deux facultés seraient nécessaires : la clairvoyance, qu’il présente comme naturelle et innée, et la logique, fondée sur une connaissance approfondie des événements déjà accomplis.

Cette conception explique pourquoi les prophéties attribuées aux visiteurs peuvent, dans le récit lui-même, ne pas se réaliser exactement. Castillo reconnaîtra d’ailleurs ultérieurement que certaines annonces qui lui avaient été faites ne se produisirent pas, tandis que d’autres se réalisèrent avant ou après les périodes annoncées et que quelques-unes lui semblèrent exactes.

Le voyage dans le futur aurait donc moins pour fonction de consulter un avenir déjà écrit que d’observer l’une des conséquences possibles de la situation présente.

Dans la nuit du 23 au 24 juillet 1974, entre environ 23 heures et 3 heures, Enrique Castillo affirme avoir reçu à son domicile de Bogotá une longue dictée d’une entité qu’il appelle simplement « la Voix ». Celle-ci ne se présente ni comme un extraterrestre, ni comme un maître spirituel, ni comme une personne connue. La communication commence intérieurement, par l’ordre de se lever et de prendre du papier, puis Castillo dit entendre la voix extérieurement, venant d’en haut avec une grande intensité.

Assis au sol et utilisant un pouf comme support, il écrit pendant plusieurs heures, avec des interruptions lorsqu’il doit reposer sa main, chercher de nouvelles feuilles ou changer de stylo. Le texte obtenu comporte trente-neuf pages. Castillo indique avoir initialement réparti cette dictée sous trois intitulés : « La Logique de la Logique », « Prophétie au Pays du Nord du Sud » et « Les Fondements pour l’évolution humaine terrestre ». Certaines feuilles ayant été séparées sans numérotation, il dut ultérieurement les remettre dans l’ordre d’après ses souvenirs. Une partie complémentaire de l’enseignement du 23 juillet 1974, restée longtemps inédite, fut finalement publiée sous l’intitulé « La Logique de la Logique - Deuxième partie », et non sous celui de « Les Fondements pour l’évolution humaine terrestre ». Elle est néanmoins présentée avec la même date et les mêmes horaires de dictée, de 23 heures à 3 heures.

Le statut documentaire de cette dictée reste lui-même problématique. Castillo explique qu’un ami auquel il avait confié le texte en avait incorporé d’autres enseignements dans une version informatique. En juillet 2000, il tenta de retirer ces ajouts en se fondant en partie sur sa mémoire, tout en reconnaissant que certains mots ou phrases étrangers au texte original pouvaient encore subsister. Toute utilisation du document doit donc conserver cette réserve.

Le cœur de « La Logique de la Logique » est l’idée qu’aucune religion, caste ou peuple ne possède la Vérité. La connaissance est universelle et en expansion permanente ; celui qui transmet un enseignement ne sera jamais propriétaire de cette connaissance, mais seulement son interprète provisoire. La sagesse véritable demanderait donc humilité, recherche continue et refus de croire que l’on sait déjà tout.

Le message rejette l’image d’une divinité exigeant des honneurs, punissant les peuples qui l’ignorent ou concluant des alliances exclusives. La réalité supérieure est accessible par la connaissance d’une « Loi » universelle plutôt que par l’adhésion à un dogme. Cette Loi fonctionne indépendamment des croyances humaines et relie vérité, raison, justice et responsabilité.

La recherche de la Vérité est présentée comme une transformation intérieure. En persévérant, l’individu abandonne progressivement ses peurs, ses faux dieux et ses conceptions héritées pour découvrir sa propre essence et développer une compréhension plus libre. La connaissance ne doit cependant jamais être imposée : le message recommande de parler avec prudence, de ne pas entrer dans des querelles inutiles et de ne pas présenter une croyance personnelle comme une vérité absolue aux enfants ou aux proches.

La raison occupe une place centrale. Le texte oppose la « Vérité de la Raison » aux interprétations prétendument infaillibles et demande d’employer la logique pour examiner la sagesse elle-même. La connaissance de la Loi ne se mesurerait pas à des titres religieux ou à des pouvoirs revendiqués, mais à la capacité de vivre avec équité, justice et cohérence.

La mort n’est pas décrite comme une disparition mais comme une transformation. L’être conserve une essence immortelle et poursuit son évolution au-delà de la vie physique. Après la mort, l’individu revoit sa vie de manière régressive, de la fin jusqu’à la naissance, et éprouve les conséquences de ses actes. Il ressent notamment la souffrance qu’il a fait subir aux autres.

Le karma est ainsi présenté comme une Loi d’équilibre d’une précision mathématique. La douleur n’est pas une punition arbitraire envoyée par Dieu, mais la conséquence de déséquilibres, et un moyen de remodeler l’individu. Le message ne recommande pas de rechercher la souffrance : il demande au contraire de la dépasser, de comprendre sa cause et de réhabiliter l’esprit plutôt que de prolonger l’agonie par la peur ou la révolte.

Cette évolution doit conduire à la formation d’un « Homme Nouveau ». La Terre est le lieu de multiples expériences évolutives et certains êtres humains ont déjà atteint un niveau intellectuel et spirituel leur permettant de participer à un changement de conscience. Le texte affirme que de tels hommes et femmes sont observés pour leur capacité de recherche, de sacrifice, de pardon, de service et d’illumination intérieure.

La transformation attendue n’est donc pas seulement mystique. Elle implique la manière dont l’être humain agit dans la société : employer la raison pour éviter la violence, la vérité pour établir la justice, la connaissance pour développer la liberté intérieure et le respect d’autrui. Les « serviteurs de la Vérité » sont décrits comme des personnes discrètes, humbles et actives plutôt que comme des chefs religieux.

Une part importante du texte vise les religions et mouvements spiritualistes qui utilisent la peur, le prestige ou l’autorité pour conserver leurs adeptes. Les institutions religieuses sont présentées comme ayant rempli une fonction historique mais comme étant désormais incapables, sous leurs formes anciennes, d’accompagner l’évolution de la connaissance.

Le texte critique particulièrement les guides qui affichent richesse, pouvoir politique, luxe ou proximité avec les militaires tout en prétendant représenter la spiritualité. Il accuse certains détenteurs d’autorité religieuse d’avoir déformé ou manipulé des enseignements plus anciens en fonction de leurs intérêts.

La même critique s’étend aux mouvements ésotériques et aux faux maîtres. Les chercheurs sincères pourraient devenir les proies de personnes s’autoproclamant interprètes de la Sagesse, recevant des messages de maîtres invisibles et exigeant de leurs disciples l’abandon du jugement personnel. La connaissance authentique devrait produire l’effet inverse : davantage de liberté, de discernement et de responsabilité.

Le message conclut ainsi sur une conception intérieure du maître. Le véritable guide n’est pas celui qui demande soumission ou admiration, mais celui qui permet à l’individu de développer en lui-même la raison, la connaissance de la Loi et la capacité de reconnaître le faux. Cette orientation rejoint le recul critique que Castillo adoptera lui-même plus tard face au contactisme mystique.

Cette seconde partie de la dictée se présente sous la forme d’une prophétie en vingt séquences symboliques. Castillo ne comprit d’abord pas quel était le « Pays du Nord du Sud » : il pensa aux États-Unis, tandis que certains de ses proches envisagèrent le Canada. Il identifia ensuite ce pays au Venezuela et rédigea en 1988 une interprétation détaillée mettant une partie de la prophétie en relation avec la carrière politique de Carlos Andrés Pérez et avec l’évolution ultérieure du pays. Il souligne lui-même que cette interprétation est spéculative et ne doit pas nécessairement correspondre exactement à l’enchaînement réel des événements.

Les premières séquences concernent un dirigeant qui accède de nouveau au pouvoir, acquiert un prestige international, obtient l’appui financier de nations riches puis voit son autorité s’affaiblir. Des proches lui sont retirés, une conspiration se forme, certains de ceux qui l’avaient soutenu se retournent contre lui et une tentative de renversement provoque morts, blessés et emprisonnements. Castillo appliqua ultérieurement ces passages au second mandat de Carlos Andrés Pérez, aux difficultés économiques du Venezuela et aux tentatives de coup d’État.

À partir de la cinquième séquence apparaît un autre personnage, désigné comme celui qui possède la « Voix Intérieure », puis comme « l’Investi ». Il vient du « Pays du Nord du Sud », a beaucoup voyagé et possède une connaissance capable de rendre aux hommes une foi perdue. Un autre personnage lui transmet une connaissance reçue des « Seigneurs de la Paix » et provenant, dans l’interprétation ultérieure de Castillo, du Haut-Pérou ou Vortex des Andes. Autour d’eux doivent surgir plusieurs interprètes et messagers chargés de rendre compréhensibles des connaissances jusque-là symboliques ou cachées.

La prophétie annonce parallèlement une crise des anciennes autorités spirituelles. Les faux maîtres et faux messies doivent être discrédités ; la « religion de la peur » doit prendre fin et laisser place à une connaissance fondée sur l’existence de l’« Éternel », l’immortalité de l’être humain, la survie après la mort et, dans l’interprétation donnée par Castillo, la réincarnation et la Loi de cause et d’effet.

L’« Investi » traverse lui-même des épreuves personnelles destinées à le fortifier. Il voyage vers la terre de ses ancêtres, connaît une rupture affective, apprend l’amour et la douleur et reçoit des signes dans le ciel. Il devient ensuite porteur d’un message capable de combattre les fausses doctrines, tandis que sa « Voix Intérieure » lui donne assurance et force. Les dernières séquences présentent cette action comme une libération spirituelle : la Vérité doit être exprimée sans recherche de pouvoir, les enseignements déformés doivent tomber et une connaissance plus claire doit se répandre parmi les hommes.

Castillo précise que cette prophétie ne fut comprise que progressivement. Son interprétation de 1988 associe les premiers passages à des événements vénézuéliens déjà survenus, mais il reconnaît expressément que l’ensemble de son déchiffrement demeure une construction personnelle susceptible de ne pas correspondre exactement à la signification originelle du texte.

Cette seconde partie poursuit l’enseignement autour de la recherche de la Vérité en insistant davantage sur le discernement personnel. L’individu ne doit pas se laisser guider uniquement par ses émotions, ses intuitions ou ses perceptions, qui peuvent le tromper. L’expérience et l’apprentissage doivent permettre de soumettre progressivement les réactions immédiates à la raison, à l’intelligence et à une compréhension plus juste de ce qui est vécu. Face aux difficultés ou à l’incompréhension, le message recommande ainsi de ne pas se retourner contre les autres, mais de rechercher auprès de personnes raisonnables les éléments permettant d’interpréter correctement les événements.

Cette exigence de discernement s’accompagne d’une nouvelle mise en garde contre les faux détenteurs de la connaissance. Certains prêtres, interprètes religieux ou maîtres autoproclamés se seraient attribué des pouvoirs et des droits qu’ils ne possèdent pas, puis auraient entretenu chez leurs disciples la croyance qu’une autorité spirituelle particulière permet de juger ou de contraindre ceux qui refusent leurs préceptes. Le combat proposé n’est cependant pas dirigé contre ces personnes par la violence ou les représailles : il doit être mené par l’amour, la vérité, le refus du fanatisme et la capacité à conserver son propre jugement.

Le but de la recherche spirituelle n’est pas davantage présenté comme l’acquisition de pouvoirs ou l’application mécanique de pratiques ascétiques. Le texte rejette l’idée que l’illumination exige nécessairement des exercices corporels particuliers, le retrait du monde, l’isolement dans une grotte ou une forêt, la mortification du corps ou le développement séparé des facultés instinctives, émotionnelles ou intellectuelles. L’individu doit au contraire demeurer au milieu des autres et intégrer l’expérience humaine dans son évolution.

Celui qui atteint une compréhension supérieure ne doit donc pas se couper de ceux qui l’entourent. Il lui appartient d’aider les autres avec patience, de transmettre ce qu’il a compris sans les rendre dépendants de lui, puis de leur permettre de poursuivre eux-mêmes leur propre recherche. L’enseignement véritable ne consiste ainsi pas à former des disciples soumis à un maître, mais à conduire progressivement chacun vers la découverte de sa propre réalité intérieure.

Cette évolution suppose également une profonde capacité d’identification à autrui. L’individu réellement éclairé reconnaît quelque chose de lui-même aussi bien dans l’ami désorienté que dans le père, le fils, la mère, le malade, le mendiant, l’homme dépendant à ses vices ou celui qui souffre. Il ne se considère donc pas comme appartenant à une caste spirituelle supérieure : il fait sienne la condition humaine et comprend les faiblesses comme les souffrances de ceux qui l’entourent.

C’est de cette transformation que doit surgir l’« Homme Nouveau ». Celui-ci n’est pas défini par une appartenance religieuse, une initiation particulière ou des pouvoirs extraordinaires, mais par la résolution de son conflit intérieur et par l’éveil d’une conscience capable de reconnaître la Loi. Le signe essentiel de cette transformation est l’apparition de la « Voix Intérieure », présentée comme une parole intime, claire et aimante permettant à l’individu de comprendre directement ce qu’il est et d’orienter sa conduite. La plus grande découverte du chercheur n’est donc finalement ni extérieure ni surnaturelle : elle consiste en la révélation de son propre « Moi intérieur » et en l’accès conscient à cette voix intérieure.

Cette seconde partie renforce ainsi l’idée directrice de « La Logique de la Logique » : la connaissance véritable ne se fonde ni sur la soumission à une autorité extérieure, ni sur le fanatisme, ni sur des pratiques mystiques spectaculaires. Elle résulte d’un travail de discernement, d’une utilisation constante de la raison, d’une compréhension fraternelle de l’être humain et d’un développement intérieur conduisant chacun à découvrir en lui-même les instruments nécessaires à son évolution.

AXA, AX et OXO se présentent au groupe de contact psychique dont fait partie Enrique Catillo comme des êtres provenant d’un monde parallèle possédant six dimensions. Ils affirment ne pas avoir de corps physique comparable au nôtre et se nourrir d’énergie pure. Pour donner une idée de leur manifestation extérieure, AXA demande d’imaginer un très bel œil bleu, clair, transparent et sans cils.

Leur monde est normalement séparé du nôtre par une barrière dimensionnelle. Une ouverture permettant un passage entre les deux réalités ne se produirait selon eux que tous les 600 000 ans terrestres. Leur rapport au temps serait différent de celui des humains et, au moment des communications avec le groupe de Castillo, cette « porte » devait bientôt se refermer.

Les êtres proposent alors une expérience destinée à rendre leur image visible. Ils exigent dix-sept participants, dont quatre femmes. Treize hommes doivent former un triangle, Castillo étant placé au centre au-dessus d’un aimant, tandis que les femmes doivent traverser la figure selon une disposition précise. Deux grands miroirs doivent encadrer l’ensemble. Les interlocuteurs insistent sur le danger d’une erreur dans le protocole.

Avant l’expérience complète, plusieurs participants affirment apercevoir fugitivement dans l’obscurité une forme ressemblant à un œil transparent flottant dans la pièce. Les êtres expliquent que les miroirs auraient servi à projeter leur image et à la rendre perceptible aux yeux humains en utilisant l’énergie psychique du groupe.

La perspective de l’expérience provoque peur et désaccords. La majorité des participants refuse finalement de poursuivre. Seuls quatre, dont Castillo, restent volontaires, nombre très insuffisant par rapport aux dix-sept personnes demandées. AXA, AX et OXO établissent alors une dernière communication, regrettant l’échec de la tentative et affirmant qu’une possibilité comparable ne se représenterait pas avant 600 000 ans.

Ils se décrivent comme proches d’un état de « Suprême Sagesse » et donnent à l’expérience de contact entre leur dimension et la nôtre une importance qu’ils ne développent pas entièrement. Castillo ne reçoit pas de nouvelle occasion de vérifier leur nature ou leur origine.

L’épisode a surtout des conséquences importantes sur le groupe. La peur de l’inconnu, les divergences sur la crédibilité des messages et la question du risque acceptable provoquent une fracture durable. Castillo y voit rétrospectivement une démonstration de la subjectivité avec laquelle les participants jugeaient les communications : certains acceptaient facilement des affirmations spirituelles, mais refusaient une expérience concrète lorsqu’elle paraissait dangereuse.

Cette crise contribue à la disparition du premier groupe et précède la constitution du « Groupe des Douze », dont l’effectif réel varie selon les réunions. Le cas de la Sixième Dimension reste donc à la fois un épisode autonome du récit et un tournant dans l’évolution des groupes de contact de Castillo.

Les communications des différents interlocuteurs de Castillo reviennent constamment sur l’existence d’une Loi universelle, indépendante des croyances humaines. Cette Loi est présentée comme un principe de cause et d’effet : les actes, pensées et décisions produisent leurs conséquences sans qu’une autorité divine ait besoin d’intervenir arbitrairement pour punir ou récompenser. La Vérité est elle aussi indépendante des institutions, religions et maîtres qui prétendent la posséder.

La connaissance ne sera jamais achevée. Même une civilisation très avancée ne peut prétendre posséder toute la sagesse, puisque la réalité elle-même est en transformation permanente. L’attitude juste consiste donc à chercher, comparer, raisonner et demeurer humble devant ce qui reste inconnu. Les messages valorisent l’équilibre, l’harmonie et la connaissance personnelle plutôt que la simple croyance.

Le « Maître Sagesse » ou « Maître Connaissance », qui intervient d’abord dans les communications du groupe puis est rencontré physiquement au Vortex, développe cette même idée. Il se présente comme « Ancien » par la connaissance, non par l’âge, et affirme ne posséder qu’une partie de la sagesse universelle. La grandeur véritable serait inséparable de l’humilité et aucun enseignement ne devrait être transformé en autorité absolue.

Dans les messages des 13 et 14 mai 1974, le Maître associe explicitement la Vérité à la Loi, à l’Équilibre, à l’Harmonie, à la Bonté, à la Sagesse et à l’Amour. Il refuse de donner un nom personnel et suggère qu’on puisse le désigner par ces qualités. Ces communications impressionnent fortement le groupe, au point que certains participants se demandent si Jésus ne pourrait pas en être l’auteur. Castillo reconnaît rétrospectivement que cette réaction contribua à leur sentiment d’être privilégiés.

Dans l’enseignement de Krhamakan, l’amour n’est pas présenté comme un simple sentiment, une attraction ou une relation de possession, mais comme une force fondamentale liée à l’âme et à l’ordre universel. L’être humain porte déjà cette capacité en lui et doit apprendre à la développer dans sa conduite quotidienne.

Selon Krhamakan , l’amour commence par l’aide désintéressée, la solidarité, la joie devant le bien d’autrui et la capacité de pardonner. Il ne pourrait exister de véritable amour sans pardon. Mais l’amour est également inséparable de la liberté : une relation fondée sur la possession, l’obéissance aveugle, la peur ou la soumission ne peut être authentique.

Cette règle vaut aussi pour la vie spirituelle. Un maître qui demande à ses disciples d’abandonner leur jugement personnel contredirait précisément la connaissance qu’il prétend transmettre. La spiritualité authentique devrait augmenter la liberté intérieure et la responsabilité, non créer une nouvelle dépendance. Castillo précise que certaines parties de cet enseignement ont été reconstituées de mémoire et qu’il n’en conserve pas toutes les formulations originales.

Les communications vénusiennes développent une tonalité proche. Orhion parle de lumière, de savoir, d’amour et de recherche intérieure ; dans son message d’adieu du 26 août 1974, il demande à chacun de se retrouver lui-même et de découvrir sa propre raison d’être. Un des contacts psychiques appelé Saamat Kamutt présente de son côté la préparation du monde comme devant reposer sur un concept réunissant l’amour, l’homme et l’Univers. Cette coloration messianique est constante dans les messages vénusiens, même si Castillo reconnaît avoir parfois éprouvé une réaction de rejet devant leur emphase spirituelle.

Plusieurs enseignements affirment la survie de la conscience ou de l’âme après la mort. La mort n’est pas présentée comme une disparition définitive, mais comme une transformation au sein d’un processus plus vaste. Les actes accomplis au cours de la vie conserveraient leurs effets et l’être devrait comprendre les conséquences de ses propres choix.

Cette conception rejoint les développements sur le karma et la Loi exposés précédemment dans « La Logique de la Logique ». La douleur et les difficultés ne sont pas décrites comme des châtiments arbitraires imposés par une divinité, mais comme les conséquences de déséquilibres et des occasions de transformation. L’objectif final est de développer la conscience, la raison, la justice et la responsabilité.

Le personnage rencontré dans le Temple de Lan-Dak emploie des notions similaires : Vie, Amour, Savoir, Vérité, Pouvoir, Vie Éternelle et transformation en « Homme nouveau ». Le récit rapproche ainsi plusieurs sources de messages différentes autour d’une même idée : l’être humain devrait dépasser progressivement ses peurs, son ignorance et ses comportements de domination afin de développer un état de conscience plus élevé.

Cette transformation ne doit cependant pas être confondue avec les développements biologiques et génétiques que Castillo imagine pour l’humanité future. Ceux-ci sont traités séparément dans l’extrait consacré à l’origine, à la transformation et à l’avenir de l’humanité.

Les enseignements rapportés par Castillo se montrent très critiques envers les religions lorsqu’elles prétendent posséder seules la Vérité, utilisent la peur ou imposent une interprétation définitive. Déjà en 1969, Ciryl (le Pléiadien qui se faisait passer pour un terrien en mode infiltré) avait recommandé à Castillo d’étudier plusieurs religions afin de mieux les comprendre et les respecter, tout en présentant les formes religieuses comme liées à des besoins transitoires de l’être humain.

Krhamier décrit Dieu comme sans forme et impossible à représenter, les Pléiadiens ne lui donnant pas de nom propre et parlant simplement de « l’Innommé ». La spiritualité ne repose donc pas, dans leur présentation, sur la vénération d’une figure anthropomorphe, mais sur la compréhension de lois universelles et sur la conduite de l’individu.

Les textes reproduits dans le Tome 2 critiquent également les institutions religieuses et les maîtres spirituels qui recherchent richesse, prestige, pouvoir politique ou soumission. Un guide authentique ne devrait pas exiger l’abandon de la raison ni se présenter comme propriétaire de la connaissance. Les mouvements fondés sur les prophéties catastrophistes, la sélection d’ « élus » ou la promesse d’un sauvetage extraterrestre deviennent, dans le regard de Castillo, des formes nouvelles de religion autoritaire.

Cette critique est importante parce qu’elle s’applique progressivement au contactisme lui-même. Castillo en vient à considérer qu’une communication présentée comme extraterrestre ne doit jamais être acceptée uniquement à cause de son origine revendiquée. Elle doit être examinée selon sa cohérence, ses effets et surtout son respect du libre arbitre. Toute demande d’obéissance aveugle devient pour lui un signe de danger.

Les enseignements ne séparent pas complètement la transformation intérieure de l’organisation sociale. Les guerres, la cruauté, la faim, le matérialisme, la recherche de pouvoir et les injustices collectives sont présentés comme l’expression extérieure de déséquilibres déjà présents chez les individus. Une société pacifique ne pourrait donc être construite uniquement par des institutions ou des technologies nouvelles sans modification de la conscience humaine.

Cette idée apparaît très tôt dans le comportement de Ciryl à Caracas, particulièrement dans son rejet des spectacles violents. Elle est ensuite répétée dans les communications : la paix ne peut être imposée par les Pléiadiens, ni obtenue simplement par un changement de système politique. Les humains doivent apprendre à utiliser les connaissances déjà reçues, à développer la justice et à assumer les conséquences de leurs choix.

Le responsable de la base sous-marine reprend cette logique lorsqu’il demande aux six contactés de ne pas se présenter comme des « sauveurs ». Même si les visiteurs disent posséder des moyens techniques très supérieurs, les transformations fondamentales devraient venir de l’humanité. L’aide extérieure se limiterait à l’avertissement, à l’enseignement et à la mise à disposition d’informations.

Dans cette perspective, la transformation sociale et la transformation morale sont inséparables : les droits proclamés mais non respectés, les guerres et les inégalités sont vus comme la traduction collective de l’avidité, de la peur et du désir de domination. La connaissance authentique devrait donc se reconnaître à ses conséquences concrètes dans la manière de vivre avec les autres.

L’évolution de Castillo conduit finalement à une position beaucoup plus critique que celle du groupe des premières années. Au début, les communications reçues sont souvent acceptées avec enthousiasme et peuvent provoquer un sentiment de privilège. Les crises internes, l’échec de certaines prophéties, les contradictions entre messages et l’apparition de faux contactés l’amènent progressivement à distinguer la valeur possible d’un enseignement de l’autorité revendiquée par celui qui le transmet.

Sa conclusion rejoint paradoxalement plusieurs thèmes des messages eux-mêmes : la Vérité doit être recherchée personnellement, la connaissance ne peut être possédée définitivement et la liberté de jugement ne doit jamais être abandonnée. Raisonner, comparer, conserver son autonomie et refuser le fanatisme deviennent ainsi les critères principaux avec lesquels Castillo relit ses propres expériences.

Avec les années, Castillo refuse de réduire le phénomène OVNI à une seule explication. Dans son exposé « Les OVNIs : Force Psychique Cosmique ? », il commence par affirmer que certains OVNI sont selon lui réels, matériels et technologiquement très avancés, mais propose ensuite plusieurs origines possibles.

Il envisage des appareils provenant de différents lieux de l’Univers ; des manifestations issues de mondes parallèles ou multidimensionnels ; une origine terrestre secrète, qu’il s’agisse d’une technologie cachée d’une puissance humaine ou d’une civilisation inconnue ; des voyageurs du futur observant leur propre passé ; et enfin une composante de contrôle psychique susceptible d’agir sur l’évolution de l’humanité. Ces possibilités sont présentées comme des hypothèses de travail et non comme une théorie unique définitivement établie.

Castillo distingue également plusieurs catégories d’entités : extraterrestres au sens classique, êtres dimensionnels et entités terrestres inconnues de l’histoire officielle. Il évoque différentes morphologies allant de formes entièrement humaines à des humanoïdes, robots ou créatures d’apparence plus animale. Cette diversité lui paraît incompatible avec l’idée d’un seul peuple extraterrestre responsable de tous les phénomènes observés.

Il continue cependant à classer ses propres rencontres de novembre 1973 parmi les contacts qu’il considère comme positifs, amicaux et spirituels. Son élargissement des hypothèses ne signifie donc pas qu’il renie son interprétation pléiadienne, mais qu’il refuse d’en faire un modèle applicable à tous les OVNI.

Les Pléiadiens auraient eux-mêmes averti Castillo qu’ils n’étaient pas les seuls visiteurs présents sur Terre. Ciryl affirme qu’ils appartiennent à une « Grande Fraternité Cosmique Solaire » et qu’ils sont engagés depuis longtemps contre une autre organisation extraterrestre, décrite comme hostile à leurs objectifs.

Cette « Autre Force » aurait déjà affronté les Pléiadiens sur leur propre monde et aurait soumis d’autres sociétés ou planètes. Sur Terre, son implantation serait particulièrement discrète : infiltration de structures humaines, recherche du pouvoir, corruption, manipulation des croyances et exploitation de la peur. Les Pléiadiens disent connaître ses méthodes mais refusent, selon Castillo, de lui révéler son origine exacte ou tous ses membres.

Les communications attribuées aux « Frères Aînés » fournissent à Castillo des clés ou signes secrets destinés à authentifier certains messages et à éviter les imitations provenant d’une « partie adverse ». Cette précaution traduit l’idée d’un conflit ne reposant pas seulement sur des affrontements physiques, mais aussi sur l’information, la psychologie et l’influence spirituelle.

Castillo en vient à envisager que deux courants extraterrestres opposés puissent agir simultanément dans la société : l’un cherchant à manipuler et dominer, l’autre à aider sans abolir le libre arbitre. Il précise néanmoins que cette formulation générale est en partie sa propre synthèse et que les Pléiadiens ne lui ont jamais fourni une cartographie complète des groupes impliqués.

Dans ses textes tardifs, Castillo accorde une place croissante à la possibilité d’une action psychique. Il affirme que l’ « Autre Force » exploiterait particulièrement les milieux spiritualistes, le désir de recevoir des révélations et les personnes attirées par le pouvoir ou par l’idée d’être choisies. Certaines expériences mystiques pourraient, selon cette interprétation, être provoquées artificiellement pendant le sommeil ou au moyen d’ondes psychiques.

Il associe ensuite cette force à des extraterrestres qu’il qualifie de négatifs, notamment les « Gris » ou « Rigéliens », qu’il dit avoir contribué à faire connaître en Amérique latine. Il affirme que ces êtres seraient alliés à d’autres groupes et auraient pénétré différentes strates de la société. Ces affirmations appartiennent explicitement à sa propre interprétation du phénomène et ne sont pas présentées comme des informations dont il disposerait d’une preuve matérielle.

Cette conception l’oppose à certains contactés pour lesquels tous les visiteurs extraterrestres seraient nécessairement bienveillants. Castillo affirme au contraire avoir recueilli des récits d’agressions, d’enlèvements et même de morts attribués à des équipages d’OVNI. Il utilise ces dossiers pour contester les visions trop simples d’une fraternité spatiale entièrement pacifique.

La possibilité d’une manipulation psychique l’amène également à reconsidérer son propre cas. Pedro Ferriz rapporte que Castillo aurait envisagé l’hypothèse que certains souvenirs de rencontres ou de voyages aient pu être implantés dans son esprit plutôt que vécus physiquement. Castillo ne retient pas cette explication comme conclusion finale et continue d’affirmer la réalité physique de ses cinq contacts, mais le simple fait qu’il accepte d’examiner cette possibilité illustre l’évolution de son regard.

Parallèlement à l’hypothèse d’une influence négative, Castillo estime qu’une autre composante du phénomène pourrait agir positivement sur la conscience humaine. Il rapproche certaines idées de celles de chercheurs comme Jacques Vallée ou Salvador Freixedo et se demande si les manifestations OVNI ne jouent pas un rôle dans un système de contrôle ou d’accélération évolutive.

Il remarque que des témoins de rencontres rapprochées changent souvent de croyances, développent de nouvelles préoccupations spirituelles ou rapportent ensuite des phénomènes paranormaux. Ces transformations peuvent selon lui être positives, lorsqu’elles conduisent à davantage de conscience et de responsabilité, mais aussi négatives lorsqu’elles provoquent déséquilibre, fanatisme ou dépendance.

Castillo imagine finalement que plusieurs intelligences puissent agir sur l’humanité avec des objectifs différents. Certaines chercheraient à accélérer son éveil et son évolution, d’autres à l’exploiter ou à la contrôler. Il ne prétend pas connaître l’ensemble de cette confrontation et reconnaît que l’humanité ne posséderait pas encore les éléments nécessaires pour comprendre le phénomène dans sa totalité.

Les deux tomes de Castillo contiennent plusieurs ensembles prophétiques, mais son rapport à la prophétie évolue fortement. Dans les explications de Khrunula, le futur n’est pas présenté comme absolument fixé : les pensées, les décisions et les actions humaines peuvent modifier les conséquences à venir. Une prédiction correspondrait donc à la trajectoire la plus probable à partir des conditions existantes et ne pourrait atteindre qu’une fiabilité de l’ordre de 80 à 90 %, jamais de 100 %.

Cette conception entre parfois en tension avec des textes prophétiques formulés de manière beaucoup plus catégorique. Castillo lui-même finira par souligner cette difficulté. Pour lui, la fonction légitime d’un avertissement devrait être d’inciter les humains à changer leur conduite, non de les enfermer dans la peur ou de leur faire croire qu’un destin est irrévocable.

Le 18 juillet 1974, une communication provenant d’Orhion présente une longue parabole mettant en scène un Tigre, un Aigle et finalement un Condor. Le Tigre prépare son attaque, l’Aigle lui résiste et finit par le vaincre avec l’aide de ses armées ; après cette victoire, le Condor apparaît comme le seul oiseau capable de disputer à l’Aigle la suprématie sur ses propres territoires.

L’interprétation géopolitique n’est pas donnée explicitement dans la parabole elle-même. Elle est élaborée par les membres du groupe, notamment Eberto Cediel : le Tigre serait la Chine, l’Aigle les États-Unis et le Condor l’Amérique du Sud. Le groupe envisage alors une guerre impliquant ces puissances. Castillo précise qu’il s’agit de leur interprétation et laisse aux lecteurs le soin de poursuivre le déchiffrement.

Le 23 juillet 1974, au cours de la dictée nocturne de « la Voix », Castillo reçoit un ensemble intitulé « Prophétie au Pays du Nord du Sud ». Le texte mêle événements politiques, luttes de pouvoir, conspirations, guerres, transformations religieuses et apparition de personnages présentés comme porteurs d’une connaissance ou d’une « Voix Intérieure ». Il annonce notamment la fin de la « religion de la peur », la remise en cause de fausses doctrines et l’émergence d’interprètes chargés de transmettre une connaissance nouvelle.

Pendant longtemps, Castillo dit ne pas comprendre quel pays est désigné. Il pense d’abord aux États-Unis, tandis que d’autres évoquent le Canada. Des années plus tard, il relie la prophétie au Venezuela et à Carlos Andrés Pérez. Cette identification est une interprétation rétrospective de Castillo, élaborée après les événements, et doit être distinguée du texte prophétique original.

L’ensemble prophétique le plus développé est « Les Neuf Temps qui Changeront le Monde ». Castillo le diffuse en 1983 à environ cent vingt personnes dans différents pays, en expliquant qu’il couvre soixante-trois années, d’octobre 1946 à octobre 2008. Les neuf périodes sont réparties en cycles de sept ans : 1946-1952, 1953-1959, 1960-1966, 1967-1973, 1974-1980, 1981-1987, 1988-1994, 1995-2001 et 2002-2008.

Les premiers temps décrivent l’après-guerre, la guerre froide, la poursuite des conflits, l’accélération technologique, la pollution, la dégradation de la nature, les tensions sociales et un déclin moral et spirituel. À partir des périodes suivantes, le tableau devient de plus en plus catastrophique : terrorisme, corruption, enlèvements, crises économiques, famines, nouvelles maladies, sécheresses, inondations, tremblements de terre, bouleversements climatiques et guerres.

Les sixième, septième et huitième temps accentuent encore cette progression. Le texte annonce l’effondrement économique, des conflits généralisés, des expériences génétiques dangereuses, l’apparition d’un « Grand Manipulateur », des changements géologiques majeurs, des villes submergées, des éruptions, une guerre extrêmement meurtrière et une transformation de la configuration terrestre. Il évoque parallèlement un faux dirigeant ou faux prophète capable d’obtenir une vaste adhésion sous l’apparence de la paix.

Le neuvième temps, de 2002 à 2008, est au contraire présenté comme l’entrée dans une période de reconstruction : disparition des anciens gouvernements, fin du temps des armes, retour à une vie spirituelle et fraternelle et apparition de véritables guides. À partir de 2009 commencerait une période de grande paix et d’harmonie destinée à préparer une « Seconde venue ». Castillo projette ensuite l’humanité vers un monde beaucoup plus lointain, qu’il imagine pleinement pacifié et transformé autour de l’année 2200.

D’autres communications des Pléiadiens annoncent une troisième guerre mondiale et de graves bouleversements terrestres. Les visiteurs affirment parfois connaître des dates ou des séquences précises, tout en soutenant qu’ils ne peuvent empêcher directement les événements sans violer le libre arbitre humain. À la fin du premier contact physique, ils déclarent que l’état mental et les actions de l’humanité pourraient encore atténuer les conséquences de ce qui est annoncé.

Cette logique est centrale dans le récit : l’avertissement extraterrestre n’est pas censé remplacer la décision humaine. Les catastrophes annoncées sont présentées comme les conséquences de la violence, de la destruction écologique, de la recherche du pouvoir et du refus des enseignements antérieurs. La responsabilité finale reste donc attribuée à l’humanité.

À la suite des « Neuf Temps », Castillo parle d’une organisation secrète appelée « Celle du Grand Mutisme », qu’il accuse de chercher à contrôler le monde par la manipulation psychique, l’infiltration politique, économique, militaire et religieuse. Cette organisation piloterait des individus programmés ou « clones », des scientifiques et spécialistes ainsi qu’un projet de domination des survivants après les crises.

Castillo associe cette organisation à la force négative qu’il évoque ailleurs dans son œuvre. Ces affirmations appartiennent à son interprétation et ne doivent pas être confondues avec des faits établis. Dans le cadre prophétique, cette organisation représente cependant l’un des agents supposés des crises politiques, psychiques et sociales annoncées.

Castillo cherche rétrospectivement des correspondances entre les textes et l’histoire. Il cite notamment le SIDA, le choléra, la guerre du Golfe, la corruption politique, la criminalité, les crises sociales et différents bouleversements comme des événements qu’il estime compatibles avec les annonces antérieures. Il considère également que certaines parties de la « Prophétie au Pays du Nord du Sud » se seraient réalisées au Venezuela.

Mais il reconnaît en même temps les difficultés de l’exercice prophétique. Il rappelle les erreurs de prophètes célèbres et demande explicitement dans ses livres si les prophéties attribuées aux extraterrestres peuvent elles aussi échouer. Dans son bilan tardif, il admet que certaines prédictions reçues ou relayées ne se sont pas réalisées, tandis que d’autres se seraient produites avant ou après la période annoncée.

L’expérience des groupes et du milieu contactiste conduit Castillo à condamner de plus en plus fermement l’usage de la prophétie comme instrument de peur. Il dit avoir vu des mouvements annoncer des évacuations extraterrestres, sélectionner des « élus », exiger l’abandon de biens matériels ou imposer l’autorité d’un maître au nom d’une catastrophe prochaine.

Il reconnaît également avoir lui-même été entraîné à certaines périodes dans des annonces catastrophistes et être revenu ensuite sur des prédictions erronées. Sa position finale est donc beaucoup plus prudente que certains textes reproduits dans ses livres : même lorsqu’un avertissement pourrait être authentique, il ne devrait jamais supprimer le discernement ni le libre arbitre. La valeur d’une prophétie résiderait dans sa capacité à faire modifier les comportements présents, non dans la terreur qu’elle peut produire.

Le 11 juillet 1974, au cours d’une réunion du groupe, Castillo affirme vivre une expérience que les Frères Aînés nomment un « déplacement ». Neuf personnes sont présentes lorsqu’il reçoit l’ordre de décrire à voix haute tout ce qu’il va voir et entendre. Selon l’explication donnée, son esprit doit quitter son corps par une « connexion » tout en demeurant conscient.

Castillo refuse rétrospectivement d’assimiler automatiquement l’expérience à un voyage astral ou à un dédoublement. Il affirme connaître ces notions par ailleurs et considère que le phénomène vécu est différent, entièrement dirigé par les interlocuteurs extraterrestres. Il ne sait pas non plus déterminer s’il s’agit réellement d’un voyage temporel, d’une vision induite ou d’une autre forme d’expérience.

La première visite conduit Castillo dans un passé extrêmement ancien. Il voit des êtres presque humains lutter pour survivre face à des créatures gigantesques, aux catastrophes et aux forces naturelles. Progressivement, ces êtres apprennent à s’unir, développent leur intelligence et construisent des formes organisées de transmission du savoir.

La vision se déplace ensuite vers une époque de temples, de symboles et d’hiéroglyphes. Castillo se retrouve dans un vaste édifice appelé plus tard Temple de Lan-Dak. Il y décrit notamment une grande nef orientale aux vitraux multicolores et des salles où des initiés étudient livres et parchemins.

Un guide au crâne rasé, vêtu de rouge et portant un grand pectoral métallique, le conduit sous un mausolée de granit, au-delà d’un grand œil multicolore incrusté dans le sol et d’un couloir blanc intensément éclairé. Castillo atteint un autel dépourvu d’image, au-dessus duquel est suspendu un disque doré, puis une pièce où un jeune homme vêtu de blanc, barbu et aux cheveux longs, est assis devant des livres et des papiers. Le guide le désigne par plusieurs titres : « Désigné des siècles », « Grand Œil », « Juge » et « Étonnement des Temps ». Castillo n’est pas autorisé à s’en approcher.

Avant son retour, Castillo est autorisé à observer le « Grand Livre des Temps », grand volume blanc et doré couvert de symboles. Une voix lui affirme qu’il contient l’histoire de l’homme et de la planète, les réincarnations et des mystères liés à la création. Il traverse encore plusieurs pièces où des initiés seraient continuellement préparés avant de revenir à son point de départ.

Pendant l’expérience, sa respiration devient très lente. Castillo rapporte que Vladimir, l’un des participants, aurait même constaté pendant un moment l’absence de pulsations perceptibles. Le brusque allumage des lumières au terme du « déplacement » lui provoque un fort éblouissement et les autres membres l’aident à reprendre progressivement ses esprits.

Une seconde expérience commence après une nouvelle concentration collective sur un point lumineux mental. Castillo dit retrouver le temple et distingue cette fois son nom, « Lan-Dak », inscrit sur une pierre près d’une petite fontaine. À l’intérieur, une voix lui demande de retenir le nom « RAM-RI-DAM », présenté comme celui d’un Grand Maître lié à l’origine du temple, et lui ordonne de rechercher sa vie et ses actes.

Dans la dernière partie, le personnage spirituel rencontré dans le temple parle de Vie, d’Amour, de Savoir, de Vérité et de Pouvoir. Il évoque la Vie Éternelle, le « bon berger » et la transformation en « Homme nouveau », puis demande à Castillo de transmettre sa bénédiction au groupe. L’expérience s’achève sur une parole de paix.

Les communications reçues autour de Castillo donnent rapidement naissance à une expérience collective. Un premier groupe se constitue autour des séances, puis, après plusieurs départs et crises, un noyau plus restreint est couramment appelé « Groupe des Douze ». Castillo précise cependant que la composition indiquée compte en réalité treize personnes et que l’effectif des réunions peut varier.

Les participants ne restent pas de simples témoins. Ils prennent part aux séances, reçoivent des messages, attendent des manifestations annoncées et interprètent collectivement ce qui leur est communiqué. L’expérience personnelle de Castillo se transforme ainsi en système de groupe, avec ses attentes, ses règles, ses tensions et ses propres mécanismes de validation.

Certaines communications imposent des pratiques concrètes : ceintures de cuivre, ceinture d’argile portée pendant deux heures et autres préparations présentées comme nécessaires à certaines expériences. Les participants acceptent parfois ces prescriptions comme des étapes de préparation au contact. Leur accumulation contribue cependant à déplacer progressivement l’activité du groupe de l’observation du phénomène vers un ensemble de pratiques et de croyances collectives.

Les communications prennent parallèlement une tonalité de plus en plus spirituelle, humaniste, messianique ou prophétique. Elles parlent de Loi, de Vérité, d’évolution humaine, de transformations futures et de sélection morale. Castillo rapporte l’intensité avec laquelle ces thèmes furent reçus, tout en les réévaluant plus tard avec davantage de distance.

L’épisode des êtres se présentant comme AXA, AX et OXO constitue l’une des crises majeures du premier groupe. L’expérience proposée pour rendre ces êtres visibles exige dix-sept participants et comporte, selon les communications elles-mêmes, un danger en cas d’erreur. La majorité refuse finalement de participer. Seuls quatre volontaires, dont Castillo, restent disposés à poursuivre.

Pour Castillo, cette rupture révèle un contraste important : plusieurs participants acceptaient volontiers des enseignements extraordinaires lorsqu’ils restaient abstraits, mais devenaient beaucoup plus prudents lorsqu’une expérience concrète semblait comporter un risque. La crise contribue à la dissolution du premier groupe et à la recomposition ultérieure autour du « Groupe des Douze ».

Tous les participants ne se contentent pas de croire les communications. À Fúquene, cinq membres mettent secrètement au point un test destiné à perturber une communication télépathique en concentrant leurs pensées sur des objets différents. Castillo lui-même affirme avoir progressivement cherché à comparer les messages, à relever leurs contradictions et à vérifier les phénomènes chaque fois que cela lui paraissait possible.

Cette volonté de contrôle demeure cependant mêlée à une forte implication émotionnelle et spirituelle. Le dossier montre donc moins une opposition simple entre croyants et sceptiques qu’un groupe oscillant constamment entre adhésion, expérimentation, doute et interprétation.

Après le contact physique avec les Vénusiens, Castillo affirme avoir enregistré le sifflement et certains bruits liés à l’atterrissage ainsi que ses commentaires immédiatement après la rencontre. Pris ensuite d’une forte fièvre, il ne peut assister à la réunion où la cassette doit être écoutée. Un membre lui demande auparavant d’effacer un passage concernant l’avertissement vénusien sur les problèmes internes du groupe ; Castillo accepte.

La cassette disparaît ensuite sans explication claire. Castillo affirme apprendre plus tard qu’un individu aurait tenté de la vendre à une revue pour une somme importante. L’épisode illustre les tensions qui entourent désormais les informations, les preuves potentielles, la notoriété croissante du contact et les intérêts personnels qui commencent à apparaître autour du groupe.

À mesure que l’histoire de Castillo devient publique, l’I.C.I.F.E. reçoit des visiteurs qui demandent à être mis en contact avec les extraterrestres, à être recommandés auprès d’eux ou à participer à un voyage spatial. Castillo décrit aussi des personnes se présentant comme des figures bibliques réincarnées, des élus ou des détenteurs de pouvoirs cachés. Certains groupes promettent des évacuations vers des planètes de paix, sélectionnent des personnes supposées choisies ou demandent l’abandon des biens matériels.

Ces expériences contribuent fortement au durcissement de sa position. Il refuse le rôle de maître spirituel et dénonce les mouvements dans lesquels l’attente extraterrestre devient une religion, avec rites, prophéties catastrophistes, hiérarchies, élus et soumission à un communicateur invisible. Il rapporte avoir vu des personnes psychologiquement fragilisées ou matériellement exploitées par ce type de milieu.

Le récit mentionne des clés ou signes secrets qui auraient été remis par les « Frères Aînés » afin d’authentifier certaines communications et de les distinguer de messages provenant d’une supposée « partie adverse ». Cette idée ajoute au système de contact une dimension de conflit informationnel : un message apparemment extraterrestre ne serait plus automatiquement considéré comme fiable.

Dans le Tome 2, le recul critique devient plus net encore. Castillo relit certaines communications et y perçoit une tonalité fataliste, des menaces comparables à celles qu’il reproche aux religions et même la possibilité d’une manipulation ou d’un code caché. Il ne renie pas pour autant l’ensemble de ses contacts, mais reconnaît que le contenu reçu doit être soumis au discernement plutôt qu’accepté en bloc.

L’expérience des groupes conduit finalement Castillo à une règle constante : aucune communication, même présentée comme extraterrestre ou spirituellement supérieure, ne devrait supprimer le libre arbitre. Une information devient suspecte lorsqu’elle exige obéissance, soumission, renoncement au jugement ou dépendance envers un maître.

Cette conclusion rejoint ses critiques plus générales des religions autoritaires et des faux guides. Le phénomène de contact n’a, dans son bilan, de valeur que s’il conduit l’individu à davantage de discernement, de responsabilité et de liberté plutôt qu’à une nouvelle forme de dépendance.

Castillo explique qu’il ne voulut pas rester uniquement le protagoniste de son propre récit. Dès que son expérience prit de l’ampleur, il chercha à la comparer à celles d’autres contactés, lut de nombreux ouvrages sur les religions, les mythologies et l’ufologie, et participa au développement de l’I.C.I.F.E. Il devint ainsi progressivement enquêteur de son propre cas et d’autres phénomènes.

J. Allen Hynek lui aurait fait remarquer le caractère inhabituel d’un contacté devenant lui-même enquêteur. Castillo présente cette évolution comme essentielle : elle lui aurait permis de confronter les récits, de reconnaître ce qu’il jugeait être des fraudes et de comprendre que le phénomène OVNI ne pouvait être réduit aux seuls récits de contact bienveillant.

L’I.C.I.F.E. devient à Bogotá un centre de conférences, de documentation et d’enquêtes. Castillo décrit un réseau d’adhérents en Colombie et dans plusieurs pays voisins, une bibliothèque alimentée par des livres, revues et coupures de presse, ainsi qu’une activité régulière de cours, conférences et recherches. L’institut reçoit chercheurs, curieux, témoins et personnes affirmant être contactées.

Ses passages à la télévision, dans la presse et dans les revues accroissent fortement sa notoriété. L’épisode de la panne générale de Bogotá après une émission avec Clemente Garavito illustre cette période où divulgation publique, observations et interprétations se mêlent étroitement, Castillo conservant au moins dans ce cas la formulation interrogative plutôt qu’une affirmation de causalité.

À partir des années 1970, Castillo participe à de nombreux congrès et rencontres en Amérique latine, en Europe et aux États-Unis. Ses deux tomes et leurs documents photographiques le montrent en relation avec des chercheurs, auteurs et personnalités comme Jacques Vallée, J. Allen Hynek, Fabio Zerpa, Salvador Freixedo, Wendelle Stevens, Juan José Benítez, Jacobo Grinberg, James Hurtak, Andreas Faber Kaiser et d’autres acteurs du milieu ufologique.

Son parcours dépasse ainsi rapidement le cadre du groupe colombien initial. Les congrès deviennent pour lui des lieux de confrontation entre hypothèses physiques, extraterrestres, psychiques, multidimensionnelles ou sociologiques, mais aussi des lieux où il observe directement les divergences entre chercheurs et les limites de nombreuses affirmations.

Le premier Congrès international sur le phénomène OVNI d’Acapulco, en 1977, occupe une place particulière. Plus de trente intervenants et plusieurs centaines de participants y débattent pendant plusieurs jours. Castillo rapporte notamment les interventions de Hynek, Vallée, Eric Gairy, John Keel, Salvador Freixedo, Fabio Zerpa et Erich von Däniken.

Les discussions portent sur la réalité physique des OVNI, les traces au sol, les observations radar et aéronautiques, les rencontres rapprochées, les effets psychiques et les mutilations de bétail. Hynek insiste sur la nécessité d’une méthode scientifique stricte ; Vallée défend la réalité physique de certains phénomènes tout en laissant ouverte leur origine ; Keel et Freixedo mettent davantage l’accent sur les effets psychiques et les conséquences pour les témoins.

À l’issue du congrès, un document signé par les participants est remis, par l’intermédiaire de Sir Eric Gairy, afin de demander aux Nations unies la création d’un comité spécialisé chargé d’étudier le phénomène OVNI à l’échelle mondiale. Castillo considère ce congrès comme l’un des événements majeurs de son parcours ufologique.

Au congrès de Guayaquil, Castillo rencontre Juan Moricz et s’intéresse au dossier des Grottes des Tayos : récits d’une bibliothèque de plaques métalliques, collections du père Crespi, parois paraissant mécaniquement travaillées et mobilier supposé adapté à des êtres de très grande taille. Ces éléments l’impressionnent d’abord fortement.

Avec le temps, son opinion devient cependant plus prudente sur certaines affirmations associées aux Tayos. Ce changement est important dans son évolution générale : Castillo ne maintient pas automatiquement toutes ses premières convictions lorsqu’il estime que les éléments disponibles ne les soutiennent plus suffisamment.

Commentaire personnel :

Ces informations d’enquête que Castillo a pu recueillir sur l’existence passée d’êtres de grande taille ayant laissé des traces modernes est à relier complètement avec des informations du très riche et excellent ouvrage qui expose l’existence de tels peuples par des témoignages et récits de découvertes de squelettes, d’objets et de récits d’explorateurs des siècles passés appelé « La conspiration des Pôles », de Faydit.

Le Tome 2 montre également Castillo enquêtant sur des apparitions mariales, des photographies extraordinaires, des phénomènes d’ « escarcha », des huiles et des guérisons. Dans un cas de Cali, une photographie Polaroid présentée comme une « porte du ciel » est finalement expliquée comme un artefact photographique.

Ces enquêtes élargissent son champ d’intérêt au-delà de l’ufologie stricte et renforcent sa critique de l’exploitation de la crédulité. Il devient particulièrement méfiant lorsque phénomènes extraordinaires, religion, promesses de salut et autorité personnelle sont réunis dans un même mouvement.

Vers la fin de février, Castillo rapporte la visite à son bureau de deux Nord-Américains accompagnés d’un interprète latino. Ils lui auraient présenté des cartes qu’il associa à une entité gouvernementale des États-Unis, sans identifier précisément l’organisme, et souhaitaient vérifier les récits publiés sur son contact. Après qu’il leur eut révélé l’existence de sa seconde rencontre du 18 novembre 1973, encore inconnue du public, ils lui proposèrent de se rendre volontairement à Washington, tous frais payés, afin de soumettre son témoignage à une série d’épreuves et de le comparer à d’autres cas américains présentant, selon eux, certains schémas communs. Castillo accepta en gardant le voyage secret, y compris vis-à-vis de sa famille.

Castillo affirme avoir voyagé avec eux jusqu’aux États-Unis dans des conditions inhabituelles, notamment en franchissant certains contrôles sans présenter de visa, puis avoir été conduit dans une propriété isolée de la région de Washington servant apparemment de clinique. Il y décrit une équipe comprenant notamment les docteurs Ramírez et Smith, un psychologue, une infirmière et un homme présenté comme membre de l’Armée de l’Air. Après une longue anamnèse, il fut soumis à un polygraphe portant en détail sur ses contacts, les êtres rencontrés, leur origine, leur technologie, leur mode de vie et les informations qu’il disait avoir reçues.

Une hypnose régressive fut ensuite tentée. Les méthodes classiques auraient d’abord échoué, avant qu’un autre médecin ne parvienne à l’induire dans un état hypnotique pendant environ cinquante minutes. Castillo rapporte que les membres de l’équipe se montrèrent satisfaits mais refusèrent de lui communiquer une conclusion immédiate, les enregistrements devant être analysés dans leur ensemble. Le troisième jour, il fut soumis à une injection de pentothal, présenté dans le récit comme un « sérum de vérité », puis à une dernière séance d’hypnose. Il quitta les lieux le quatrième jour après avoir reçu mille dollars présentés comme compensation pour ses journées de travail perdues. On lui annonça que les résultats lui seraient transmis ultérieurement par l’intermédiaire de l’ambassade américaine à Bogotá. Le récit ne fournit toutefois pas, dans cet épisode, de rapport officiel indépendant permettant de connaître ou de vérifier les conclusions de ces examens.

Lors d’un voyage à Wiesbaden, Castillo rapporte l’intervention de trois hommes menaçants qu’il rapproche de la tradition des « Hommes en Noir ». Il raconte aussi qu’une organisation lui proposa de participer à une entreprise spirituelle présentée comme liée à la préparation du retour du Christ.

Quelles que soient les interprétations données à ces épisodes, ils jouent un rôle dans son récit en renforçant sa méfiance envers les structures cherchant à récupérer son expérience, à lui imposer une doctrine ou à l’intégrer à un mouvement religieux.

Dans ses écrits tardifs, Castillo devient extrêmement sévère envers une partie du contactisme. Il dénonce les récits invérifiables de voyages vers des mondes extraordinaires, les photographies qu’il estime truquées, les missions de salut, les maîtres autoproclamés, les groupes d’élus et les mouvements transformant Jésus, la Vierge ou d’autres figures religieuses en responsables de flottes spatiales.

Il affirme avoir étudié ou rencontré plusieurs contactés connus et déclare finalement n’en avoir reconnu aucun comme authentique parmi ceux qu’il avait personnellement examinés. Ce jugement reste le sien et ne constitue pas une conclusion objective sur l’ensemble de ces dossiers, mais il marque la distance considérable prise par Castillo vis-à-vis du milieu dont il est lui-même issu.

Le regard critique finit par atteindre son propre cas. Pedro Ferriz rapporte que Castillo aurait envisagé l’hypothèse selon laquelle certains souvenirs de rencontres ou de séjours à bord auraient pu être implantés dans son esprit sans avoir été vécus physiquement. Castillo ne retient pas cette hypothèse comme conclusion et continue de présenter ses cinq contacts principaux comme physiques, mais le fait qu’il accepte de l’examiner constitue un élément important de son évolution.

Il reconnaît également que certaines prédictions ne se sont pas réalisées, que certains enseignements ont été reconstruits de mémoire et que le texte de « La Logique de la Logique » a subi des ajouts étrangers avant qu’il tente de le restaurer. Son bilan final ne consiste donc pas à abandonner son témoignage, mais à distinguer plus explicitement expérience, interprétation, croyance, mémoire et preuve.

Parmi les dossiers auxquels Enrique Castillo accorde le plus d’importance figure le « Spécimen de Bogotá ». À la suite d’une observation de plusieurs disques, une substance brillante tombant du ciel lors d’une expulsion provenant d’un engin volant extraterrestre en difficulté, puis un fragment métallique auraient été récupérés. Pour Castillo, l’intérêt du cas tient précisément à l’existence supposée d’un élément matériel pouvant être soumis à l’analyse, indépendamment du seul témoignage humain.

Le récit s’attarde sur la chaîne de possession de l’échantillon, passé entre plusieurs mains avant les examens. Cette question limite nécessairement la portée des conclusions : il faut pouvoir établir que le matériau étudié est bien celui associé au phénomène initial et qu’il n’a pas été contaminé ou remplacé. Des analyses métallurgiques sont réalisées afin d’en déterminer la composition et de rechercher une anomalie qui ne s’expliquerait pas par une origine industrielle ou naturelle terrestre.

Jacques Vallée intervient dans l’étude du dossier et conserve une position prudente. Plusieurs hypothèses concurrentes doivent être examinées avant d’envisager une origine extraterrestre : matériau industriel, contamination, transformation naturelle ou autre processus terrestre. Les résultats entretiennent l’intérêt du cas mais ne constituent pas, dans le récit lui-même, une démonstration définitive d’une provenance non terrestre.

Le rapport de Jacques Vallée reproduit par Castillo donne davantage de détails sur l’origine et l’analyse du « Spécimen de Bogotá ». Deux étudiants marchant dans la cour d’une université de Bogotá, vers quatre heures du matin et sous une forte pluie, auraient entendu un bruit métallique puis observé un disque d’environ quatre mètres de diamètre, estimé à 1 000 ou 2 000 mètres d’altitude, qui semblait éprouver des difficultés. Quatre autres disques identiques volaient près de lui comme pour lui porter assistance. Selon les témoins, le disque central expulsa alors une sorte de liquide brillant qui tomba dans les flaques en produisant de la vapeur. Après le départ des cinq objets, ils attendirent environ dix minutes avant de récupérer deux morceaux de métal d’environ quatre pouces sur un pouce.

Une première analyse, effectuée à la demande de Castillo par un ingénieur mécanicien d’une compagnie pétrolière, conclut à un alliage d’aluminium, de magnésium et d’étain. Le matériau était décrit comme non magnétique, tendre, facile à couper et à granulation très fine. Lorsque Ricardo Vilchez remit ensuite un fragment à Jacques Vallée, celui-ci mit en place une chaîne de conservation : l’échantillon fut scellé dans une enveloppe portant leurs signatures, transporté aux États-Unis, conservé en lieu sûr et accompagné d’une déclaration sous serment. L’enveloppe ne fut ouverte qu’au moment où une entreprise de haute technologie accepta de mettre ses instruments à disposition pour l’étude.

Le fragment examiné mesurait environ 51 mm de long, de 39 à 3 mm de large et 7 mm d’épaisseur. Il était très léger, de faible densité, peu corrodé, très ductile et excellent conducteur électrique. Sa surface présentait des signes de fusion et l’aspect de sa solidification suggérait une activité violente ou une forte surchauffe. L’analyse au microscope électronique à balayage donna une composition de 93,72 % d’aluminium, 4,75 % de phosphore, 0,91 % de fer et 0,62 % de traces d’autres éléments. Contrairement à l’analyse préliminaire, elle ne révéla ni étain ni magnésium dans cette mesure. Les métallurgistes estimèrent que l’échantillon avait été complètement fondu et que son aspect pouvait correspondre à la surchauffe ou à l’explosion d’une machine.

Une analyse Auger révéla cependant, plus profondément dans le matériau, de l’aluminium, du magnésium, du potassium, du soufre, du sodium et du silicium, ainsi que de petites quantités de phosphore et de fer. Vallée résuma le spécimen comme un aluminium de haut degré de pureté associé au phosphore et au fer, comportant des traces d’autres éléments et une couche d’oxycarbure. Il jugea notamment intrigantes l’absence de fluor, l’absence de matériaux lourds et apparemment celle d’eau, tandis que la signification de la couche d’oxycarbure demeurait inconnue.

Le rapport insistait toutefois sur les examens restant à effectuer : tests de radioactivité, consultation d’un spécialiste de la production d’aluminium, analyse par activation neutronique, éventuelle datation au carbone 14 des matières organiques, examen de la contamination superficielle et surtout recherche des témoins afin de documenter plus précisément l’observation. Vallée ne concluait donc pas à une origine extraterrestre. Il maintenait trois hypothèses : matériau provenant d’un OVNI comme l’affirmaient les témoins, débris d’un satellite rentré dans l’atmosphère, ou tromperie. La perte des dossiers contenant les entretiens originaux empêchait même de connaître avec certitude l’année de l’observation. Certaines caractéristiques du fragment l’encourageaient à poursuivre les essais, mais il précisait qu’elles ne constituaient pas une preuve définitive de l’authenticité du cas.

Près de la lagune de Fúquene, les membres du groupe demandent aux interlocuteurs de se manifester visiblement afin de disposer d’une confirmation collective. Un rendez-vous leur est donné pour un jeudi à 19 heures, près d’une borne K78. À l’heure indiquée, malgré un ciel chargé et une forte activité électrique, les participants disent voir une lueur sortir des nuages, se déplacer vers eux puis laisser distinguer ce qui leur paraît être la coupole d’un appareil.

L’épisode comporte un élément de contrôle particulièrement important. Víctor Rodrigues révèle ensuite que cinq participants s’étaient secrètement entendus pour penser intensément à des objets différents pendant une communication télépathique, dans le but de perturber Castillo et de vérifier si le message dépendait de ses propres attentes. Cette tentative montre qu’au sein même du groupe, l’adhésion aux communications coexistait avec une volonté de les mettre à l’épreuve.

Le 19 juillet 1976, alors que Castillo se prépare à donner une causerie au siège de l’I.C.I.F.E., une quinzaine de personnes environ observent plusieurs objets argentés à grande altitude. Castillo en compte approximativement onze, tandis que d’autres témoins en voient neuf ou quatorze. Il rapporte des changements de direction, des arrêts, des virages et des phases de stationnement pendant plusieurs minutes.

Il refuse toutefois l’interprétation selon laquelle les objets seraient apparus spécialement pour le saluer. Le maintien des divergences entre témoins sur leur nombre est significatif de la manière dont il présente ici le dossier : l’observation collective est conservée sans imposer artificiellement une version unique.

Une autre manifestation collective est rapprochée par Castillo d’une émission télévisée à laquelle il participe avec l’astronome Clemente Garavito. Interrogé sur la manière dont les extraterrestres pourraient se faire connaître, Castillo cite les pannes d’électricité. Environ trente minutes après la fin de l’émission, une panne générale touche Bogotá et plusieurs personnes signalent des OVNI. Castillo et Gloria disent eux-mêmes observer depuis leur terrasse un objet se déplaçant lentement du sud vers le nord.

Le lendemain, la presse rapporte des observations d’OVNI au-dessus de la ville. Castillo ne transforme cependant pas la succession des deux événements en preuve : il pose lui-même la question de savoir s’il s’agissait d’une coïncidence ou d’une réponse à l’émission.

Au congrès international d’Acapulco de 1977, Castillo présente trois dossiers qui ne doivent pas être confondus avec ses cinq contacts personnels. Le premier concerne un avion d’Iberia ayant décollé de Maiquetía le 16 février 1977. Un objet lumineux aurait accompagné l’appareil pendant une grande partie du vol vers Bogotá. Après l’échec de tentatives de communication en plusieurs langues, l’équipage utilise les feux de l’avion ; l’objet aurait reproduit les signaux, maintenant pendant près de deux heures une sorte de dialogue lumineux. À l’approche de Bogotá, il se serait rapproché de la cabine, permettant à l’équipage d’estimer son diamètre à environ soixante mètres, avant de repartir rapidement.

Le deuxième dossier est celui de l’ « OVNI bondissant » observé près de Jamundí en juin 1976 par vingt-cinq personnes appartenant à trois familles. Une lumière rouge descend très bas, émet des sons décrits comme des lamentations et poursuit le groupe par bonds de cinq à six mètres. Les témoins décrivent une structure reposant sur une seule patte, surmontée d’une partie triangulaire contenant une lumière rouge à filaments. Le lendemain, la pluie aurait effacé des traces au sol ressemblant à de petits sabots ainsi que des taches comparées à de l’huile.

Le troisième est le cas d’Anolaima du 20 juillet 1969. Après l’approche et l’atterrissage d’un objet jaune-orangé, Don Arcesio Bermúdez s’avance jusqu’à quelques mètres et affirme voir un être lumineux. Lors du départ de l’appareil, un éclair bleuâtre l’atteint. Son état se dégrade rapidement : frissons, vomissements, hypothermie et troubles digestifs graves ; il meurt deux jours plus tard. Le récit rapporte qu’une autopsie aurait rapproché les symptômes d’une dose mortelle de rayons gamma. Castillo précise que ces cas proviennent en partie d’enquêtes menées ou publiées par d’autres chercheurs et ne constituent donc pas tous des observations personnelles.

Les deux tomes mentionnent encore d’autres affaires secondaires, notamment des rumeurs et observations autour de Jamundí ainsi qu’un épisode de 1975 où Castillo affirme avoir rencontré, lors d’un congrès consacré à la sorcellerie, un individu se présentant comme journaliste qu’il interpréta ensuite comme extraterrestre infiltré ; une panne de courant concomitante fut intégrée au récit. Ces éléments restent nettement séparés des cinq contacts physiques principaux.

L’ensemble de ces cas accompagne le passage progressif de Castillo du rôle de témoin à celui d’enquêteur. Il affirme rechercher des éléments vérifiables, confronter les témoignages et distinguer autant que possible l’observation, l’interprétation et la croyance. Cette démarche ne prouve pas l’authenticité de ses propres expériences, mais devient une composante importante de son parcours.

Liens vers des documents plus complets sur ce contact

• Livre complet "OVNI Gran Alborada Humana - Tomo 1" publié par Enrique Castillo Rincon, en espagnol - format PDF: Cliquer ici
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• Livre complet "OVNI Gran Alborada Humana - Tomo 2" publié par Enrique Castillo Rincon, en espagnol - format PDF: Cliquer ici
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